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Ces combinaisons profitables aux compléments alimentaires

Article paru dans le journal nº 83 Acheter ce numéro
  • On retrouve souvent la curcumine dans les compléments à visée anti-­inflammatoire.On retrouve souvent la curcumine dans les compléments à visée anti-­inflammatoire.

Prendre un complément alimentaire n’est pas anodin. Que ce soit des molécules unitaires ou en complexe, il y a une variabilité des effets en fonction du mode de vie, d’éventuelles pathologies, de l’épigénétique ou du métabolisme des individus. Il sera instructif de citer des associations judicieuses...

  • Levure de riz rouge et coenzyme Q10 : conseillée pour réduire le cholestérol, la levure de riz rouge contient de la monacholine K, c’est-à-dire la même molécule que la lovastatine, célèbre composant de la médecine allopathique, avec les mêmes effets secondaires (douleurs musculaires). Les statines diminuent la synthèse de coenzyme Q10, indispensable, entre autres, au renouvellement des fibres des muscles striés. On l’associera alors de manière systématique à la prise de levure de riz rouge qui, même si elle est naturelle, est une statine.
  • Curcumine et pipérine : on les trouve souvent ensemble dans les compléments à visée anti-­inflammatoire, car la seconde, issue du poivre, favorise l’assimilation de la première. On évitera pourtant de les associer en cas d’hyperperméabilité intestinale, à cause du mécanisme d’action de la pipérine qui pousse les jonctions serrées à ­s’ouvrir, aggravant la perméabilité intestinale. Dans ce cas, des fibres prébiotiques galactomannanes augmenteront l’assimilation de la curcumine par un autre biais, en collant à la paroi de l’intestin distribuant ainsi mieux les nutriments. Attention donc à ­choisir judicieusement son complexe de nutriments.
  • Oméga-3, vitamines et minéraux : ces acides gras essentiels sont souvent proposés sous forme de capsules à base d’huile de lin, de périlla, de cameline… Dans le végétal, on trouve les oméga-3 sous forme d’acide alpha-linolénique, plutôt orientés pour la fabrication des membranes cellulaires. Mais si l’on veut profiter de leur rôle circulatoire et anti-inflammatoire, il faudra les avoir sous forme d’acide éicosapentaénoïque (EPA), disponible directement dans les huiles de poissons sauvages. Pour diverses raisons, ces dernières ne sont pas toujours le bon choix : pollutions marines, ­composition de la capsule, origine, ou simplement choix environnemental ou éthique (vegan). Le corps a la capacité de transformer l’acide alpha-­linolénique en EPA, puis en prostaglandines de série 3 (PGE3) et en acide docosahexaénoïque (DHA), lesquels rempliront d’autres fonctions aussi indispensables. Cette transformation ne peut se faire qu’en présence des vitamines B3, B6 et C, de magnésium et de zinc, tous concernés par d’hypothétiques carences dues à l’appauvrissement alimentaire, à la perturbation des rythmes circadiens et à des stress répétés. Un apport de ces nutriments pendant une cure d’une huile précédemment citée est opportun. À savoir, le même schéma s’opère d’ailleurs pour les acides gras oméga-6.

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  • Oméga-3 et xanthines : ces dernières profitent à l’assimilation de la fraction DHA des oméga-3. C’est ainsi que dans l’huile de krill (petites crevettes), qui contient naturellement les deux, mais une proportion moins grande d’oméga-3 que dans certains petits poissons sauvages, on aura malgré tout une meilleure disponibilité des DHA.
  • Chisandra, rhodiole et éleuthérocoque. Outre les réelles interactions, on trouvera des compléments qui mélangent les ingrédients dans le but de bien couvrir un effet thérapeutique. Citons dans ce cadre l’effet augmenté sur les problématiques d’adaptation du mariage de la schisandra, la rhodiole et l’éleuthérocoque, toutes trois indiquées dans ces troubles avec des polarités différentes. Cette alliance observe de meilleurs résultats, tant au niveau métabolique, immunitaire que surrénalien que la prise d’une seule de ces plantes ­pourtant déjà prometteuse.

L’apport des vitamines

  • La vitamine A améliore la disponibilité de la vitamine E, du phosphore et de la choline, facilite l’absorption du calcium, du zinc.
  • Les vitamines du groupe B potentialisent l’acide pangamique, ou encore PABA. La vitamine E, choline, inositol et soufre sont nécessaires à l’absorption du fer et à la croissance de la flore intestinale.
  • La vitamine C potentialise l’acide pangamique, le PABA, les bioflavonoïdes, les vitamines B (qu’elle protège aussi contre l’oxydation) et E, le magnésium, le sélénium, la proline et l’inositol. Elle prévient la toxicité de la vitamine D, augmente l’absorption du fer, du zinc et du calcium.
  • La vitamine D stimule l’absorption intestinale du calcium, du magnésium, du phosphore et de la vitamine K et augmente l’utilisation de vitamine A.
  • La vitamine E améliore la biodisponibilité de la vitamine C, de l’acide pangamique, du magnésium, du manganèse et de l’inositol, est indispensable au métabolisme de la vitamine D et protège les acides gras essentiels contre l’oxydation.

Du côté des oligoéléments

  • Le bore profite au silicium, le calcium aux vitamines D, A, C, B5, B12, au phosphore au silicium et au zinc, le cobalt au cuivre et au fer, le cuivre au cobalt, et zinc et au fer, le fer à la B12, au cobalt, au cuivre et au phosphore, le magnésium aux vitamines B6 et E. Et la liste est encore très longue !

Zoom sur le cas du magnésium

Les cures de magnésium sont largement répandues. Il y a les fans de granions, ceux qui optent pour le magnésium marin, les magnésiums « nouvelle génération », voire ceux qui recommandent la consommation des eaux riches en magnésium. L’action du minéral sera différente selon trois degrés de choix : le sel de transport, le fixateur et les coacteurs associés. Comme d’autres ­minéraux, le magnésium intervient dans de ­nombreuses fonctions. Le corps en consomme en permanence, au niveau osseux, dans la production d’énergie, dans l’équilibre ­électrolytique, dans le ­relâchement musculaire… De plus, de multiples ­facteurs occasionnent des pertes magnésiennes ou sa sur­consommation, si bien qu’il est très courant d’être carencé, ou de voir sa condition s’améliorer lorsque l’on a recours à un complément ­alimentaire qui en contient. Néanmoins, certains n’observent pas d’amélioration, voire sont dérangés par des troubles intestinaux lorsqu’ils en absorbent, et concluent qu’ils ne supportent pas le magnésium. Il ne faut pas incriminer cet élément, mais le sel de transport qui joue un rôle majeur dans la façon dont le corps pourra l’exploiter. Les oxydes transportent beaucoup, mais s’assimilent peu, les citrates sont mieux transformés.

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Quant au chlorure de magnésium, présent dans certaines eaux, il ramènera de l’eau dans le colon, donc fluidifiera les selles, et ne sera quasi non absorbé au niveau cellulaire soit en grande partie inutile pour la production d’énergie ou le ­relâchement musculaire. Le stéarate de ­magnésium est un agent de charge dans une gélule. En revanche, les nouvelles générations de magnésium, comme les glycinates, bisglycinates et glycérophosphates passent facilement la barrière intestinale et rechargent mieux l’organisme… Mais attention, cela n’est pas suffisant. Pour faciliter sa fixation, l’ajout d’un acide aminé comme la taurine est recommandé. Rappelons que cet acide aminé n’est pas le dangereux excitant pointé du doigt dans les boissons énergétiques, car celles-ci contiennent de fortes doses de caféine. Il est, au contraire, plutôt protecteur par sa fonction myorelaxante.

Enfin, en cas de fatigue, ces éléments ne suffiront pas. Pour produire de l’énergie, les mitochondries au sein de chaque cellule doivent disposer d’un ensemble de cofacteurs pour réaliser le cycle de Krebs. C’est notamment pour cette raison qu’on y associe un groupe de vitamines du groupe B.

Un complément alimentaire 
bien choisi est un allié de taille

L’inégalable meilleure recette de prévention et de santé qui soit, pour la plupart des individus est la suivante : l’équilibre et la diversité de l’assiette, un bon sommeil, une bonne prise en charge des émotions et du stress et une activité physique adaptée et régulière. Mais lorsqu’une carence est suspectée et difficile à prendre en charge, par exemple, ou qu’une étape de la vie demande plus de ressources, le complément alimentaire demeure un allié de taille, s’il est de bonne qualité, judicieusement sélectionné et bien utilisé. Rappelons que le thérapeute joue un rôle incontestable dans cette approche. Si choisir son complément alimentaire peut représenter un réel challenge, il convient de revaloriser son usage pour optimiser bien des fonctions organiques.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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