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Champs électromagnétiques et santé : symptômes et risques

Article paru dans le journal nº 79 Acheter ce numéro
  • L'usage du téléphone portable, souvent incriminéL'usage du téléphone portable, souvent incriminé

Les champs électromagnétiques artificiels (wifi, bluethooth, antennes-relais, 4G...) sont accusés de générer de nouveaux problèmes de santé. Alors qu'on nous annonce l'arrivée de la 5G, voici une cartographie des risques décrits et des symptômes mis en avant par les hyper-électrosensibles.

La dangerosité des champs électromagnétiques artificiels (CEMA) s’illustre avant tout à travers une maladie environnementale médiatique et controversée : le syndrome de l’électro-hypersensibilité (EHS). Les sigles EHS et CEMA reviendront souvent, donc autant les présenter d’emblée.

Selon les très nombreux témoignages, l’EHS est une hypersensibilité aux CEMA émis par les dispositifs sans fil. Mais aussi par l’électricité domestique ou les lignes à haute tension. Pêle-mêle, les personnes EHS incriminent le Wi-Fi, le Bluetooth, les antennes relais, les téléphones portables, les téléphones sans fil de maison, les tablettes et les ordinateurs sans connexion filaire, les dispositifs de commande à distance et de détection (radars, cellules photoélectriques…), voire les ampoules fluocompactes, les néons ou LED. Et aussi, pour celles qui sentent l’électricité domestique : les 220 volts qui circulent partout, les câbles à haute tension, les transformateurs géants, les batteries, ou même les piles bâtons.

Bien sûr, toutes les personnes EHS ne sont pas sensibles à tous les types de CEMA. Et elles ne le sont pas toutes au même degré, ou selon la même hiérarchie de sensibilité entre ces types. L’une sera plus sensible au Wi-Fi qu’aux mobiles, l’autre le contraire. L’une sera sensible aux ampoules fluocompactes, l’autre non. L’une sentira le courant 220 volts, mais pas les piles. L’autre ne sentira pas du tout l’électricité domestique. Ainsi de suite…

Des troubles divers

Tout comme leurs degrés de sensibilité, les troubles sont divers et variables, en degré comme en nature. Un vrai inventaire à la Prévert.

•  De fortes céphalées représentent le symptôme le plus fréquent, situant symboliquement le mal dans la tête, siège symbolique de la pensée et de la raison. Ce qui renvoie les sceptiques à cette ­disqualification banale : « C’est dans la tête ! » Mais les symptômes peuvent se manifester ailleurs dans le corps.

•  Ils peuvent être articulaires, musculaires, ou liés aux organes de la digestion et du transit. Ils peuvent se traduire par des douleurs ténues, mais constantes, ou par des accès soudains et violents. Il peut s’agir de crispations, de tensions, ou de sensations électriques, comme si le corps (ou une de ses parties) était saturé d’électricité.

Il peut aussi s’agir de confusion, de perte de contrôle, de moyens : troubles vestibulaires entraînant des pertes d’équilibre, voire des chutes, ou encore des troubles cognitifs affectant la mémoire et l’attention.

Tous ces troubles, surtout lorsqu’ils se ­combinent, provoquent un épuisement physique et psychologique, comme dans le cas des ­douleurs chroniques, telles que les migraines ou les fibromyalgies. Les personnes EHS sont donc des malades environnementaux atteints de douleurs chroniques. Sauf que ces douleurs chroniques cessent dès qu’il n’y a plus d’exposition aux CEMA. Paradoxe de l’EHS !

Si certains troubles sont contestés comme ayant un lien quelconque avec les champs électromagnétiques, d'autres problèmes de santé sont aujourd'hui mieux documentés et l'expertise avance. Ainsi par exemple, selon les études de l’Agence nationale 
de sécurité sanitaire 
de l’alimentation, 
de l’environnement 
et du travail (Anses) 
en 2010 et en 2019,« les travaux d’expertise collective permettent 
de conclure à un effet possible de l’exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences sur la leucémie infantile ». Dès 2013, le ministère de l’Écologie préconise pour cette raison « d’éviter dans la mesure du possible » d’implanter les écoles, les crèches ou les hôpitaux près de lignes à haute tension.

5G et immunité

Quand on ne sait pas, on imagine. Certains sites web lient coronavirus et 5G : « Wuhan est une ville pilote de la 5G, tout vient de là ! » Sauf que la première ville pilote est coréenne. Wuhan est équipée en 5G, oui. Comme d’autres villes chinoises, où le virus n’a pas autant sévi. En sapant le système immunitaire, l’EHS faciliterait les infections. Mais, les personnes ayant le coronavirus sont-elles aussi atteintes d’EHS ? Il y a là une piste de recherche, aucune certitude.

Impact psychosocial

À l’image du tableau de symptômes, les risques encourus sont divers et variables : maladies intestinales, allergie au gluten, douleurs musculaires et articulaires de type fibromyalgie, acouphènes, insomnies, comorbidité avec la maladie de Lyme et la chimico-sensibilité, fatigue chronique, instabilités d’humeur, tendances dépressives… Sans oublier les risques de cancer du cerveau pour les usagers du téléphone mobile, qui étaient anticipés dès les années 1990.

Il existe aussi un risque d’exclusion : rejet par des proches qui renvoient le malade à la psychiatrie, perte d’emploi et de revenus, sentiment d’échec, désocialisation… Car pour les maladies chroniques, la séparation cartésienne corps esprit est impossible : le physiologique impacte le psychologique, le mental influe sur le corps. Encore plus pour une maladie à fort impact psychosocial comme l’EHS.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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