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La CHIMIOTHÉRAPIE
traitement réel ou chimère ?

Article paru dans le journal nº 3 Acheter ce numéro

La chimiothérapie s’est imposée comme le traitement majeur du cancer. Pourtant, elle est loin d’avoir démontré une quelconque infaillibilité et reste encore une thérapeutique expérimentale. Face au dogme de la chimio, les patients disposent rarement des informations suffisantes pour comprendre le traitement qu’on leur inflige et mesurer l’ampleur des effets secondaires auxquels ils s’exposent.

Un cancer, ce n’est, au début, que quelques cellules qui « retombent en enfance ». Elles deviennent rebelles aux ordres donnés par les cellules voisines. Notamment, elles se multiplient de façon incontrôlée, d’où la création d’une tumeur qui s’étend, plus ou moins rapidement, avec les complications que cela entraîne : la compression d’organes voisins ou/et l’envahissement anarchique des tissus proches aboutissant à une profonde désorganisation de certaines fonctions vitales.

Malgré leur multiplicité (plus d’une centaine de produits différents sont actuellement utilisés en France), les chimiothérapies anticancéreuses ne visent qu’à ralentir d’une manière ou d’une autre ce développement anarchique.

La portée des chimiothérapies actuelles est donc limitée. En aucun cas, elles ne peuvent prétendre stopper définitivement la multiplication des cellules cancéreuses et leur essaimage éventuel sous forme de métastases. De plus, elles sont incapables de reprogrammer les cellules dans leur spécificité originelle, ce qui devrait logiquement être le but recherché de tout traitement visant à guérir du cancer.

Des traitements caractérisés par une forte toxicité

La majorité des molécules utilisées vise à détruire les cellules cancéreuses. Même si la guérison ne peut être garantie, il serait au moins souhaitable que ces substances ne soient pas plus nuisibles que le cancer lui-même. Il faudrait pour cela que ces molécules soient « intelligentes », c’est-à-dire dotées de la capacité de repérer les cellules malades des cellules saines, ce qui n’est pas le cas, sauf rares exceptions. Ainsi, toutes les cellules de l’organisme sont-elles plus ou moins affectées par la toxicité de ces « médicaments », certes à des degrés différents selon la substance utilisée.

Cette toxicité est parfois si élevée que le corps médical a besoin de s’aider d’un protocole qui décrit « dans le détail, les buts, les modalités, les complications et les résultats attendus du traitement médical envisagé. Il sert de référence tout au long de la prescription. » Parmi ces complications, est citée l’accélération de la maladie vers son issue fatale. Une autre, qui n’est pas évoquée mais qui n’en est pas moins redoutable, est l’affaiblissement considérable des forces morales qui interdit d’approcher la mort de façon sereine.

Des protocoles… pas si standard que ça

Il y a aujourd’hui tant de substances différentes utilisées dans les chimiothérapies et elles présentent des modes d’action si différents les uns des autres qu’il a semblé juste au corps médical d’associer deux ou trois produits chacun issu d’une classe différente, afin d’augmenter l’efficacité de la thérapie anticancéreuse.

C’est ainsi que sont nés ce que l’on appelle les « protocoles ». Le terme a de quoi rassurer les patients qui imaginent qu’il s’agit de traitements dont l’efficacité a été parfaitement validée. On dit même qu’un protocole est « standard » quand celui-ci présente une supériorité évidente par rapport aux autres dans une indication bien précise. C’est la référence du moment. Mais elle n’a rien d’immuable. Il y a aussi des protocoles qui sont des « options » ce qui veut dire qu’aucun d’entre eux ne présente de réels avantages tant en efficacité qu’en tolérance par rapport aux autres actuellement utilisés.

Standard ou pas, on compte aujourd’hui plus d’un millier de protocoles validés par les autorités médicales, et il y en a chaque jour de nouveaux. Celui qui était standard hier ne l’est plus aujourd’hui et ne le sera plus demain. Ce qui signifie que, jusqu’à maintenant, aucun d’entre eux n’a réellement montré une supériorité par rapport aux autres.

Le corps médical doute-t-il ?

La chimiothérapie est rarement utilisée seule. C’est dire que le corps médical lui-même ne croit pas foncièrement à son efficacité pour résoudre le problème. Une chimiothérapie est toujours :

  • Néoadjuvante : chimiothérapie pratiquée avant la chirurgie ou la radiothérapie afin de réduire la taille de la tumeur.
  • Adjuvante : chimiothérapie pratiquée à la suite de la chirurgie dans l’espoir de réduire le risque de métastase à distance induit par l’acte opératoire.
  • Concomitante : chimiothérapie associée à une radiothérapie lorsque la tumeur cancéreuse est inopérable.
  • Palliative : chimiothérapie administrée quand toute possibilité d’intervention chirurgicale est exclue du fait d’une invasion importante dans les tissus avoisinants.

Bref, quel que soit le terme employé, on comprend que la chimiothérapie n’est jamais simplement « curative ».

Son efficacité réelle

L’efficacité réelle de la chimiothérapie est très difficile à établir car de très nombreux facteurs sont à prendre en compte. Par exemple, la nature de la tumeur (plus une cellule retourne à un état « juvénile », indifférencié, plus le risque évolutif est grand bien que la cellule semble plus sensible aux traitements), son extension au moment de la découverte, l’état général du patient, le passé médical de celui-ci, les classes auxquelles appartiennent les substances utilisées pour la chimiothérapie, etc.

De plus, la multiplicité des protocoles rend la tâche encore plus difficile : seuls sont publiés des résultats concernant des populations bien définies. En clair, aucune évaluation fiable de la chimiothérapie en général n’est actuellement disponible.
Tout ce que l’on peut savoir actuellement provient des chiffres officiels : un peu plus d’un cancer sur deux est aujourd’hui guérissable. La mortalité par cancer baisse régulièrement depuis 1960 chez les femmes, depuis 1987 chez les hommes.

Or si la chimiothérapie n’est pas le traitement princeps du cancer, elle y participe souvent. Peut-on en conclure qu’elle est efficace ? Qu’elle participe également à l’allongement de la survie, les avis sont partagés à ce propos. Une chose est cependant certaine : si les premières chimiothérapies étaient essentiellement toxiques pour les cellules – d’où leur réputation sulfureuse –, le médecin oncologue dispose aujourd’hui d’autres classes médicamenteuses plus ciblées, donc moins toxiques pour les cellules saines.

Mais il est encore beaucoup trop tôt pour conclure que cette voie thérapeutique, même si elle paraît plus adaptée, a prouvé sans conteste une plus grande efficacité.

La franchise plutôt que l’opacité

Plutôt que d’avouer ses faiblesses en matière de lutte contre le cancer, la médecine officielle s’est installée dans un discours où il n’y a aucune place pour le doute quant à l’efficacité des chimiothérapies. Mais, de même qu’il semble toujours préférable de dire au patient atteint d’un cancer la nature de son mal, il est tout aussi essentiel de lui donner les moyens de savoir quels sont les buts recherchés par son médecin quand celui-ci lui prescrit telle ou telle chimiothérapie et à quels effets indésirables, voire à quelles complications, elle est alors exposée. Cela est rarement le cas aujourd’hui.

Une brève histoire de la chimiothérapie

L’histoire de la chimiothérapie remonte à 1943, suite au naufrage dans la baie de Naples du John Harvey, un navire américain qui transportait 100 tonnes de gaz moutarde. Les soldats qui y furent exposés présentèrent d’importants signes de toxicité sanguine. À la suite de cet accident des recherches furent entreprises – longtemps protégées par le secret défense aux USA ! – et aboutirent aux premiers essais de la moutarde à l’azote au cours de la maladie d’Hodgkin.

La première conception du traitement médicamenteux du cancer et des leucémies a donc été sous-tendue par l’idée suivante : plus une substance est toxique pour un type de cellules, plus il y a de chances de tuer les cellules cancéreuses développées au sein de cette famille de cellules.

La chimiothérapie anticancéreuse est née dans un climat de guerre. Elle en garde encore l’esprit à tel point que certains patients en retiennent que « Le cancer est un ennemi qu’il faut à tout prix abattre, c’est une question de vie ou de mort. » Ainsi, la première génération de médicaments anticancéreux a-t-elle été conçue sur la recherche d’une forte toxicité cellulaire… avec une tolérance des plus médiocres qui a fait dire que « la chimiothérapie revient à l’attitude de quelqu’un désireux de crever le ballon avec lequel jouent deux équipes de football au centre d’un stade rempli de spectateurs et qui, pour cela, utiliserait une bombe atomique. »

Avec les premières chimiothérapies (cytotoxiques), l’ère du principe premier de la médecine « Avant tout, ne pas nuire » était révolue et s’ouvrait celle de l’ère moderne présidée par le principe de la rentabilité, basé sur le rapport bénéfices/risques.

Pour une critique des conditions dans lesquelles s'organisent aujourd'hui les protocoles, lisez cette interview fracassante de l'oncologue Nicole Delépine. Pour une approche qui permet au patient de se réapproprier la lutte contre le cancer par le biais de l'alimentation, lisez cet article sur l'approche en terme d'enbiogénie.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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