Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous

Plaque dentaire : un phénomène universel

Article paru dans le journal nº 50 Acheter ce numéro
  • Bactéries ayant colonisé le tissu osseuxBactéries ayant colonisé le tissu osseux

La bouche est un milieu complexe du fait de la présence conjointe de deux types de supports, l’un mou (la muqueuse), et l’autre dur (les dents), ces deux supports entrant régulièrement en contact avec les aliments. En effet, différents types de bactéries se développent sur ces différents supports.

Le parodonte comprend la gencive, l’os alvéolaire de la mâchoire (supérieure ou inférieure), le ligament péridentaire et le cément.
• La gencive est une muqueuse (constituée de trois couches de cellules, soit deux fois moins que la peau) dont la fonction est de recouvrir de façon étanche l’os et la dent.
• L’os, qui a une structure alvéolaire, se remanie en fonction des forces auxquelles il est soumis à travers les dents.
• Le ligament parodontal est fait d’une couche de tissu conjonctif, épaisse d’environ 0,25 mm. Il fait le lien entre le cément et l’os. Grâce à lui, la dent n’est pas fixée à l’os, ce qui lui permet d’avoir une certaine mobilité.
• Le cément est la couche de cellules calcifiées qui constitue l’enveloppe fine (épaisse de 0,02 à 0,2 mm) recouvrant la racine de la dent. Lorsque la racine perd son cément, la dent devient très sensible à la douleur.

Portrait-robot des bactéries

Les bactéries qui peuplent cet écosystème se répartissent, elles aussi, en deux groupes bien distincts. La population qui occupe la surface de la gencive est composée majoritairement de différentes souches de streptocoques (S. mitis, S. mutans, S. salivarius, S. sobrinus), de lactobacilles et d’actinomyces. La population sous-gingivale rassemble surtout des souches anaérobies (Campylobacter rectus, Fusobacterium nucleatum, Porphyromonas gingivalis…).

À l’état physiologique, le nombre de chaque colonie bactérienne reste dans une certaine fourchette du fait de l’efficacité des défenses immunitaires et des nombreuses relations que ces souches bactériennes tissent entre elles. Lorsque cet équilibre est rompu, la population supra-gingivale détruit les parties dures des dents jusqu’à créer des caries, tandis que la population sous-gingivale ronge tous les tissus de soutien des dents.

Colonisation agressive

Après chaque repas, même après un brossage dentaire méticuleux, des protéines salivaires recouvrent les dents pour former ce qu’on appelle la pellicule exogène acquise (PEA). Dans le même temps, les bactéries (en particulier Streptococcus mitis, Actinomyces naeslundii, A. odontolyticus), qui trouvent leur nourriture dans les débris alimentaires non évacués par le brossage dentaire, viennent rapidement se fixer à la PEA de façon irréversible. De là naissent les premières colonies.

Viennent ensuite d’autres types bactériens qui forment une population cosmopolite (essentiellement Streptococcus mutans, Streptococcus sobrinus et Lactobacillus spp.) aux relations complexes. Bien protégée dans le biofilm qu’elle sécrète, cette colonie ne cesse de s’étendre dans les trois dimensions si elle n’est pas contrariée par le brossage des dents. Ce biofilm (ici appelé plaque dentaire) intègre le phosphate de calcium produit par la salive, ce qui lui donne peu à peu une consistance solide, le tartre.

Quand cette calcification survient sur la face interne des incisives inférieures et la face externe des premières molaires supérieures, elle peut s’étendre à l’ensemble des dents si aucune intervention n’est menée pour endiguer sa propagation. Elle s’étale non seulement sur la partie visible de la dent, mais aussi – et c’est plus grave –, sur les parties recouvertes par la gencive. Là, à l’abri du regard, les bactéries créent des espaces entre dents et gencives (poches parodontales) où elles se multiplient, puis, du fait de la pauvreté en oxygène de ce milieu, elles font place à d’autres souches se développant préférentiellement dans cette atmosphère confinée (bactéries anaérobies, plus agressives). La rapidité avec laquelle le tartre se forme est fonction du degré de prégnance de certains facteurs :

  • Le pH acide et la rareté de la salive.
  • Alimentation trop sucrée et/ou trop grasse.
  • Brossage insuffisant.
  • L’addiction au tabac, au cannabis.
  • Le surpoids.
  • L’habitude de mordiller un crayon et/ou de se ronger les ongles.
  • Certaines pathologies pré- ou coexistantes : diabète de type 1 ou 2, dépression immunitaire, maladie inflammatoire chronique des intestins, maladie chronique rénale…
  • La prise de certains médicaments allopathiques pour des affections chroniques : cancer (chimiothérapie aplasiante), maladie cardiovasculaire (amlodipine, diltiazem…), maladie inflammatoire (AINS), épilepsie (diphénylhydantoïne), organe greffé (ciclosporine A).
  • Le stress psychologique. Dès que le stress dépasse une certaine intensité ou une certaine durée, l’organisme ne parvient plus à corriger les désordres biochimiques qu’il génère. C’est alors la porte ouverte à toutes sortes de pathologies. La bouche ne fait pas exception, avec une forme particulière, la gingivite ulcéro-nécrotique accompagnée de chute de dents. Certains chercheurs indépendants auraient même établi des relations précises entre chaque type de stress et chaque dent.
  • Le cas des bisphosphonates. Ces médicaments sont utilisés dans le traitement de l’ostéoporose, de la maladie de Paget et de certaines formes de cancer. Toutefois, ils ne doivent être prescrits qu’après un bilan dentaire, car leur administration, surtout par injection, est susceptible de provoquer une destruction plus ou moins étendue des os de la mâchoire si une parodontopathie préexiste.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique parodontose plaque dentaire

Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous