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Comment traiter les acouphènes ? 

Article paru dans le journal nº 71 Acheter ce numéro
  • Il est essentiel de s'exposer à des sons non agressifsIl est essentiel de s'exposer à des sons non agressifs

Sifflement, bourdonnement, mais aussi hypersensibilité au bruit, pertes auditives… nos oreilles surexposées aux sons et aux bruits peuvent finir par « casser ». Les chiffres le montrent et avèrent que ce sont les plus jeunes qui sont les plus exposés. Si prévenir vaut toujours mieux que guérir, des solutions alternatives existent lorsque les acouphènes s’installent (Partie VI).

Si la victime d’un traumatisme sonore n’est pas allée aux urgences hospitalières ou consulter un ORL, que ces symptômes sont éprouvants voire insupportables, tout ce que la médecine pourra proposer, et ce n’est pas rien, c’est de permettre à la victime de vivre avec ses symptômes, tout comme on apprend à vivre avec un handicap.

La Tinnitus Retraining Therapy

C’est une technique dont le but est de faire en sorte que l’acouphène n’accapare plus toute l’attention du patient. Il s’agit donc de neutraliser l’acouphène en permettant au patient d’ignorer ce stimulus qui n’a ni importance ni signification.

Cette technique est basée sur deux actions. La première est caractérisée par une prise en charge thérapeutique et sociopsychologique du patient, ce que l’on appelle le « conseil ». Cette étape permet de dresser une étude poussée des problèmes auditifs du patient, mais surtout, de lui permettre de dédramatiser le symptôme et de révéler au patient que l’intensité de la souffrance trouve en partie son origine dans l’émotion négative que suscite l’acouphène. Tout sera mis en œuvre pour que d’un stimulus menaçant, l’acouphène redevienne ce qu’il est : un stimulus dénué de sens et de danger.

La seconde action consiste en une « thérapie par le bruit ». Grâce aux connaissances actuelles sur les acouphènes et sur l’hyperacousie, on sait que d’éviter le son est une grande erreur. Il est donc essentiel pour le patient qu’il s’expose à des bruits non agressifs. Pour mener à bien cette technique, c’est une équipe pluridisciplinaire, réunissant acupuncteur, psychologue ou psychothérapeute, ostéopathe, sophrologue, audioprothésiste qui entoure l’ORL, pour assurer une prise en charge du patient.

La Thérapie Comportementale Cognitive (TCC)

La thérapie comportementale cognitive est pratiquée par des psychiatres, des médecins généralistes, quelques très rares ORL et autres professionnels du secteur paramédical.

Elle suit un protocole précis, axé sur cinq phases. Une première phase d’identification du problème (en l’occurrence l’acouphène, l’hyperacousie, ou les deux symptômes associés). La ­deuxième phase consiste à identifier les « distorsions cognitives » (croyances en tout ou en rien, « magnification » du danger), et/ou les comportements inadaptés, comme le fait d’augmenter la perception de l’acouphène et/ou de l’hyperacousie. Une troisième phase porte sur l’identification des pensées et des comportements alternatifs (afin de réduire la perception de l’acouphène et/ou de l’hyperacousie). Une quatrième phase consiste à mettre au point des stratégies alternatives et d’entraînements de leur utilisation. Enfin, une cinquième phase a pour objectif de mesurer les progrès réalisés.

Pour travailler en profondeur, le praticien bénéficie de plusieurs techniques, comme la restructuration cognitive par la visualisation d’images positives relatives aux acouphènes, des stratégies de détournement de l’attention, des méthodes pour détruire les croyances négatives concernant leurs symptômes. Parce que chaque patient a sa propre histoire auditive, psychologique, émotionnelle, voire physique, il n’existe pas de programme type. Le praticien taille quasiment sur mesure un programme, en fonction de chaque patient.

La Thérapie sonore fonctionnelle (T.S.F.)

La thérapie sonore fonctionnelle est un traitement des acouphènes par l’utilisation de la protéodie. Contraction de protéine et de mélodie, on peut autrement désigner la protéodie par : la musique des protéines. Pour rappel, ces dernières sont des éléments clés dans le fonctionnement de notre organisme, constituant son matériau fondamental et essentiel et étant présentes dans chaque être vivant. Les protéines participent aussi bien à la construction qu’au bon fonctionnement métabolique. Il  n’est qu’à voir leur implication dans de nombreuses fonctions vitales (comme le transport de l’oxygène dans le sang, ou le renouvellement des tissus)  pour se convaincre de leur importance. Les protéines sont constituées d’acides aminés.

La théorie fondamentale du fondateur de la TSF, Joël Sternheimer, est qu’à chaque acide aminé correspond une « onde d’échelle », ladite onde d’échelle peut être transcrite en note de musique. Ces notes obtenues vont par la suite constituer des mélodies précises afin de stimuler ou d’inhiber la synthèse des différentes protéines. À titre d’exemple, la note inhibant le glutamate est le Fa, la note le stimulant est le La, pour le tryptophane, la note inhibition est le Do grave, la note stimulation le Ré aigu, ou encore pour la glycine, la note inhibition est le Fa aigu et la note stimulation est le La grave.

Dans le cadre du traitement des acouphènes, la TSF a pour postulat (et ambition) de modifier la perception des acouphènes en interférant directement sur les cellules de l’oreille interne et de zones comme le cortex interne, via les protéines, via les briques qui les constituent, à savoir donc les acides aminés. Dès lors, la stratégie thérapeutique – ambitieuse, mais offrant visiblement d’excellents résultats –  consiste à intervenir sur l’activité des voies nerveuses et autres zones du système nerveux qui sont impliquées dans la perception des acouphènes. Pour cela, la TSF se concentre sur la modulation de l’activité cellulaire en interférant sur le dosage de certains neuromédiateurs, neurotransmetteurs et cellules nerveuses impliquées dans la perception des  acouphènes.


En clair, les ondes émises dans l’oreille interne sont censées permettre de faire varier le degré de réactivité et d’excitation d’une cellule auditive. En conséquence, une diminution de l’activité nerveuse pourrait occasionner une moindre présence des symptômes acouphéniques.

L’hypnothérapie.


L’ hypnothérapie se révèle particulièrement efficace pour fracturer les résistances aux protocoles de soin que peuvent ériger les personnes souffrant sévèrement d’acouphènes. Il arrive fréquemment que lorsque les symptômes acouphéniques sont  très pénibles, leurs victimes abandonnent tout espoir. L’hypnothérapie présente aussi l’avantage, via des techniques comme la directive implicite de favoriser les changements de comportements et l’émergence de nouveaux modes de fonctionnement internes. À terme, le patient acouphénique peut espérer voir sa perception des acouphènes profondément modifiée.

La sophrologie


Cela fait de nombreuses années que l’efficacité de la sophrologie dans la prise en charge d’un patient acouphénique est reconnue, même par les ORL spécialisés dans le traitement de ces symptômes. La charge émotionnelle tempétueuse imputable à la perception des acouphènes, le bouleversement qu’ils occasionnent dans la vie de celles et ceux qui en souffrent sont très avantageusement traités par la sophrologie. Si la stratégie thérapeutique consiste à ne plus accorder autant d’importance à l’acouphène pour ne plus en souffrir profondément, alors la thérapie sophrologique ne présente que des intérêts dont le premier d’entre eux est de permettre au patient de détourner l’attention qu’il porte sur ses acouphènes par des techniques psychocorporelles et, avec le temps, de reprendre le contrôle sur les symptômes.

Quelles solutions naturelles en urgence


Un des traitements les plus utilisés et les plus plébiscités est basé sur une cure de Gingko biloba et de Coenzyme Q10 à fortes doses pendant 48 heures. Le gingko est à la fois un antioxydant et un régulateur de la circulation des capillaires. Dans le cadre des traumatismes sonores, il tient un rôle de vascularisation, en jouant sur la régulation de la microcirculation mise à mal par le traumatisme sonore. Le Coenzyme Q10 en tant qu'antioxydant majeur et de fait anti-inflammatoire, est capable de remettre en marche des fonctions des différents organites cellulaires touchées par le traumatisme. En complément, un remède floral du Dr Bach, Star of Bethlehem, peut être utilisé. Ce remède peut également être utilisé en cas de traumatisme sonore ancien, vieux de quelques années : la réussite n'est pas certaine, mais de nombreuses observations ont été faites, témoignant  d'amélioration d'acouphènes et/ou de l'acuité auditive après quelques mois de prise à raison de quatre prises par jour. De toute façon, ne pas dépasser neuf mois, qui semblent la limite d'efficacité. 

Cinq règles clés

- Prêter l’oreille aux signes de faiblesse. Surtout ne pas banaliser les premiers symptômes : les oreilles dans le coton, les sifflements passagers. Ces symptômes sont les signes d’un minitraumatisme sonore.

- Faites des pauses. Faire autant de pauses qu’il est possible pour que la cochlée et les cellules ciliées puissent se vasculariser.

- N’hésitez pas à consulter les urgences ou les ORL dès que vous avez un doute. Les victimes de traumatismes sonores sont quasiment unanimes pour affirmer qu’elles avaient le sentiment que les symptômes traumatiques étaient différents des autres. Si vous avez l’impression que vos symptômes ne sont pas comme d’habitude, n’attendez pas avant de consulter le service ORL d’un hôpital. Dans le meilleur des mondes, rendez-vous dans les six heures aux urgences, dans le pire, dans les soixante-douze heures.

- Il faut se protéger. Le meilleur traitement est la prévention, 
la meilleure prévention restant 
la protection. En somme, pour 
le son aussi, il faut sortir couvert. 
Il existe aujourd’hui d’excellentes protections auditives pour toutes les bourses.

- En cas de traumatismes sonores accompagnés d’acouphènes et d’hyperacousie, il ne faut pas éviter le son. Faire des pauses ne signifie pas éviter le son. Plus on évitera le son, plus l’oreille sera sensible. Faire des pauses, c’est juste éviter d’exposer ses oreilles à des niveaux sonores trop élevés.

 

En savoir plus

- France acouphènes

- Sifflements et bourdonnements d’oreilles, Martine Ohresser, éd. Odile Jacob, avril 2004.

- Association Agi-son

- Sophrologie

- Pour des traitements dédiés, l'Association francophone des équipes pluridisciplinaires en acouphénologie (Afrepa),

- La Journée nationale de l’audition

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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