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Fatigue : quand la thyroïde se dérègle

Article paru dans le journal nº 77 Acheter ce numéro
  • Des carences nutritionnelles peuvent expliquer des hypothyroïdie subcliniquesDes carences nutritionnelles peuvent expliquer des hypothyroïdie subcliniques

Une vie quotidienne bien remplie rime bien souvent avec une sensation de fatigue, appelée aussi asthénie chronique, mais il peut s’agir d’un véritable problème de santé lorsque celle-ci devient persistante. Et si nos hormones étaient impliquées dans cet état ? À l’aide de la diététicienne Véronique Liesse, nous vous proposons quelques remèdes naturels pour agir sur un déséquilibre hormonal. Zoom sur la thyroïde.

Toute personne est sujette à des déséquilibres hormonaux au cours de certaines phases de sa vie, comme durant la puberté, les menstruations ou encore la grossesse. Cependant, c’est lorsque les déséquilibres hormonaux persistent que les problèmes sur la santé apparaissent. Une fatigue permanente pourrait ainsi être expliquée par un dérèglement de plusieurs hormones.

Les hormones thyroïdiennes

Les hormones thyroïdiennes sont impliquées dans de nombreuses fonctions biologiques. Les principales participent à la croissance et au développement du cerveau et des os, particulièrement pendant la grossesse. Elles interviennent également dans le métabolisme énergétique et le contrôle de la température corporelle. Elles jouent enfin un rôle important dans la régulation et l’utilisation des lipides, des protides et des glucides.

Elles sont synthétisées par la thyroïde sous forme de deux hormones : la tri-­iodothyronine (T3) et la tétra-iodothyronine (T4), toutes deux dépendantes de la TSH (dite ­thyréostimuline, une hormone produite par l’hypophyse).

L’hypothyroïdie est une condition où la glande thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones thyroïdiennes (à l’opposé de l’hyperthyroïdie). Elle concerne environ 5 % de la population, et est associée à de nombreux symptômes, parmi lesquels une fatigue intense en raison d’un ralentissement de l’activité énergétique de l’organisme. Une étude néerlandaise, datant de 2018, a ainsi mis en évidence que les personnes atteintes de fatigue chronique avaient des taux sanguins plus faibles en T3 et en T4, sans changement de la TSH, par rapport à des personnes saines. Les causes de ­l’hypothyroïdie peuvent être nombreuses, et venir de la thyroïde ou de l’axe hypothalamo-­hypophysaire, qui auront du mal à synthétiser suffisamment d’hormones. La production trop faible en hormones thyroïdiennes peut également venir d’un déficit nutritionnel.

Indispensable cholestérol

Le cholestérol est le précurseur indispensable à la synthèse des hormones stéroïdiennes, regroupant les hormones sexuelles et les hormones surrénaliennes. Un niveau trop bas en cholestérol aura ainsi des répercussions négatives sur l’équilibre du système hormonal. 
Il est donc nécessaire de ne pas bannir tous les aliments contenant du cholestérol. La consommation de produits contenant du (bon) gras est donc conseillée, sans en abuser évidemment. Au menu, notamment : les œufs, le beurre (y compris le beurre clarifié, ghi ou ghee en Inde) et les produits laitiers, dont la fermentation augmente les vertus pour la santé.

L’hormono-nutrition, c’est quoi ?

L’hormono-nutrition est un concept ayant pour but d’identifier les facteurs nutritionnels protecteurs ou néfastes de nos équilibres hormonaux. Elle vise ainsi à corriger les dysfonctionnements à l’aide de composés bioactifs naturels, au lieu d’avoir recours à des hormones de substitution (bien souvent de nature chimique).

Certains micronutriments sont indispensables pour avoir une production optimale en hormones thyroïdiennes. Il est ainsi recommandé d’avoir un apport journalier en sélénium (100 µg), zinc (12 mg), fer (selon les besoins), tyrosine (250 à 1 000 mg le matin à jeun) et surtout en iode (150 µg). Si les carences en iode sont fréquentes et délétères pour la santé (thyroïde, cerveau, santé cardio-vasculaire), son excès est également nocif (ne surtout pas dépasser 600 µg/jour).

Les aliments riches en vitamines B, A et E sont également à mettre à l’honneur dans votre assiette, notamment pour leur rôle respectif dans la synthèse des hormones thyroïdiennes, la régulation de la TSH et leur pouvoir antioxydant.

Les plantes nous offrant de nombreux composés bioactifs naturels, il serait dommage de s’en priver (avec l’aide toutefois d’un phytothérapeute). Le kaempférol est un flavonoïde (issu de la famille des polyphénols) présent dans de nombreux fruits et légumes (câpre, mûre, aloe vera, fraise, ciboulette, brocoli, livèche et épinard), et dans le sophora du Japon. Une consommation quotidienne d’extrait de sophora du Japon (500 mg titrés à 10 % permettra d’augmenter la production de T3, et de protéger la thyroïde du stress oxydant. Les guggulstérones (300 mg titrés à 2 %), l’ashwagandha (600 mg par jour), le bacopa (300 mg par jour) possèdent des propriétés bénéfiques en cas d’hypothyroïdie, en augmentant la synthèse des hormones thyroïdiennes. Le fucus (150 mg pendant trois semaines) permettra de faire le plein en iode.

Hypothyroïdie ou bien ménopause ?

Fatigue, prise de poids, irritabilité… Certains symptômes que l’on attribue à la ménopause peuvent, en réalité, masquer une hypothyroïdie… et vice versa. Pour compenser la baisse des œstrogènes, notre commande hormonale centrale peut monter 
en puissance et impacter la thyroïde. 
On préférera alors travailler sur les déséquilibres 
en œstrogènes 
(en accompagnant 
sa ménopause avec
 les plantes) avant 
de considérer la thyroïde elle-même.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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