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Dépression, anxiété et même bipolarité : la pollution en cause ?

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Article paru dans le journal nº 72

De plus en plus d’études mettent en évidence un lien entre l’exposition à la pollution atmosphérique et les troubles psy.

Article mis à jour le 18/05/2023 par Nihel Amarni

Alternative Santé a déjà mentionné une étude établissant un lien entre l'exposition à la pollution et le risque de troubles psychotiques chez l'adolescent. Plusieurs études viennent renforcer cette hypothèse d'un lien entre pollution et une variété de troubles psy.

En 2019, une équipe de chercheurs américains et danois a publié une étude dans laquelle ils ont testé l’association entre différents facteurs de qualité de vie (qualité de l’air, de l’eau, des sols, revenu moyen, densité de population, météo…) et la prévalence de certains troubles psychiatriques.

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Bipolarité, anxiété, dépression et pollution

Aux États-Unis, des chercheurs ont cartographié tous ces indices de qualité de vie à l’échelle des comtés et ont superposé à cette carte celle de la prévalence de certains troubles psychiatriques, constituée grâce aux données publiques de santé de 151 millions d’individus. Au Danemark, ils se sont basés sur les données du recensement national de 1,4 millions d’individus, et grâce à quatorze indicateurs de pollution de l’air.

Au terme de ces deux études parallèles, les chercheurs ont observé une corrélation troublante : plus le taux de pollution était élevé, plus le nombre de cas de bipolarité et de dépression l’était également. S’il apparaît que pollution de l’air et trouble bipolaire sont statistiquement étroitement liés, les chercheurs n’ont pas pu isoler de molécule potentiellement responsable en particulier (contrairement à l’étude précédemment citée sur les épisodes psychotiques qui désignait, elle, plus spécifiquement l’oxyde et le dioxyde d’azote).

Une autre étude, parue fin septembre, révèle une association possible entre exposition à court terme à une pollution atmosphérique et augmentation des troubles psychiatriques comme l’anxiété et les pensées suicidaires chez les enfants. Une équipe de chercheurs américains a mis en évidence, après quatre ans de collecte de données, une hausse notable du nombre d’admissions aux urgences psychiatriques de l'hôpital pour enfants de Cincinnati, dans l’Ohio, dans les jours suivant un pic de pollution aux particules fines dans l’air extérieur. Les troubles les plus en hausse étaient les troubles de l’adaptation, l’anxiété et les pensées suicidaires, et touchaient comparativement plus les enfants issus des zones les plus défavorisées.

Malgré ces étonnantes corrélations, les résultats restent strictement observationnels et ne permettent pas, à ce stade.  Dans le cas de troubles psychologiques complexes et multifactoriels, l’isolation de telle ou telle variable déterminante reste une gageure. Il n’empêche : ces résultats convergents sont un appel à des recherches plus poussées sur ce qui pourrait être – ou devenir – un réel problème de santé publique.

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L'exposition à la pollution, en cause dans les démences ?

En 2017 une grosse étude observationnelle conduite au Canada avait mis en évidence le lien entre le fait de vivre à proximité d’un axe routier et le risque de développer une forme de démence. Une méta-analyse américaine publiée en 2023 observe quant à elle plus spécifiquement un lien statistique entre l'exposition aux particules fines (PM2 à 5) et la survenue de démence. Les chercheurs de l’école de santé publique T.H. Chan de l’université d’Harvard en charge de l’étude précisent que ce lien existe y compris lorsque l'exposition annuelle aux particules fines des personnes est inférieure aux normes annuelles considérées comme à risque par l'EPA (United States Environmental Protection Agency), à savoir 12 microgrammes par mètre cube d'air (μg/m3). Pour rappel, les normes françaises sont fixées quant à elles à 20 µg/m³ en moyenne annuelle. Or, l’équipe scientifique a pu constater que chaque augmentation de 2 μg/m3 de l'exposition annuelle moyenne aux particules fines se traduit statistiquement par une augmentation de 17 % du risque de développer une démence. Ils ont également trouvé des éléments suggérant des associations entre la démence et l'inhalation d’oxyde d'azote (5 % d'augmentation du risque pour chaque 10 μg/m3 d'augmentation de l'exposition annuelle) et de dioxyde d'azote (2 % d'augmentation du risque pour chaque 10 μg/m3 d'augmentation de l'exposition annuelle).

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En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé


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