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Probiotiques : une future révolution dans la prévention et le traitement du cancer du côlon ?

Article paru dans le journal nº 50 Acheter ce numéro
  • Changer d’alimentation pourrait suffire à  prévenir le cancer du côlon, et rééquilibrer sa flore intestinale pourrait faire partie des nouvelles stratégies thérapeutiques pour en stopper la progression.Changer d’alimentation pourrait suffire à prévenir le cancer du côlon, et rééquilibrer sa flore intestinale pourrait faire partie des nouvelles stratégies thérapeutiques pour en stopper la progression.

Problème majeur de santé publique, le cancer colorectal touche chaque année plus de 42 000 nouvelles personnes en France et est à l’origine de 12 000 décès par an (2e cause de mortalité par cancer). Changer d’alimentation pourrait suffire à le prévenir, et rééquilibrer sa flore intestinale pourrait faire partie des nouvelles stratégies thérapeutiques pour en stopper la progression.

Cancer du côlon et inflammation de la muqueuse intestinale étant corrélés, il n’est guère surprenant que le mélange complexe de bactéries et micro-organismes présents dans l’intestin (communément appelé microbiote ou flore intestinale) puisse influer sur le risque qu’une personne court de développer un cancer du côlon. Après tout, chaque souche probiotique a des intérêts spécifiques pour telle ou telle pathologie.

Dans cette optique, l’hôpital pour enfants du Texas a donc testé une approche innovante dans le traitement du cancer du côlon et publié ses résultats en septembre dernier. Les personnes souffrant de cancer du côlon sont souvent déficientes en HDC, une enzyme permettant la transformation de l’histidine en histamine, un anti-inflammatoire naturel du corps. Les chercheurs ont donc testé sur des souris en situation de cancer et d’inflammation l’administration orale d’un probiotique riche en HDC, Lactobacillus reuteri 6475, et à d’autres en même situation un placebo.

Après 15 semaines, les résultats ont montré chez les souris du groupe L. reuteri une plus grande production d’histamine, des marqueurs d’inflammation plus bas, une moindre absorption du glucose (un carburant des tumeurs cancéreuses), et des tumeurs cancéreuses à la fois plus petites et moins nombreuses. « Juste en introduisant de nouvelles bactéries intestinales qui apportent des substances manquantes, on pourrait réduire le risque de cancer et enrichir nos stratégies préventives », conclut M. Finegold, professeur de pathologie et d’immunologie au Collège de Médecine de Houston.

Étant donné la forte toxicité des traitements chimiothérapeutiques de référence dans le cancer colorectal, ce genre de nouvelle approche est extrêmement intéressant. Rappelons en effet que Lactobacillus reuteri est une famille de bactéries endogènes à l’écosystème intestinal humain et animal, par ailleurs utilisé depuis de nombreuses années comme un probiotique de référence dans la diarrhée du nourrisson.

Prévention : la réponse est avant tout dans l’assiette

L’American Institute for Cancer Research, qui s’intéresse au lien entre l'alimentation et le cancer, a analysé 99 études sur le cancer du côlon, portant sur plus de 29 millions de personnes. Les causes qu’ils identifient et les mesures préventives qu’ils préconisent sont simples et ont toutes à voir avec l’alimentation.

Une alimentation particulière et une modification du style de vie pourraient prévenir quasiment la moitié (47 %) des cancers colorectaux. C’est la conclusion de la méta-analyse conduite par l’American Institute for Cancer Research, dont les résultats ont été publiés en septembre dernier (1).

Parmi les deux principaux facteurs de risque alimentaires mis en évidence par cette recherche de grande ampleur, on trouve :

  • manger plus de 500 grammes de viande rouge par semaine
  • boire deux ou plus boissons alcoolisées par jour.

Si la consommation de charcuteries, bacon et autres hotdogs augmente le risque de cancer colorectal, d’autres aliments le diminuent au contraire. C’est le cas par exemple des céréales complètes, dont la consommation à hauteur de 90 grammes par jour diminue ce risque d’environ 17 %. Un bol d’avoine avec des fruits au petit-déjeuner, un mélange boulgour, quinoa, petits légumes à midi et un bol de riz au souper, et le tour est joué !

Les noix seraient également très efficaces, notamment pour éviter les récidives de cancer du côlon. Une étude présentée lors du Congrès de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology), le plus grand rassemblement de cancérologie au monde, propose de manger 2 à 3 poignées de noix par semaine. Ce régime a été testé sur 826 patients souffrant du cancer du côlon de stade III et traités par chimiothérapie ou chirurgie. Le risque de récidive a été réduit de 42 % chez ces mangeurs de noix, tandis que le risque de décès dû à leur pathologie a diminué de 57 %. Si les scientifiques ne savent pas expliquer cette corrélation, elle vaut manifestement la peine d’être explorée, en diversifiant les types de noix (amandes, noix de Grenoble, de cajou, de pécan, du Brésil, etc.). À noter : les cacahuètes ne semblent pas intéressantes de ce point de vue.

Bien que très répandu dans les pays industrialisés, le cancer du côlon n’est pas une fatalité. Un simple rééquilibrage alimentaire et une attention à votre écosystème intestinal peuvent vous aider à réduire les probabilités que vous soyez touché par cette maladie. Ceci ne vous dispense aucunement du dépistage, facteur majeur dans une prise en charge médicale efficace.

Références :

(1) American Institute for Cancer Research, 7 septembre 2017.

(2) American Journal of Pathology, 2017.

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com
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