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spondylarthrite : un diagnostic urgent, mais difficile (3)

Article paru dans le journal nº 49 Acheter ce numéro
  • spondylarthrite : un diagnostic urgent, mais difficile (3)

Le grand nombre des complications auxquelles sont exposés les patients atteints de SAA rend d’autant plus urgente la formulation d’un diagnostic. Or, ce dernier, comme on va le voir, est souvent difficile…

La SAA peut déboucher sur les complications suivantes :

  • Ankylose.
  • Insuffisance rénale.
  • Myocardite, insuffisance aortique.
  • Cyphose dorsale avec diminution de l’amplitude respiratoire et fragilité pulmonaire face aux agents infectieux.
  • Ostéoporose exposant au risque de compression de la moelle osseuse à la suite d’une fracture vertébrale, d’où paraplégie voire tétraplégie.
  • Handicap, anxiété et dépression.

Ce risque évolutif incite à identifier la SAA le plus tôt possible pour en ralentir l’évolution. Une tâche compliquée par le fait que cette affection est souvent associée à d’autres pathologies, dont :

  • Psoriasis.
  • Arthrite réactionnelle (aussi appelée syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter et syndrome oculo-urétro-synovial) : épisode inflammatoire articulaire non infectieux apparaissant quelques semaines après une infection urogénitale ou digestive.
  • Maladie chronique des intestins.
  • Néphropathie à IgA (ou maladie de Berger).

L’examen clinique localise les différents points douloureux en même temps qu’il écarte l’éventualité d’une lésion nerveuse, notamment sciatique. Le bilan complémentaire inclut le dosage de la CRP et de la VS (mesure de l’intensité du processus inflammatoire), la recherche de l’antigène HLA B27 et l’imagerie.

Dans le même temps, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) est régulièrement prescrit, non seulement pour soulager la douleur, mais aussi pour conforter le diagnostic. En effet, en cas de SAA, la douleur s’estompe dans les 48 heures et réapparaît aussi rapidement à l’arrêt du médicament.

En plus de confirmer le diagnostic, le bilan recherche d’autres manifestations éventuelles : uvéite, troubles de l’influx nerveux dans les cavités cardiaques ou insuffisance aortique.

Grilles de critères

Parvenir rapidement à un diagnostic certain est quasiment impossible, car distinguer la SAA des autres formes de spondylarthropathies (SAP) reste compliqué : les signes radiologiques d’atteinte sacro-iliaque ne sont détectés qu’après des mois, voire des années d’évolution de la pathologie !

Plusieurs grilles de critères ont été élaborées depuis les années 1960 (lire encadrés). On utilise notamment les critères Amor (proposés en 1990 par le rhumatologue Bernard Amor), de grande spécificité (98 %), et les critères de l’European spondylarthropathy study group (ESSG), de spécificité légèrement inférieure (96 %).

Les critères de l’ESSG

L’European spondylarthropathy study group (ESSG) répartit ses critères en deux groupes.

Critères majeurs : douleurs vertébrales de type inflammatoire, atteinte articulaire asymétrique ou prédominante aux membres inférieurs.

Critères mineurs : antécédent familial de SAA, d’uvéite ou de MICI, psoriasis, MICI, atteinte d’une ou plusieurs enthèses, signes radiologiques au niveau sacro-iliaque.

Le diagnostic de SAP est affirmé lorsqu’au moins un critère majeur et un critère mineur sont présents.

Les 12 critères d’Amor

Chacun est doté d’une valeur spécifique. Dès que le total atteint 6 points, le diagnostic peut être affirmé.

1. Douleurs nocturnes ou raideur matinale au niveau lombaire 
ou dorsal : 1 point

2. Atteintes articulaires des membres réparties de façon asymétrique : 2 points

3. Douleurs fessières :

a. sans précision : 1 point

b. à bascule : 2 points

4. Doigt ou orteil en saucisse : 2 points

5. Inflammation d’une ou de plusieurs insertions 
tendineuses sur l’os : 2 points

6. Iritis : 2 points

7. Urétrite ou cervicite non gonococcique moins d’un mois avant une arthrite : 1 points

8. Épisode diarrhéique moins d’un mois 
avant une arthrite : 1 point

9. Présence ou antécédents d’une ou plusieurs des pathologies suivantes : balanite, psoriasis, maladie inflammatoire chronique des intestins : 2 points

10. Images radiologiques d’atteinte sacro-iliaque : 3 points

11. Découverte d’un ou de plusieurs des éléments suivants : 2 points

a. Antigène HLA B27

b. Antécédent familial de SAA, d’arthrite réactionnelle, 
de psoriasis, d’uvéite, de maladie inflammatoire chronique des intestins

12. Efficacité rapide des AINS et rechute aussi rapide 
à leur arrêt : 2 points

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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