Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous

MALADIES DU SANG :
une infinité d'affections, parfois bénignes

Article paru dans le journal nº 14 Acheter ce numéro

Les maladies sanguines regroupent une infinité d’affections qui ne touchent le plus souvent qu’une des trois lignées sanguines, les globules rouges, les globules blancs ou les plaquettes. Les médecins préfèrent parler d’hémopathies car ce terme englobe non seulement les maladies qui affectent les cellules du sang, mais aussi celles qui concernent les organes qui produisent ces cellules, la moelle, les ganglions lymphatiques, la rate et les tissus lymphoïdes (intestinal, respiratoire…). Certaines sont bénignes comme nombre d’anémies. D’autres sont malignes et potentiellement mortelles, ce sont les leucémies aiguës et chroniques, les lymphomes, la maladie d’Hodgkin, les myélomes et autres maladies plus rares. D’autres enfin, sans posséder le caractère de gravité des secondes, n’en sont pas moins invalidantes : certaines formes d’anémie, l’hémophilie, etc.

Quelle que soit leur gravité, certaines de ces maladies peuvent être améliorées - parfois de façon très significatives - par l’adoption de solutions alternatives et complémentaires aux traitements officiels. Sans avoir la prétention d’en faire une liste exhaustive, nous en abordons, dans les différents articles de ce dossier, quelques-unes. Mais avant tout comprenons mieux le sang.

Le sang est le plus liquide de tous les tissus de notre corps. Malgré son aspect fluide, il n’en est pas moins épais car il renferme de très nombreuses cellules ainsi que de multiples substances aussi essentielles. Les cellules sont de trois types :

  • les globules rouges ou hématies,
  • les globules blancs ou leucocytes,
  • les plaquettes ou thrombocytes qui, ensemble, représentent environ 45% du volume sanguin total.

Pour la plupart de ces cellules, leur présence dans le sang ne correspond qu’à la nécessité de leur transport depuis la moelle osseuse où elles ont été produites jusqu’au lieu où elles exercent les fonctions pour lesquelles elles ont été programmées.

Le liquide dans lequel baignent ces cellules est appelé plasma. Celui-ci contient notamment une substance qui coagule pour former un caillot quand existe un risque hémorragique.

Le sang, un tissu cellulaire des plus complexes

Les globules rouges sont les cellules du sang les plus nombreuses. Ils ont normalement la forme d’un disque creux en son centre. Ils ne comportent pas de noyau. Leur élasticité leur permet de circuler (ramper serait un terme plus exact !) dans les capillaires les plus fins dont le diamètre est inférieur au leur !... C’est ainsi qu’ils exercent leur  principale fonction qui est de transporter l’oxygène depuis les poumons vers les différents organes et le gaz carbonique fabriqué par les cellules jusqu’aux alvéoles pulmonaires où il est relâché dans l’air ambiant.

Par ailleurs, ils participent au maintien du pH dans la fourchette des valeurs physiologiques et ont une activité enzymatique (par la G6PD et la pyruvate kinase, respectivement essentielles à la production de glutathion et d’énergie) et immunologique

À la différence des hématies, les globules blancs ne forment pas une famille faite de cellules identiques, mais regroupent plusieurs familles dont la fonction est de défendre l’organisme contre tous les types d’agents agresseurs provenant du milieu extérieur (bactéries, virus, parasites, polluants chimiques…). Chacune de ces familles a une fonction bien spécifique :

  • Les polynucléaires (ou granulocytes) neutrophiles impliqués dans la défense antimicrobienne. Ce sont eux qui sont, par leur sacrifice, à l’origine de la production du pus.
  • Les polynucléaires éosinophiles engagés principalement dans la défense contre les parasites.
  • Les polynucléaires basophiles dont la stimulation provoque la libération d’histamine et l’induction de phénomènes allergiques et inflammatoires.
  • Les lymphocytes, essentiellement présents dans le système lymphatique, mais qui dans le sang sont présents sous trois formes :
  • Les lymphocytes B (fabriqués dans la moelle) qui produisent les anticorps et - pour certains d’entre eux seulement - conservent en mémoire la capacité de fabriquer ces anticorps particuliers.
  • Les lymphocytes T (T comme thymus car ils sont produits par le thymus) qui forment une classe composite chargée de coordonner la réponse immunitaire notamment au cours des infections microbiennes quand celles-ci pénètrent au coeur des cellules OU de détruite les cellules infectées par les virus.
  • Les lymphocytes T suppresseurs et les cellules NK (natural killers ou cellules tueuses) chargées d’éliminer les cellules en souffrance suite à une infection virale ou à une atteinte cancéreuse.
  • Les monocytes qui, outre la capacité de débarrasser le sang de certaines substances indésirables, possèdent la capacité de fixer certains autres éléments présentant un risque pathogène afin de les mettre en contact avec les lymphocytes T afin de procéder à leur élimination.

Quant aux plaquettes, ce sont des cellules dépourvues de noyaux, comme les globules rouges. Leur rôle est de prévenir et de stopper les hémorragies. Elles ne vivent guère plus d’une semaine.

Le plasma, pas seulement une voie fluviale

En plus de l’eau qui représente environ 92% de sa composition, le plasma renferme de nombreux éléments qu’il transporte d’un endroit à un autre : des électrolytes, des minéraux, des nutriments (glucides, lipides), des protides, des enzymes, des hormones et des produits de dégradation provenant du fonctionnement de nos différents organes (urée, créatinine, bilirubine, gaz carbonique)…

Les protides plasmatiques regroupent l’albumine et les globulines. Les globulines se divisent en protéines impliquées dans la régulation de la coagulation et les immunoglobulines (ou gammaglobulines) porteuses d’une grande partie de notre immunité vis-à-vis des agents infectieux.

Par ailleurs le plasma exerce d’autres fonctions :

  • Il participe à la régulation de la chaleur corporelle en l’absorbant et en la répartissant dans l’ensemble de l’organisme.
  • De même, il intervient dans le maintien de l’équilibre acido-basique.
  • Enfin, par son volume, il permet une tension artérielle suffisamment élevée pour que l’ensemble des organes soit irrigués de façon satisfaisante.

Sang et moelle, une relation à la vie, à la mort

Les cellules du sang sont produites au niveau de la moelle osseuse. Que cette production se tarisse (aplasie) et la vie s’arrête !

Jusqu’à l’âge de 5 ans, tous les os participent à cette tâche. Plus tard, ce sont essentiellement les os courts et plats qui assurent cette fonction (os iliaque, vertèbres, côtes et sternum).

Bilan sanguin, comment le lire ?

À la base, la NFS (numération de la formule sanguine) indique le nombre d’éléments figurés présents dans le sang, entendez par là le nombre des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes contenus dans un millimètre cube de sang. Chacun de ces éléments a un rôle essentiel dans notre organisme.

Globules rouges (hématies)

L’analyse sanguine donne d’abord le nombre de globules rouges (inférieur en moyenne chez la femme). Mais l’examen va surtout permettre d’étudier leur constitution avec :

  • Le dosage de l’hémoglobine (Hb), substance qui se trouve à l’intérieur de l’hématie. Le Hb est constitué de fer et sert au transport de l’oxygène. Sa baisse permet d’identifier une anémie.
  • L’hématocrite (Ht) est le rapport entre le volume des hématies et du sérum (liquide) du sang. L’hématocrite diminue lorsqu’il y a une anémie par saignement.
  • Le volume globulaire moyen (VGM) indique la taille moyenne des hématies. Le VGM est diminué en cas d’anémie par saignement par exemple, et augmenté lors d’intoxications (alcool, pollution…) ou de certaines carences en vitamines (vitamine B12, acide folique).
  • La concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine (CCMH) indique la concentration en hémoglobine présente dans le globule rouge. Elle permet de déterminer la cause des anémies.

Globules blancs (leucocytes)

Un nombre supérieur à la normale ou en augmentation évoquera une infection souvent bactérienne, une baisse peut orienter vers une insuffisance immunitaire ou certaines infections virales. Il existe cinq catégories de globules blancs qui jouent chacune un rôle particulier contre les infections :

  • Les polynucléaires neutrophiles représentent normalement 45 à 70 % du nombre total des leucocytes. Leur nombre augmente en cas d’infection bactérienne.
  • Les polynucléaires éosinophiles représentent 1 à 3 % des leucocytes. Leur augmentation signale souvent une parasitose ou une allergie.
  • Les polynucléaires basophiles. Ils n’ont que peu de valeur pathologique.
  • Les lymphocytes représentent de 20 à 40 % des globules blancs. Ils augmentent lors de certaines infections, troubles hormonaux et autres. Leur baisse peut révéler une cause médicamenteuse, virale ou une maladie de sang (leucémie, moelle osseuse).
  • Les monocytes représentent de 2 à 8 % des leucocytes. Ils augmentent lors de certaines maladies infectieuses, parasitaires ou inflammatoires comme les leucémies.

Plaquettes (thrombocytes)

Ils ont un rôle important dans la coagulation du sang. Une baisse des plaquettes pourrait induire un défaut de coagulation du sang. Les modifications de leur taux, en plus ou en moins, se rencontrent lors de certains traitements ou de certaines maladies malignes.

Ce que votre médecin va lire

Sur une NFS, un médecin va d’abord regarder le nombre des trois principaux éléments du sang :

les globules rouges dont une baisse signalerait une anémie,
les globules blancs pour vérifier qu’il n’y a pas de signe pouvant évoquer une infection ou une allergie,
les plaquettes dont la baisse pourrait induire des troubles de la coagulation du sang.

Puis il affinera son analyse dans un deuxième temps. Il étudiera :

le taux d’hémoglobine surtout, puis le VGM pour recherche une anémie masquée ou une intoxication,
ensuite, les pourcentages anormaux des différents globules qui orienteront, selon les cas, vers telle ou telle pathologie infectieuse d’abord, mais aussi maladie de sang (leucémie, trouble de la moelle osseuse).

Ces résultats ne sont bien sûr que des indicateurs et doivent toujours être interprétés selon le contexte clinique de la personne.

Attention, les normales indiquées sur les papiers d’analyse ne sont valables que pour les adultes. Car ces valeurs sont différentes chez les enfants et varient avec l’âge.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous