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Alzheimer : quel diagnostic ? (II)

Article paru dans le journal nº 61 Acheter ce numéro
  • Alzheimer : quel diagnostic ? (II)

Oublier ses clés, un anniversaire, une course une fois de temps en temps… ou faire preuve d'une mémoire vaccillante des faits récents ? Voici quelques éléments pour dicerner ce qui arrive à tout le monde de ce qui nécessite des examens approfondis et une prise en charge rapide. Pris suffisemment tôt, les premiers symptômes de la maladie peuvent être contrecarrés.

Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer ne nécessite pas de nombreux examens compliqués. Pour les personnes concernées par des troubles de la mémoire, tout commence en général par une consultation chez le médecin traitant puis auprès d’un neurologue ou d’un gériatre.

Le vieillissement altère très progressivement les facultés mnésiques et il arrive que les difficultés d’un sujet soient anciennes, remontant parfois à plusieurs années. Cette antériorité de la « plainte mnésique » peut sembler rassurante et laisser supposer qu’il n’existe pas d’évolution. Le sujet peut même avoir toujours été confronté à cette difficulté, depuis son enfance. Mais, si la tendance était, auparavant, de minimiser la signification des plaintes mnésiques associées à un bilan normal, il est maintenant admis que ces problèmes ne doivent plus être négligés.

Répétition de trous de mémoire

Une étude publiée durant l’année 2014 dans le journal Neurology a confirmé cette donnée, en montrant un risque accru de voir une pathologie neurodégénérative s’installer neuf à douze ans après les premières plaintes mnésiques. D’autres travaux avaient déjà suggéré que la maladie d’Alzheimer pouvait débuter bien avant l’apparition des premiers signes, les lésions initiales précédant parfois de vingt ans la symptomatologie classique. Ces études ont fait prendre conscience de la nécessité de mettre en œuvre des actions préventives visant à préserver les capacités cérébrales aussi tôt que possible pour espérer un effet positif sur le fonctionnement cognitif après 60 ans. Le message est clair : le maintien des facultés du cerveau sera d’autant plus efficient si l’on s’en occupe précocement au cours de l’âge adulte.

Alzheimer ou non ?

Il arrive à tout un chacun, en particulier en période de stress, d’oublier une course, d’égarer un objet ou d’hésiter sur une date de rendez-vous. Mais il est moins fréquent de ne pas se rappeler d’une grande fête familiale ou du contenu d’un entretien professionnel important. N’avoir aucun souvenir d’un évènement conséquent survenu récemment (tremblement de terre, guerre, attentat, crash aérien, élection présidentielle…) et repris par les médias plusieurs jours durant est également rare. Si cela arrive, cela doit vous alerter.

Il est classique de dire qu’au cours du vieillissement, la mémoire des faits anciens est conservée alors que celle des faits récents s’altère. Un tel phénomène s’observe aussi au début de maladies neurologiques telle Alzheimer. En revanche, un faible niveau de conscience des oublis ou, à l’extrême, une inconscience complète du problème sont inquiétants, car ils signent une pathologie déjà installée. Ainsi, l’absence de plainte mnésique d’un sujet est un point d’alerte pour le médecin quand un membre de sa famille, présent lors de la consultation, insiste sur la fréquence des oublis dans la vie courante. Quand on oublie qu’on oublie, c’est que la maladie est déjà là.

Les oublis constituent l’emblème de la maladie d’Alzheimer. Cependant, beaucoup d’autres symptômes peuvent survenir, qu’ils fassent partie de cette maladie ou qu’ils révèlent une autre pathologie neurodégénérative. Les manifestations sont variées, mais toutes doivent vous alerter : il peut s’agir de troubles du langage, souvent caractérisés par une difficulté à trouver le mot juste ou à construire ses phrases correctement, une incapacité à se concentrer, même quelques secondes, sur une lecture, des hésitations pour se repérer dans des lieux pourtant connus, une impossibilité à réaliser certaines tâches comme téléphoner, gérer ses médicaments, ses papiers ou ses denrées alimentaires.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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