Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous

Bipolarité, dépression, anxiété : la pollution en cause ?

Article paru dans le journal nº 72 Acheter ce numéro
  • Enfants exposés à la pollutionEnfants exposés à la pollution

Selon de récentes études, la pollution atmosphérique et certains troubles psychiatriques comme l’anxiété, la dépression et la bipolarité pourraient être liés.

Alternative Santé a déjà mentionné une étude établissant un lien entre le fait d’habiter à proximité d’un axe routier et le risque de développer une forme de démence, et une autre évoquant un lien entre exposition à la pollution et risque de troubles psychotiques chez l'adolescent. Deux récentes études viennent s’ajouter à ces précédents résultats et ce, aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant.

Cet été, une équipe de chercheurs américains et danois a publié une étude dans laquelle ils comparent différents facteurs (qualité de l’air, de l’eau, de la terre, revenu moyen, densité de population, météo…) à la prévalence de certains troubles psychiatriques. Aux Etats-Unis, ils ont cartographié tous les facteurs observés à l’échelle des comtés, puis ils ont analysé les informations de 151 millions d’individus issues de bases de données d’assurances maladie. Ces informations ont permis aux chercheurs de connaître le nombre de personnes atteintes de plusieurs troubles psychiatriques, dont la bipolarité et la dépression.

Au Danemark, les chercheurs se sont basés sur les données de recensement national de 1,4 millions d’individus, et grâce à quatorze indicateurs de pollution de l’air, ils ont déterminé le niveau d’exposition de chaque individu. Au terme de cette étude, les chercheurs ont observé des corrélations troublantes dans les deux pays : plus le taux de pollution était élevé, plus le nombre de cas de bipolarité et de dépression l’était. Il apparaît ainsi que la pollution de l’air et le trouble bipolaire soit statistiquement étroitement liés. Cependant les chercheurs n’ont pas pu extraire de molécule en particulier, ils considèrent la pollution atmosphérique de manière globale et précisent que ces résultats ne permettent pas d’établir de lien de causalité.

Lire aussi Dépression : et si c’était la thyroïde ?

Une autre étude parue fin septembre révèle une association possible entre exposition à court terme à une pollution atmosphérique et augmentation des troubles psychiatriques comme l’anxiété et les pensées suicidaires chez les enfants. Une équipe de chercheurs américains a analysé le nombre d’entrées enregistrées aux urgences psychiatriques de l'hôpital pour enfants de Cincinnati dans l’Ohio dans les jours suivant un pic de pollution. Pour quantifier la pollution, les chercheurs ont pris en compte le taux de particules fines, connues sous le nom de PM2,5, dans l’air extérieur.

En examinant des données collectées pendant quatre ans, les chercheurs ont observé un plus grand nombre d’entrées aux urgences psychiatriques dans les deux jours suivant le pic de pollution. Plus spécifiquement, le nombre d’entrées liées à des troubles de l’adaptation et des pensées suicidaires était significativement plus élevé. Les chercheurs ont également constaté une différence notable selon le milieu social d’origine des enfants. Les enfants issus de zones les plus défavorisées seraient ainsi plus sensibles aux effets psychiatriques de ces pics de pollution, notamment à l’anxiété et aux pensées suicidaires.

Malgré ces étonnantes corrélations, les chercheurs ayant mené ces deux études indiquent que leurs résultats sont strictement observationnels et ne permettent pas de conclure à un lien de causalité à ce stade. D’autres études n'avaient-elles pas, quant à elles, mis en évidence une inexplicable corrélation entre intensité des troubles psychiatriques et cycles lunaires ? Dans le cas de troubles psychologiques complexes et multifactoriels, l’isolation de telle ou telle variable déterminante reste une gageure. Il n’empêche : ces résultats convergents sont un appel à des recherches plus poussées sur ce qui pourrait être - ou devenir - un réel problème de santé publique.

Sources

« Pediatric Psychiatric Emergency Department Utilization and Fine Particulate Matter: A Case-Crossover Study », Environmental Health Perspective, sept 2019

« Environmental pollution is associated with increased risk of psychiatric disorders in the US and Denmark », PLOS Biology, août 2019.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique pollution anxiété dépression bipolarité

Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous