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Les mille et une façons de gâcher ses nuits

Article paru dans le journal nº 93 Acheter ce numéro
  • Nos besoins de sommeil sont en partie prédisposés génétiquement.Nos besoins de sommeil sont en partie prédisposés génétiquement.

Le sommeil a longtemps été perçu comme un état végétatif et sans intérêt, jusqu’à ce que la science en éclaire l’importance vitale. Il est pourtant l’objet de nombreux troubles, du moins à l’aune de la conception moderne d’une bonne nuit qui voudrait que l’on dorme d’une traite de 22 h 30 à 6 h 30 environ. Mais est-ce bien notre sommeil qui est en souffrance et au fond, de quelle souffrance s'agit-il ? Conseils naturels pour se réconcilier avec ses nuits - Partie 3

C’est dans notre tête, en premier lieu, que nichent les saboteurs de nos nuits. Une émotion débordante, une pression psychologique insistante ou un mental hyperactif ne se désactivent pas juste en appuyant sur un bouton. L’Assurance maladie impute ainsi plus de la moitié des insomnies à des troubles psychologiques liés au stress.

Par ailleurs, en à peine un siècle, nous sommes passés d’une occupation physique quasi permanente à une sédentarité quasi absolue, si bien que le sommeil ne nous cueille plus spontanément. Parallèlement, des facteurs comme le surpoids, la pollution (notamment par les ondes électromagnétiques, soupçonnées d’altérer la mélatonine) ou la sollicitation permanente de notre attention, éloignent un peu plus l’état de détente nécessaire au sommeil.

L’âge, enfin, modifie sensiblement les « réglages » de notre sommeil. Un enfant de 8 ans n’aura souvent aucun mal à s’endormir dès 21 heures, tandis qu’un adolescent de 16 ans ne se sentira pas attiré au lit avant 23 heures ou minuit, une heure à laquelle les parents, eux, aimeraient bien déjà dormir…

Quel est votre chronotype ?

Nos besoins de sommeil sont en partie prédisposés génétiquement. Près de 40 % des Occidentaux sont « du matin », spontanément enclins à se coucher tôt et à se lever au chant du coq. Ceux « du soir » représentent environ 30 % et sont naturellement efficaces jusque très tard mais souffrent de devoir se lever tôt. Les 30 % restant sont des « hybrides » jouissant d’une certaine souplesse. Malheureusement, l’organisation du travail fait fi de ces propensions et impose majoritairement d’embaucher à la première heure, au détriment des « couche-tard » qui se retrouvent à brûler la chandelle par les deux bouts, et donc plus souvent victimes de maladies liées au manque de sommeil (dépression, maladies cardiovasculaires etc.). Pour tous, cependant, chaque heure gagnée en début de nuit réduit de 23 % le risque de dépression, selon une récente étude.

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Quand l’endormissement se fait attendre

Difficile d’harmoniser des besoins de coucher et de lever aussi dissemblables pour les aligner sur des impératifs sociaux laissant peu de marge de manœuvre ; qu’on ait 8, 16 ou 35 ans, il faut être sur le pied de guerre entre 6 et 7 heures du matin si l’on veut arriver à l’heure à l’école ou au travail ! C’est donc moins souvent l’individu qui pose problème que l’inadéquation de la vie sociale avec ses besoins fondamentaux.

Mais ce qui vaut pour tout le monde, c’est que pour attraper le train du sommeil, il faut être à l’heure sur le quai, ce qui implique d’être à l’écoute de son « appel au sommeil » et de savoir s’y préparer. Celui-ci est régi par le rythme circadien, principalement sous l’influence de la luminosité et de la température, et par l’accumulation diurne d’adénosine jusqu’à un pic qui nous précipite dans les bras de Morphée. Ces deux systèmes sont souvent contrariés depuis la généralisation de la lumière artificielle qui interfère avec le cycle de la lumière naturelle, et la démocratisation de la consommation d’excitants tels le sel, le sucre et surtout la caféine, qui inactive l’adénosine.

La caféine, béquille de l’ère moderne

Une déferlante de caféine a accompagné l’accélération de nos vies et la transformation de l’ancien sommeil séquencé vers le nouveau sommeil « d’un bloc ».

Attention cependant, au-delà d’une consommation modérée (300 mg/jour), la caféine participe au dérèglement du sommeil et altère, entre autres, le jugement et la prise de décision.

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Les réveils nocturnes affectent l’efficacité du sommeil

La fonction première du sommeil est la régénération. Mais celle-ci est insuffisante si des réveils intempestifs nous ramènent à l’état de conscience plusieurs fois par nuit et chamboulent le bon déroulement des cycles nécessaire pour « recharger les batteries ».

  • Réveils liés à l’âge : ils sont plus nombreux lorsqu’on vieillit. À partir de la quarantaine, la part du sommeil profond diminue sans interruption jusqu’à la fin de la vie.
  • Nervosisme et anxiété : la vie moderne, énergivore et stressante, est prompte à rompre l’équilibre hormonal (trop de cortisol) et à contrarier l’action apaisante du système nerveux sympathique.
  • Réveils à heure fixe : ils correspondent souvent au dysfonctionnement d’un organe précis, tels la vésicule biliaire entre minuit et 2 heures, le foie entre 2 et 4 heures le système pulmonaire entre 4 et 6 heures.
  • Autres troubles : Bruxisme, apnée du sommeil, hernie hiatale, jambes sans repos etc... empêchent un repos réparateur.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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