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Algodystrophie : ce fantôme qui hante vos muscles

Article paru dans le journal nº 33 Acheter ce numéro
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L'algodystrophie arrive le plus souvent au retour d’une opération chirurgicale, ou après avoir porté un plâtre. Le muscle chauffe pour rien. On ne veut pas s’en soucier, on se dit que ça passera. Mais ça ne passe pas, l'algodystrophie empire jusqu’au point où l’on n’a plus le courage d’utiliser notre muscle, puis l’on se rend compte que c’est tout notre membre qui ne nous obéit plus. Et là, plus de retour en arrière possible... Comment traiter ce fantôme de traumatisme naturellement ? Voici nos conseils.

L’algodystrophie peut arriver à tout le monde, passé l’adolescence, même si elle est particulièrement prévalente chez les femmes (3 fois plus que chez les hommes). Elle peut aussi être le résultat de certaines prises de médicaments comme les barbituriques, ou d’une infection. Parfois même de la grossesse, concernant la hanche.

Remettre la machine en route

L’algodystrophie est une maladie des membres qui se situent autour des articulations : main, épaule, cheville, hanche, pied.

Elle se décline en deux phases : la première est chaude, la seconde est froide.

La phase chaude est caractérisée par un dysfonctionnement du système sympathique. C’est la partie du système nerveux qui fonctionne toute seule, notamment pour la digestion, la respiration, la circulation. Dans les membres, cela peut paraître anodin, mais ça ne l’est pas.

Car cela attente au reste du système nerveux, qui fonctionne en réseau. Votre membre ne réagit pas normalement aux réflexes, et peine à suivre les ordres que vous lui donnez. Le mal n’est pas immédiat, mais il y a comme un engourdissement. Le membre chauffe, transpire de lui-même, rougit. Le sang, appelé par les nerfs, afflue anormalement, faisant gonfler le membre, parfois jusqu’à causer un œdème.

En somme, votre membre est comme un morceau de bois gorgé de liquide et chauffé au soleil. Si vous n’y remédiez pas, il se tordra. Pas nécessairement beaucoup, mais assez pour ne plus jamais reprendre sa forme initiale – et il finira par lentement devenir un poids mort.

C’est exactement ce qui se passe pendant la phase froide. Là, après que le muscle se soit gorgé de sang et d’eau pendant plusieurs semaines, il commence à prendre une forme qui ne correspond plus à sa fonction. De l’engourdissement, il passe à la douleur. Puis le membre lentement durcit comme du bois, il se sclérose : perte des poils, ongles cassants, déminéralisation osseuse, peau lisse et terne, puis incapacité de mouvement.

Toutefois, l’algodystrophie n’a rien d’inéluctable. Elle peut même être soignée dans presque tous les cas. Mais il faut la combattre dès les premiers symptômes, et ne pas s’arrêter tant que le membre ne s’est pas totalement remis.

Retrouver le mouvement
en multipliant les approches

Prendre le problème par plusieurs côtés en même temps, c’est ce que l’on appelle la thérapie holistique. Elle donne, 90 à 95% du temps, de bons résultats. Plusieurs disciplines sont sollicitées : kinésithérapie – avec ionisation, ostéopathie, homéopathie et phytothérapie. Pour les cas les plus graves, il faut au moins 6 mois de traitements.

L’équipe de praticiens doit surveiller l’amélioration de la mobilité articulaire et de l’impotence fonctionnelle. L’ostéoporose étant l’une des conséquences de l’algodystrophie, c’est l’atténuation de la douleur à la percussion osseuse qui déterminera le rétablissement complet du membre.
Récupérer d’une algodystrophie, c’est long et handicapant. Voilà pourquoi un soutien psychologique est indispensable. Moins vous stresserez, plus votre organisme retrouvera une régularité fonctionnelle – vos articulations et vos membres suivront.

En externe : kinésithérapie et ostéopathie

La kinésithérapie doit être très douce, afin de ne pas brusquer le muscle plus qu’il ne l’est déjà. Dès le début de la phase froide, la chaleur douce viendra en complément.

L’ionisation consiste à faire pénétrer un produit actif dans les tissus cutanés par un courant galvanique, dont l’effet est antalgique et vasodilatateur. Cette physiothérapie donne de bons résultats et peut être mise en place rapidement, s’il n’y a pas de matériel métallique dans les os.

L’ionisation doit éviter de provoquer des brûlures électriques qui laissent des plaies atones et des cicatrices indélébiles. Il faut nettoyer la peau à la liqueur d’Hoffmann pour éliminer tout dépôt gras, et l’intensité doit être proportionnelle à la surface des éponges appliquées sur la peau. Pour être efficace, la séance doit durer au minimum 30 minutes et être répétée au moins trois fois par semaine.

Quant à l’ostéopathe, il a ici pour rôle d’éliminer les lésions mécaniques responsables des dysfonctionnements du système sympathique. Après un examen complet, le praticien veillera à rétablir la circulation des membres en agissant sur les zones vertébrales. Votre capacité de rétablissement dépend de la santé de vos os. Et ceux-ci sont très sensibles à votre forme physique et à votre régime alimentaire.

A ce titre, évitez les aliments acidifiants (produits laitiers et jus de fruits industriels, entre autres), le vélo, le renforcement musculaire, ainsi que la chaleur humide. Les bains et la piscine  sont recommandés, de même que les étirements doux indolores.

Parallèlement, voici le protocole de traitement naturel

  • Résorber l'oedème, s'il y en a un

En cas d'oedème algodystrophique,  prenez, en 3 prises par jour,  5 granules homéopathiques Arnica 4CH et de Belladona 4CH.

Lutter aussi contre l’inflammation avec des compléments alimentaires à base de cuivre et de cynorrhodon (2 gélules, trois fois par jour).

Le traitement doit être suivi jusqu’au dégonflement de l'oedème.

  • Faites un traitement anti-inflammatoire de fond

Prenez des oméga 3 et de la bromélaine gastro résistante, aussi longtemps que nécessaire.

  • Renforcez muscles, tendons et articulations

Pour renforcer les articulations : 2 gélules par jour pendant trois mois de glucosamine, contribueront à la reconstruction de votre cartilage et donc de vos articulations. A ce traitement, associez Silicéa en homéopathie, à raison de 3 granules matin, midi et soir, pendant 3 mois.

Faites également une cure de silicium organique, un ou deux mois à raison de deux bouchons doseur par jour.

De fortes doses de vitamine D, facilitant l’absorption du calcium par l’organisme, seront d’une aide précieuse.

Massez avec de l'huile de magnésium qui pénètrera précsisément ou vos tissus en ont besoin.

À ce protocole, ajoutez la prêle des champs (equisetum arvense). De toutes les plantes, c’est celle qui se nourrit le plus des minéraux dans le sol. Elle peut être prescrite en teinture mère, 20 à 50 gouttes deux fois par jour, ou en gélules.

Et pour aller encore plus loin : l'homéopathie

Du point de vue de l’homéopathe, le traitement de l’algodystrophie commence dès les premiers symptômes traumatiques : 5 granules, 7 CH, deux fois par jour :

  • Arnica, pour son action sur les traumatismes divers.
  • Bryonia, efficace sur l’inflammation des séreuses avec une tendance aux épanchements, et pour améliorer la situation par le repos.
  • Symphytum, qui est un remède des traumatismes osseux et des retards de consolidation.
  • Ruta graveolens, pour atténuer les sensations de meurtrissure, les douleurs osseuses, les raideurs des tendons, et les séquelles des entorses.

Quand l’algodystrophie est confirmée, complétez ainsi le traitement :

  • Calcarea phosphorica, 15 à 30 CH, 2 à 4 doses par mois, dans le cas d’une affection sévère.
  • Ruta et Symphytum, 7 CH, 5 granules deux à trois fois par jour.
  • Surrénales 7 CH, 3 ampoules par semaine. Ce traitement agit sur les surrénales, donc sur le stress et sur les glucocorticoïdes.

Si l’algodystrophie est ancienne et présente une fibrose importante :

  • Causticum 9 CH, 1 unidose par semaine


Bien des patients laissent empirer leur algodystrophie parce que les symptômes ne sont pas évidents. Ils croient que c’est une souffrance qui n’existe que dans leur tête, et quelques fois, de mauvais médecins arrivent en les en convaincre. Mais c’est une douleur bien réelle, qui peut être vaincue dès lors qu’on la prend en charge rapidement, pourvu que l’on s’arme de courage.

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Les traitements officiels de l'algodystrophie : peu convaincants


Les antalgiques et les anti-inflammatoires non-stéroïdiens sont généralement peu efficaces sur la douleur à caractère inflammatoire. L’aspect neuropathique (brûlures, décharges électriques...) bénéficie des médicaments à visée anti- douleur neuropathique, de type anti-épileptique (gabapentine, prégabaline) ou anti-dépresseur (amytriptyline, duloxétine).

Certains opioïdes sont en partie efficace sur les douleurs neuropathiques, notamment le tramadol et l’oxycodone.

La calcitonine a longtemps été employée pour un triple effet supposé : antiostéoclastique, antalgique et vaso-actif. Le manque d’effet scientifiquement validé, des effets cliniques imprévisibles et aléatoires et une tolérance générale médiocre (nausées, vomissements, vertiges, bouffées de chaleur) doivent faire abandonner cet agent. L’agence du médicament a supprimé depuis août 2004 la mention « algodystrophie » de l’AMM (autorisation de mise sur le marché) des diverses formes commercialisées de ce produit. La seule indication résiduelle serait préventive, chez les patients hémiplégiques après accident vasculaire cérébral , mais une seule étude a rapporté un résultat favorable après administration intramusculaire.

Les corticoïdes per os (prednisolone, méthylprednisolone), durant 15 jours puis à dose dégressive sont réputés efficaces dans les formes douloureuses de l'algodystrophie. Ils sont mis en place systématiquement dès le début du traitement. La corticothérapie locale sous formes d’infiltrations articulaires (genou..) ou canalaires (canal carpien, canal tarsien) n’est pas recommandée.

Les biphosphonates ont été proposés pour leur propriété d’inhibition de la résorption osseuse dans le but de lutter contre l’intense déminéralisation caractéristique de l’algodystrophie. Le pamidronate a été le plus largement étudié et s’est montré efficace, notamment à réduire les scores de douleur. L’alendronate (voie intraveineuse) et le clodronate (voie orale) ont également été évalués. A l’heure actuelle, on propose les biphosphonates en cas d’inefficacité des autres agents.

La kétamine n’a fait l’objet d’aucune étude contrôlée comme traitement de première intention. A l’inverse, un travail néerlandais récent propose cet agent après échec des autres thérapeutiques et rapporte des résultats favorables. Les patients inclus étaient porteurs d’une algodystrophie vieillie (7,2 ans en moyenne) et recevaient pendant 4 jours une perfusion continue de kétamine. Le résultat était favorable en matière d’antalgie, avec une réduction significative des scores de douleur, mais sans incidence sur les aspects fonctionnels.

 

Carnet d’adresse:

Oméga 3

Bromélaine gastro résistante

Glucosamine

Silicium organique

Vitamine D3

Huile de magnésium

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique Algodystrophie ostéopathie huile de magnésium

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