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Peut-on stopper le processus de dégénérescence ?

Article paru dans le journal nº 26 Acheter ce numéro

Bien qu’apparu relativement récemment, le concept de maladie neurodégénérative (MND) est aujourd’hui connu d’une grande part de la population des pays fortement industrialisés. Du fait qu’il regroupe une multitude de pathologies dont la caractéristique commune est une atteinte d’un nombre plus ou moins important de fonctions essentielles à une bonne qualité de vie, il véhicule le spectre d’une fin d’existence difficile si ce n’est atroce. Une peur renforcée par l’aveu même du corps médical et de son ignorance quant à la nature de certains facteurs responsables et du peu d’efficacité des traitements qu’il a actuellement à sa disposition.

En France, plus d’un million de personnes sont actuellement touchées par ce genre de pathologies, soit 1,5% de la population tous âges confondus. Selon le ministère de la santé, 850.000 d’entre elles souffriraient de la maladie d’Alzheimer (MA) ou d’une maladie apparentée, 150.000 de la maladie de Parkinson (MP) et 85.000 de la sclérose en plaques (SEP), les autres affections étant nettement plus rares.

Certaines caractéristiques communes expliquent ces faits catastrophiques.

  • La majorité des MND n’apparaît qu’à l’âge mûr, aussi leur impact de ne cesse-t-il de croître avec l’allongement de l’espérance de vie.
  • Les premiers signes ne sont pas spécifiques et se confondent avec les manifestations d’une perturbation passagère suite à une forme quelconque de stress d’intensité faible à moyenne et de durée courte à modérée. Ce n’est donc qu’à partir de la notion de leur persistance et de leur aggravation progressive qu’un bilan peut être véritablement envisagé.
  • Pire, ces mêmes signes n’apparaissent que lorsqu’un pourcentage important de l’ensemble des neurones auquel ils sont reliés est déjà fortement endommagé si ce n’est détruit !
  • Bien que toutes ces maladies conduisent à une détérioration profonde de l’état de santé, elles le font selon un processus propre à chacune en réponse à des facteurs de stress spécifiques et selon une certaine prédisposition génétique. Or, à ce jour, la science ne sait que très peu de choses sur ces trois éléments !
  • Enfin, toutes conduisent à une forme de dépendance dont les répercussions sur les proches prennent au fil du temps des proportions dramatiques en l’absence du soutien d’une équipe de soignants formés à cette tâche.

C’est pourquoi, même si, dans de nombreux pays, des crédits importants sont alloués à la recherche, aucun espoir de traitement capable de ralentir réellement le processus destructeur ne pointe encore à l’horizon des prochaines années.

Alors, si aujourd’hui on ne sait pas réellement soulager et encore moins guérir ce type de problèmes, est-il au moins possible d’en prévenir la survenue ?

Fort heureusement, de nombreuses pistes naturelles permettent d’envisager sérieusement que l’adoption d’une certaine hygiène de vie soit capable de se protéger efficacement. Ainsi, l’étude des innombrables bouleversements que l’être humain a fait et continue de faire subir à son environnement et à son mode de vie apporte un nombre important d’éléments de réponses à la question : « Pourquoi cette subite épidémie ? » De même, les résultats d’essais de substances naturelles éclaircissent l’horizon du futur prochain.

MND, un concept chimio-anatomo-clinique sans limites vraiment définies

Un vieillissement accéléré localisé

La vie est un long processus de dégénérescence et ce, dès ses premiers instants : en effet, pour se maintenir, l’organisme doit renouveler chaque jour un certain nombre de ses cellules, les mécanismes auxquels il a recours s’usent avec le temps, les dysfonctionnements s’enchaînent, ce qui aboutit à une défaillance uni- ou multi- fonctionnelle puis à la mort.

Avant même l’adolescence, les premiers signes de vieillissement apparaissent, surtout si certaines conditions sont réunies. Ex, début d’athéromatose vers 8 ans chez l’enfant soumis au régime alimentaire occidental dès son plus jeune âge.

Dans le cadre des MND, une ou plusieurs structures du système nerveux sont atteintes de vieillissement prématuré du fait de phénomènes plus ou moins spécifiques à chaque pathologie.

Approche actuelle des MND

Aujourd’hui, une série de critères est retenue pour définir toute MND :

Au plan clinique :

  • Une altération d’un ou plusieurs systèmes nerveux exerçant une fonction particulière.
  • Cette altération ne cessant de s’aggraver au fil du temps.

Au plan histologique (étude des altérations cérébrales à l’échelle microscopique) :

  • La disparition d’un nombre important de neurones appartenant à un même système.
  • L’existence d’altérations structurales au niveau des neurones survivants, certaines altérations étant spécifiques d’une maladie bien déterminée, d’autres altérations étant partagées par plusieurs pathologies.
  • La présence de dépôts d’une substance anormale.
  • La prolifération des cellules gliales, en lien avec la dégénérescence accrue des neurones.

Cellules gliales, névroglie ou microglie

Sous ces vocables sont regroupés plusieurs types de cellules qui entourent les neurones : astrocytes, oligodendrocytes, cellules de Schwann, etc.

Cet ensemble réalise un nombre de fonctions essentielles comme pourvoir les neurones en nutriments et en oxygène indispensables à leur bon fonctionnement, fabriquer le manchon de myéline qui les isole, les protège et les soutient, les défendre des attaques des agents pathogènes, éliminer ceux d’entre eux qui sont morts.

Critères auxquels s’ajoutent au sein de chaque maladie :

  • Au plan génétique : une susceptibilité variable (caractère héréditaire dominant, récessif, possible ou inconnu).
  • Au plan biochimique : accumulation d’une ou de deux protéines vieillies suite à un phénomène d’hyperproduction ou à un défaut de dégradation.

Cette classification sans cesse plus complexe a conduit à considérer certaines MND non plus comme des entités à part entière mais comme des regroupements de pathologies. Ainsi, dans la maladie de Parkinson, pas moins de seize tableaux différents ont-ils été dressés jusqu’à ce jour, dont certains sont liés avec l’émergence des premiers signes cliniques dégénératifs bien avant l’âge de 40 ans.

Une expression des plus variables

L’extrême diversité des lésions neurologiques que recouvre le concept de MND a pour conséquence que les premières manifestations cliniques participent d’un grand éventail de symptômes, parfois à dominance physique ou psychologique, parfois empruntant aux deux domaines. Avec, au terme de quelques années d’évolution, le spectre de l’installation possible dans une démence, une invalidité voire un panachage.

Une sévérité quasi certaine au bout de seulement quelques années

La constitution de la démence est à ce propos des plus exemplaires.

Au début, un léger déclin des fonctions cognitives est repéré par le patient lui-même, son entourage ou le médecin traitant et ce déclin est confirmé par les tests. Toutefois, l’autonomie dans la vie quotidienne est conservée.

Comme chaque année qui passe augmente le risque d’évolution vers la démence de 10 à 15 %, ce risque s’accroît donc de 50 à 70% en seulement cinq ans !

En résumé : ne pas attendre !

Afin d’éviter une fin de vie dans un tel contexte, il convient de consulter un spécialiste dès que les symptômes qui inquiètent non seulement perdurent mais semblent s’aggraver. La confirmation des soupçons permet alors de mettre en œuvre un panel de mesures d’hygiène simples, ce qui - dans un fort pourcentage de cas - ralentit le processus naturel de la maladie.

Mort neuronale : de la normale à la pathologie

L’élimination d’un nombre important de neurones est programmée afin que le système nerveux élabore une arborescence et une complexité adaptées aux défis de la vie quotidienne auxquels chaque individu est et sera immanquablement confronté. Ainsi, parce qu’ils sont initialement produits en excès, les neurones qui ne parviennent pas à établir des connexions synaptiques en nombre suffisant avec leurs voisins sont-ils peu utilisés et condamnés au suicide (apoptose) à plus ou moins long terme.

Sous l’effet du vieillissement physiologique, contrairement à ce qui semblait établi, le nombre de neurones n’est pas affecté, mais leur arborescence diminue, ce qui induit un appauvrissement des contacts synaptiques, donc une altération de la circulation des informations.

La vie n’étant pas un long fleuve tranquille, la pléthore d’événements qui la jalonne peut conduire à la mort d’un nombre plus ou moins élevé de neurones. Les facteurs causaux peuvent être répartis en deux grandes classes :

  1. Les causes dites ‘‘accidentelles’’ : infections (poliomyélite, syndrome de Guillain-Barré, rage, etc.), traumatisme, vasculaires (accident vasculaire cérébral, rupture d’anévrysme), intoxications (certains métaux comme le mercure et le plomb, certains venins, nombre de substances issues de l’industrie chimique). Dans ce cadre, la destruction neuronale est parfois aussi massive que brutale, d’autre fois plus lente.
  2. Les MND : les neurones sont détruits selon un processus lent et insidieux ; de plus, ils appartiennent à une même population, facilement repérable par sa localisation anatomique ou/et ses propriétés neurochimiques.

Conséquences pratiques

Le renouvellement neuronal, longtemps considéré comme nul dès l’âge adulte atteint, semble toutefois possible, mais à des niveaux différents, deux régions étant manifestement privilégiées, le gyrus denté de l’hippocampe et la zone sous-ventriculaire.

C’est dire que si les lésions neuronales affectent d’autres régions, cette éventualité est des plus réduites.

L’espoir repose donc sur la préservation des neurones encore sains et la régénération des neurones affectés avant que les dommages induits par la MND n’atteignent  le point de non retour.

 

Références :

Stratégie Nationale de Santé : « Plan Maladies Neuro-Dégénératives 2014-2019 », p. 5.

[1] P. Martinel : « Démences – Capacité de Gériatrie, mai 2014 », disponible à l’adresse suivante :

www.chu-besancon.fr/geriatrie/Demences_sans_t.pdf

[1] B. Bloch : « Mort neuronale et maladies dégénératives » dans « UE : Biopathologie » Université de Bordeaux, 11 mars 2011, 17 pages.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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