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Lactobacillus reuteri : les nouvelles promesses d’un probiotique bien connu

Article paru dans le journal nº 52 Acheter ce numéro
  • Des micro-organismes lactobacillus Reuteri colonisent l'intestinDes micro-organismes lactobacillus Reuteri colonisent l'intestin

Lactobacillus reuteri compte parmi les premières souches à coloniser le tractus digestif du nouveau né. Isolé dans le lait maternel, ce micro-organisme des origines joue en réalité un rôle clé dans la santé tout au long de la vie, comme le montrent les dernières études. Bien-être intestinal, fertilité, santé cardio-vasculaire, densité osseuse : zoom sur le potentiel large spectre d'une bactérie qui évolue avec nous.

Chaque jour apporte son lot de découvertes sur les bienfaits physiques et psychologiques des micro-organismes peuplant l'intestin. Et chaque souche particulière de probiotique semble apporter son intérêt propre, sa pierre à l'édifice de notre santé. Dernièrement, Lactobacillus reuteri fait parler d'elle dans le traitement du cancer du côlon. La bactérie lactique concentre les espoirs, comme en témoigne une équipe de chercheurs de l'Hôpital pour Enfants de Houston, au Texas. Partis du constat que les personnes souffrant de cancers du côlon présentaient généralement un déficit en HDC, l'enzyme qui fabrique de l'histamine, anti-inflammatoire naturel, ils ont administré la bactérie L. reuteri à un groupe de souris malades. Résultats : des marqueurs d'inflammation plus bas, une moindre absorption du glucose – ce carburant à tumeurs – et des cellules cancéreuses plus petites et moins nombreuses.

L. reuteri produit une substance anti-microbienne au contact du tractus digestif, éliminant les pathogènes gastro-intestinaux et stimulant l'immunité et la lutte contre les infections. Son action, qui a fait l'objet de plus de 90 études cliniques, dépasse la sphère digestive et pourrait bien ouvrir une nouvelle ère en matière de prévention globale, tout au long de la vie.

Une bonne bactérie dans le lait maternel

Naturellement présente dans le tractus gastro-intestinal et la cavité buccale et vaginale de l'être humain, L. reuteri a aussi été isolée dans le lait maternel. Lors de l'allaitement, elle a un effet positif sur la constitution du microbiote du nourrisson. Immédiatement après la naissance, l’intestin du nouveau-né est colonisé par des staphylocoques, streptocoques, entérocoques et entérobactéries puis par des bactéries anaérobies, à partir du deuxième jour de vie. Parmi elles, les bifidobactéries et les lactobacilles. La flore évolue ensuite rapidement sous l’influence de l’alimentation et de facteurs d'hygiène. On note que la prématurité et le recours à la césarienne peuvent retarder l’installation des bactéries bénéfiques au profit des bactéries pathogènes.

Colique du nourrisson : des symptômes spectaculaires enfin soulagés

La colique du nourrisson touche environ 30% des bébés âgés de moins de 4 mois. Elle se défini par des crises de pleurs paroxystiques inconsolables. En cause : une immaturité transitoire du système digestif. Chez le bébé souffrant de coliques, on enregistre un taux plus bas de lactobacilles et une quantité anormalement élevée de bactéries pathogènes, entraînant un inconfort viscéral douloureux et des perturbations de la tolérance orale.

L. reuteri a la propriété de se fixer à l’épithélium intestinal et de coloniser la muqueuse. Concrètement, il déplace les agents pathogènes et les remplace. Conséquences : la motilité digestive s'améliore ainsi que la fonction intestinale, ce qui réduit les douleurs, les régurgitations, les diarrhées et les temps de pleurs, un dernier bénéfice non négligeable sur la qualité de vie du foyer. L. reuteri est sans effet secondaire et sans danger pour les bébés prématurés.

 

Alimentation moderne et obésité : vers la fin d'une fatalité ?

En 2013, le MIT a publié les résultat d'une étude menée sur des souris nourries au fast food et complémentées en L. reuteri dont le poids avait baissé en dépit d'une alimentation riche. Le mécanisme de compensation semble se situer au niveau des cytokines, ces substances de «  signalisation », essentielles à la communication des cellules. En stimulant la production d'interleukine 10, une cytokine qui module le nombre de cellules intervenant dans la réponse immunitaire, le probiotique réduirait la synthèse des interleukines 6 et 17, pro-inflammatoires.

La prise orale de L. reuteri serait donc suffisante pour agir sur le caractère inflammatoire des cellules, freinant le développement de la graisse abdominale et hépatique. Si une alimentation limitant le gras, le salé et le sucré reste de mise, il est intéressant de noter que L. reuteri permet une balance dès le niveau cellulaire, en organisant le traitement des informations pro et anti-inflammatoires.

Testostérone, pas qu'une question de libido : attention aux os

Les hommes à partir de 65 ans sont les plus touchés par un déséquilibre de testostérone, cette hormone sexuelle mâle qui joue un rôle majeur dans la santé et le bien-être sexuel. Un faible taux de testostérone provoque des troubles de l'humeur, une spermatogenèse réduite, des fonctions sexuelles affaiblies, une surcharge pondérale et une fonte musculaire. Il s'accompagne de signes du vieillissement : fatigue, dysfonctionnements cognitifs, faiblesse de la densité osseuse. A ce titre, l'ostéoporose qui touche principalement les femmes ménopausées, est imputable aussi à une carence en œstrogènes. Taux d'hormones sexuelles et inflammation sont donc particulièrement liés.

Les souris du MIT, nourries à la mal-bouffe et ayant reçu des doses de L. reuteri, affichaient, en plus d'un poids stable, un taux de testostérone circulant plus important que celles n'ayant pas bénéficié d'une supplémentation. Là encore, les chercheurs supposent que c'est la désactivation du message pro-inflammatoire qui assure la production de testostérone. Ces résultats fournissent des alternatives naturelles dans la prévention de l'hypogonadisme masculin, responsable de problèmes d'impuissance et de stérilité.

Les intestins, barrière au cholestérol

L. reuteri produit une enzyme, la BSH (hydrolase des sels biliaires). Pour être absorbé, le cholestérol, comme toutes les graisses, a besoin d’acides biliaires qui vont agir comme des réservoirs. La prise de L. reuteri augmente l’excrétion du cholestérol via les selles, en rompant les liaisons chimiques des acides biliaires conjugués et en limitant la réabsorption du cholestérol au niveau intestinal.

Des études cliniques réalisées en double-aveugle chez des sujets hypercholestérolémiques ont démontré que L. reuteri entraînait, en seulement 6 à 9 semaines, une chute du cholestérol total et du LDL-cholestérol mais aussi de l’apo-B-100, qui derrière son nom complexe cache un indicateur de la taille des lipoprotéines LDL, donc un précieux témoin du risque cardio-vasculaire.

Elles ont également fait état d'une réduction notable de la CRP (C-réactive protéine), un marqueur de l’inflammation ainsi que du taux de fibrinogène, impliqué dans la formation de caillots sanguins. Ces réductions importantes  s'accompagnent du maintien du HDL-cholestérol, considéré comme le « bon cholestérol » et de la vitamine D, capitale au système cardio-vasculaire et à la solidité des os.

 

Carnet d’adresses

Lactobacillus Reuteri : pour l'instant, disponible en pharmacie quasi-uniquement sous forme de liquide pour les nourrissons, cette souche probiotique est néanmoins disponible sous forme de capsules pour adultes ici

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com
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