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Diabète : le combat de tous les types

Article paru dans le journal nº 73 Acheter ce numéro
  • L'élévation chronique de sucre dans le sang, caractéristique du diabèteL'élévation chronique de sucre dans le sang, caractéristique du diabète

Le 14 novembre prochain, la Journée mondiale du diabète célèbre la date à laquelle les scientifiques canadien et américano-canadien Frederick Banting et Charles Best ont développé la théorie à l’origine de la découverte de l’insuline, en 1922. Il nous semblait donc indispensable de consacrer ce mois-ci un dossier au diabète et de mettre en lumière le diabète de type 3, aussi appelé diabète du cerveau.

Le diabète est un véritable fléau. Il touche plus de 420 millions d’adultes dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soit 1 adulte sur 11 et quatre fois plus qu’en 1980. Quant au nombre de personnes vivant avec le diabète sans le savoir, il est estimé à 212 millions. La Fédération internationale du ­diabète (FID) a prédit une augmentation de 48 % du nombre de diabétiques dans le monde d’ici à 2045. Une forte progression qui est notamment liée au mode de vie des sociétés occidentales. En France, plus de 3 millions de personnes sont traitées pour un diabète, soit 5 % de la population.

Et tout cela coûte cher. En effet, en 2014, les dépenses associées au diabète ont été estimées par l’assurance maladie à 10 milliards d’euros par an, soit 2,3 milliards d’euros pour les dépenses liées au diabète (notamment les traitements médicamenteux) et 7,7 milliards d’euros pour les complications (cécité, amputation des membres inférieurs, insuffisance rénale, maladies cardio-vasculaires).

L’index glycémique, c’est quoi ?

La chasse au sucre ne se résume pas au taux de glucides dans un aliment. Ce qui importe le plus, c’est son index glycémique, c’est-à-dire sa capacité à faire augmenter la glycémie. Prenons le sucre : son index glycémique est de 100/100. Une baguette classique possède un index glycémique élevé atteignant 78/100, alors que la baguette tradition a un index glycémique de 57/100, dit modéré. Pour les diabétiques, il est essentiel de savoir faire les équivalences entre les aliments, afin d’apporter la quantité nécessaire de glucides à l’organisme, notre source principale d’énergie. En plus de l'index glycémique, les diabétiques doivent veiller à la charge et à l'index glycémiques des aliments.

Il existe différents types de diabètes, qui ont tous un point commun : une élévation chronique du taux de sucre dans le sang (glycémie). Cependant, les mécanismes impliqués varient. Le diabète de type 1, rare et ne touchant que 6 % des diabétiques, résulte de la destruction des cellules du pancréas produisant l’insuline. Le type 2, touchant la majorité des diabétiques, est dû à une résistance à l’insuline, le corps n’en produisant pas assez pour faire baisser la glycémie. Enfin, le diabète dit gestationnel ne se développe que chez la femme enceinte, en général vers la fin du 2e trimestre. Il peut n’être que temporaire, mais avoir de profondes conséquences sur la mère et (ou) l’enfant à naître. Un troisième type de diabète a été mis en évidence, et ce diabète de type 3 résulterait d’un lien entre le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer.

Dans une situation normale et à la suite d’un repas composé de lipides, de protéines et de glucides (qui fournissent l’énergie essentielle au bon fonctionnement de notre corps), le taux de sucre dans le sang augmente et les glucides sont transformés en glucose. L’augmentation de la glycémie est alors détectée par le pancréas, qui va sécréter de l’insuline (hormone hypoglycémiante), et ainsi faire diminuer la glycémie en permettant au glucose de pénétrer et d’être stocké dans les cellules des ­muscles, des tissus adipeux et dans le foie. Chez les personnes atteintes de diabète, l’insuline ne peut pas exercer son rôle proprement. Le glucose ne peut alors pas pénétrer à l’intérieur des cellules et va donc s’accumuler dans le sang, entraînant une hausse de la glycémie, dite hyperglycémie.

Le diagnostic du diabète

Le diagnostic du diabète est simple et consiste en un dosage de la glycémie réalisé dans un laboratoire d’analyses médicales, qui sera par la suite examiné et analysé par votre médecin. Le ­premier test et le plus important dans le dépistage du diabète est la mesure de la glycémie à jeun, c’est-à-dire huit heures à douze heures après la prise du dernier repas, boire de l’eau étant autorisé.

Ce test est répété à deux reprises, et si votre glycémie à jeun est supérieure ou égale à 1,26 g/l, un diabète est alors diagnostiqué. Une prise de sang peut également être effectuée à n’importe quel moment de la journée, et la glycémie mesurée devra alors être supérieure ou égale à 2 g/l pour constater un ­diabète. À titre indicatif, la ­glycémie à jeun d’une personne non diabétique est ­généralement ­comprise entre 0,7 et 1,10 g/l.

Identifier les signes avant-coureurs

Le diabète n’apparaissant pas du jour au lendemain, il est essentiel de savoir détecter les signes. La prise ou la perte de poids sont souvent des indicateurs, la perte de poids étant plutôt liée au diabète de type 1. On peut aussi citer d’autres symptômes comme la soif permanente, la bouche sèche, des envies pressantes d’uriner, une fatigue inexpliquée, des troubles du comportement (sautes d’humeur, déprime), des désirs incontrôlables de sucré, une transpiration excessive, des infections urinaires, des troubles de la vision, des zones de peau sombre et épaissie, une cicatrisation plus lente, des fourmillements dans les jambes et enfin des troubles sexuels. Si vous en cumulez plusieurs, n’hésitez pas à consulter votre médecin et faire tester votre glycémie.

Les gestes classiques de prévention…


L’OMS a répertorié des méthodes simples afin de prévenir et de retarder le diabète de type 2, impliquant principalement de modifier son mode de vie.


• Avoir un poids corporel normal et le maintenir. L’indice de masse corporelle (IMC) sert d’indicateur, un IMC normal étant compris entre 18,5 et 25.
• Avoir une activité physique régulière. Pratiquer au moins trente minutes par jour d’exercices réguliers et d’intensité modérée. Cela peut inclure le fait de marcher d’un pas vif, de danser, de jardiner, de bricoler ou encore de faire des travaux ménagers.
• Avoir une alimentation saine et équilibrée. Éviter la consommation de sucres et de graisses saturées (beurre, crème, graisse animale), et privilégier les aliments à faible index glycémique.
• Cesser de fumer. La cigarette a un effet très néfaste sur la santé cardio-vasculaire, mais aussi sur la sensibilité à l’insuline et sa sécrétion.

Diabète gestationnel

Le diabète gestationnel apparaît pendant la grossesse et touche environ 8 % des femmes enceintes en France métropolitaine. Parmi les facteurs de risques associés, on peut citer le surpoids, une prise de poids excessive durant la grossesse, l’âge (si supérieur à 35 ans) et des antécédents familiaux. Pour prévenir le diabète gestationnel, certains aliments sont à privilégier afin de maintenir sa glycémie à des valeurs normales. Parmi eux, les fruits et les légumes, les laitages (de préférence nature), ainsi que la viande, le poisson et les œufs (aucun de ces aliments ne contenant de glucide). On trouve également les légumineuses qui, étant riches en protéines, acides aminés essentiels, fibres, minéraux et vitamines, sont des aliments aux qualités nutritionnelles évidentes durant la grossesse. Des pistes de réponse en micro-nutrition se dessinent, qui restent à confirmer, du côté de la supplémentation en inositol (ou vitamine B7) pour prendre en charge le diabète gestationnel.

Bien dormir quand on est diabétique

Les vertus d’une bonne nuit de sommeil ne sont plus à prouver, et bien dormir est indispensable pour rester en bonne santé. De plus, il existerait un lien entre sommeil et diabète, les personnes dormant moins de six heures par jour seraient plus à risques de développer un diabète. Le manque de sommeil serait en effet à l’origine de perturbations endocriniennes, c’est-à-dire du système hormonal, perturbant le contrôle de la glycémie et la production d’insuline par l’organisme. Et ce n’est pas du tout. Le manque de sommeil aurait également un effet sur les hormones régulant l’appétit, telles que la leptine et la ghréline, entraînant une augmentation de la prise alimentaire et une prise de poids pouvant conduire à terme à l’apparition d’un diabète. Ne l’oublions donc pas, le sommeil est d’or.

L’aide des associations

Les associations pour les patients diabétiques jouent un rôle essentiel et indispensable pour permettre l’accompagnement des personnes diabétiques et de leur famille. La Fédération française des diabétiques est une association de patients, dirigée par des patients. Elle a pour but de défendre et de protéger les droits des personnes atteintes de diabète, ainsi que de les accompagner, les informer et soutenir la recherche.

 

Retrouver plus d’informations sur le site de l’association, www.federationdesdiabetiques.org

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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