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Et pourtant l’air n’était pas si pur...

Article paru dans le journal nº 81 Acheter ce numéro
  • En 2008 à Paris, le trafic routier représentait 31% des émissions de gaz à effet de serre.En 2008 à Paris, le trafic routier représentait 31% des émissions de gaz à effet de serre.

Habitant Paris, j’étais certain qu’avec le confinement et la diminution brutale de la circulation, j’allais enfin respirer un air pur. D’autant qu’avec la ribambelle de volatiles qui chantait à tue-tête à 6 heures du matin, et le silence retrouvé, on se serait cru à s’y méprendre dans une sympathique bourgade de France un lendemain de nouvel an. Mais il n’en a rien été. C’est ce que révèle un article de la nouvelle revue Transitions & énergies, monté par Eric Leser, ancien journaliste du Monde et l’un des fondateurs du site d’information Slate.fr.

En comparant les graphiques de la qualité de l’air publiés par Airparif pour les mois de février à avril de cette année avec ceux de l’année dernière, on ne constate bizarrement ni amélioration ni même différence. Pire, la fin mars, on constate un pic de pollution atmosphérique. Comment expliquer cette absence de différence, alors même que la Mairie de Paris fait de l’automobile, l’ennemie n° 1 de la ville et de son écologie ? Par le fait que la question de la pollution atmosphérique dans les grandes villes est, comme le rappelle l’article, bien plus complexe qu’on ne le pense. Je me souviens avoir lu un article lors du premier Grenelle de l’environnement en 2007-2008 qui illustrait clairement la répartition des émissions de gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O) à Paris. Et, contre toute attente, le trafic routier à Paris représentait 31 % (certes !) contre… 55 % pour le secteur résidentiel. Et ce pourcentage chute à 25 % en y incluant pourtant les stations-service quand on prend les données de toute l’Ile-de-France. Venaient se greffer les gaz à effet de serre émis par l’agriculture (8 %), les industries manufacturières (9 %), le traitement des déchets (8 %). Le secteur résidentiel restait sur la première marche avec 40 %. Densité de population, nombreux commerces et services, chauffage urbain, consommation d’énergie sont autant de sources d’émissions de gaz à effet de serre qui hissent à la première place des pollueurs ce secteur.

Il ne s’agit pas ici de minimiser l’impact délétère de l’automobile et du trafic routier sur la qualité de l’air. Il est évidemment émetteur de dioxyde de carbone, d’azote, de particules fines. Mais ce secteur ne représente qu’une partie des sources de pollution avec le chauffage, l’industrie et l’agriculture. D’autant que les particules fines se déplacent sur des centaines, voire des milliers de kilomètres. Et comme le souligne l’article de la revue Transitions & énergies, ce n’est pas en stigmatisant, comme c’est le cas, l’automobile, en passant sous silence les autres, que l’on pourra véritablement assurer l’amélioration de la qualité de l’air et garantir la santé des plus fragiles.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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