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Trois causes à la maladie, donc trois types d’Alzheimer (IV)

Article paru dans le journal nº 61 Acheter ce numéro
  • Trois causes à la maladie, donc trois types d’Alzheimer (IV)

Les hypothèses qui ont conduit à l’élaboration du protocole ReCode se fondent sur une triple origine possible du dérèglement neurologique et sur les facteurs prédisposant à la surproduction de plaques d’amyloïdes.

Chaque type d’Alzheimer nécessite une approche globale différente. Le Dr Dale et son équipe ont constaté qu’au moins 36 facteurs différents contribuent à cette maladie complexe, et qu’ils doivent tous être traités (ou au moins le plus grand nombre) pour obtenir une inversion du processus de dégénérescence.

Au final, l’approche thérapeutique se fait sur mesure, en fonction de chaque patient. Les 36 facteurs identifiés se répartissent en trois grandes catégories  :

- L’inflammation

- Les carences en nutriments

- L’exposition à des toxiques.

La classification du Dr Bredesen se présente ainsi : Alzheimer de type 1 (inflammatoire), de type 2 (atrophique), et de type 3 (toxique).

Le type 1 – Inflammatoire

Ce type d’Alzheimer survient chez les personnes qui portent une ou deux copies du gène ApoE4. Posséder une copie représente 30 % de risque de déclencher la maladie ; avoir deux copies, 50 %. Cette forme d’Alzheimer, qui peut débuter dans la cinquantaine ou la soixantaine, se caractérise par de nombreux marqueurs inflammatoires comme le facteur de nécrose tumorale et la protéine C-réactive. Heureusement, c’est aussi le sous-type qui répond le plus rapidement au protocole. Mais pourquoi ce gène particulièrement ?

Il y a environ 5 à 7 millions d’années, le génome d’un de nos ancêtres a subi et conservé des mutations favorisant l’inflammation. Une fois nos ancêtres descendus des arbres dans la savane, ils ont pu être exposés à davantage de piqûres sur les pieds, de coupures, d’infections… La rapidité de déclenchement des réactions inflammatoires est alors devenue un avantage. Mais, ce qui sauve des infections et permet la cicatrisation favorise aussi, avec le temps, l’inflammation. Et provoque alors un certain nombre de maladies, notamment certains types de maladies cardiaques, cancéreuses et d’Alzheimer.

Aujourd’hui, nous avons basculé dans un tel mode de vie pro-inflammatoire en ce qui concerne l’alimentation, la pollution, le surpoids et la sédentarité, que le gène ApoE4 est surstimulé. D’autre part, pour des raisons mal comprises, les taux d’inflammation sont plus élevés chez les femmes, ce qui contribue probablement à leur risque accru de contracter le type 1.

Le type 2 – Atrophique

« Atrophique » signifie le dépérissement, l’absence de croissance ou la perte de tissu. Ce type d’Alzheimer se rencontre chez les porteurs d’ApoE4, mais Bredesen souligne que les malades de type 2, qui présentent également des problèmes de mémoire, ont en moyenne dix ans de plus que ceux du type 1 et ne montrent pas de marqueurs inflammatoires. Ils subissent plutôt une maladie d’absence, puisqu’ils n’ont plus de substances chimiques de soutien pour maintenir les connexions dans le cerveau, et que leurs niveaux d’hormones, notamment thyroïdiennes et surrénales, mais aussi d’œstrogènes, de progestérone et de testostérone peuvent être faibles. Ils peuvent aussi présenter une faible teneur en vitamine D, une résistance à l’insuline et une forte homocystéine. Ils répondent plus lentement au protocole. Dans les deux tiers des cas, ce type d’Alzheimer concerne des femmes, et ce n’est pas simplement parce qu’elles vivent plus longtemps : la production d’œstrogène, qui protège le cerveau, diminue avec l’âge.

Parfois, les personnes atteintes d’Alzheimer auront à la fois les types 1 et 2 : porteurs de l’ApoE4, ils montreront des marqueurs inflammatoires de type 1 et des taux d’hormones de type 2, faibles. Bredesen a identifié une combinaison appelée le type 1a, dite « douce » parce que les taux de glucose et d’insuline y sont très élevés. L’insuline est normalement une molécule neurotrophique qui aide à la croissance et au développement du cerveau. Mais, dans le cas de la résistance à l’insuline, les personnes réagissant mal à leur insuline développent les caractéristiques de type atrophique.

À savoir

Dans les deux types décrits ci-dessus (inflammatoire et atrophique), les facteurs identifiés constituent une très grande agression envers le cerveau. Du moins, le cerveau le comprend comme tel, et se met alors à se défendre en suréliminant activement les synapses ou les connexions entre les cellules, réduisant ainsi sa taille tout en protégeant les zones vitales à la survie. C’est ainsi que des zones du cerveau, comme celle de la respiration, sont moins endommagées que d’autres.

Le type 3 – Toxique

Ce type se retrouve chez les personnes issues de familles sans Alzheimer. Ils ont tendance à présenter un gène commun, ApoE4. Ces patients ont des niveaux élevés de produits chimiques dans l’organisme tel que le mercure, par exemple. Parfois, les toxiques sont des mycotoxines produites par les moisissures. Or le mercure peut être éliminé par un agent chélateur.

En outre, le Dr Bredesen a identifié dans la littérature scientifique des cas anecdotiques de patients atteints de la maladie d’Alzheimer auxquels le fait de retirer leurs amalgames dentaires a été suivi d’améliorations de leur état. Ces cas n’ont pas été pris au sérieux par la médecine traditionnelle, mais peut-être auraient-ils dû l’être.

Notre environnement quotidien nous expose à avaler, inhaler et être en contact au quotidien avec des substances toxiques de type métaux lourds, ou à des substances d’origine naturelle comme les mycotoxines qui, chez certaines personnes, vont dépasser un seuil de tolérance et finir par déclencher le phénomène de sape du cerveau.

À savoir

Il existe d’autres démences de type Alzheimer, liées à des problèmes de vaisseaux sanguins par exemple, comme la démence vasculaire. Des lésions cérébrales traumatiques répétées peuvent prédisposer au déclenchement de la maladie. Pour le Dr Bredesen, nous sommes beaucoup trop désinvoltes au sujet des commotions cérébrales et des dommages cumulatifs qu’elles peuvent causer.

En pratique : privilégier certaines analyses

À Courbevoie, lorsque le Dr Aranda reçoit un patient, il débute par une série d’analyses pour identifier à quel type de la maladie appartient ce dernier. Mais le médecin concède que « chercher les 36 facteurs identifiés par le Dr Bredesen est trop long, compliqué et cher ». Il assure obtenir les mêmes résultats en se limitant à des analyses sur 14 facteurs : la glycémie et l’insulinémie, le cortisol, les hormones sexuelles masculines et féminines, les vitamines E, C, D, B9, B12, l’homocystéine, les antioxydants comme le zinc, le CoQ10, le glutathion, la superoxyde dismutase, les acides gras polyinsaturés oméga 3 et 6, le niveau des cytokines et les facteurs de croissance.

Si certains des 36 facteurs tels que la résistance à l’insuline, les carences hormonales, l’inflammation pathologique, les hormones, les facteurs trophiques, le métabolisme du glucose, les médiateurs inflammatoires, le statut génétique d’ApoE ou les facteurs liés à l’exercice sont familiers des médecins, d’autres ne le sont pas, car ils proviennent de la recherche fondamentale en neurosciences.

Le Dr Aranda précise : « Rechercher des taux et marqueurs clés permet de connaître les facteurs déclencheurs pour son propre cas, donc de s’en éloigner au quotidien et de les corriger. Ce qui a évidemment une incidence sur l’aggravation de la maladie, sa lenteur ou sa rapidité d’évolution. Mais, sachant que le protocole est le même pour les trois types d’Alzheimer, cela ne sert pas plus que ça de dépenser beaucoup d’argent pour tout identifier. Comme vous l’imaginez, la plupart des tests et analyses recommandés ne sont pas remboursés. »


 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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