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Vaccin Astra Zeneca et pilule contraceptive : deux poids deux mesures ?

Article paru dans le journal nº 90 Acheter ce numéro
  • Entre 2000 et 2011, 30 348 Françaises ont été victimes d’un accident thromboembolique sous pilule contraceptive.Entre 2000 et 2011, 30 348 Françaises ont été victimes d’un accident thromboembolique sous pilule contraceptive.

Suite à la suspension du vaccin AstraZeneca contre la Covid-19 par plusieurs pays européens après plusieurs cas de thromboses, nous nous étonnons de l’indifférence et de la minimisation à laquelle font face les milliers de femmes qui sont, chaque année, victimes du même type d’accident à cause de leur contraception hormonale.

Un risque 83 % plus élevé sous pilule

Concernant le vaccin AstraZeneca, trente cas de thromboses ont été observés pour 5 millions de doses administrées. Côté pilule, le risque de thromboembolie veineuse est de 50 à 70 par an pour 100 000 femmes sous pilule 2e génération, et 90 à 120 pour 100 000 femmes sous pilule de 3e et 4e générations. Soit un risque de 0,05 % pour la pilule et 0,0006 % avec le vaccin AstraZeneca.

Des spécialistes ont avancé que les thromboses liées à la pilule étaient « moins spécifiques et moins graves » que celles liées au vaccin, à l’origine de thrombophlébites cérébrales. Pourtant, parmi les témoignages d’accidents sous pilule qui parviennent à l’association des victimes d’embolie pulmonaire, 17 % concernant des thrombophlébites cérébrales, et autres AVC, surviennent à une moyenne d’âge de 28 ans. Entre 2000 et 2011, 30 348 Françaises ont été victimes d’un accident thromboembolique sous pilule contraceptive, soit 2 529 chaque année. Pour autant, leurs cas ne font pas la Une des médias. De même, des femmes font des accidents thromboemboliques sous des pilules contenant des molécules, comme le Diénogest, dont le risque thromboembolique n’a pas encore été évalué, ce qui ne les a pas empêchées d’être commercialisées. C’est le cas pour la plus jeune victime qui a témoigné sur notre site qui a fait une embolie pulmonaire à l’âge de quinze ans.

Des femmes invisibilisées

En réaction à la minimisation de la gravité des thromboses sous contraception hormonale, nous avons lancé le 12 avril une campagne de sensibilisation sur Facebook. Nous publions, chaque jour les témoignages de femmes victimes ou de leurs proches. Ces femmes, dont certaines sont décédées ou lourdement handicapées, ne doivent pas rester invisibles. À l’heure où le risque de thrombose est très médiatisé au sujet du vaccin AstraZeneca, il nous semblait important de rappeler ces faits pour prendre un peu de hauteur et ne pas oublier la situation de milliers de femmes impactées. Combien de vies brisées sans que les pouvoirs publics s’en émeuvent ? Nous demandons la reprise du débat sur la contraception et poursuivons notre combat pour le droit des femmes à un choix de contraception éclairé.

 

Florence Markarian, présidente de l’AVEP, Association des victimes d’embolies et AVC dus à la pilule.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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