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Épilepsie, l’apport des médecines naturelles

Article paru dans le journal nº 30 Acheter ce numéro

Au cours de l’épilepsie, peut-être plus encore que dans bien d’autres pathologies, la fiabilité des approches thérapeutiques naturelles est contestée par les ténors de la médecine officielle du fait que la plupart des études menées ne répondent pas aux critères exigés depuis quelques décennies. Seul le régime cétogène est reconnu d’une certaine utilité. Pourtant, la pérennité de ces différentes médecines n’a-t-elle pas valeur de garantie ?

La complémentation micronutritionnelle

Deux éléments sont essentiels.

  • La vitamine B9

Précurseur du tétrahydrofolate – une coenzyme indispensable à la synthèse de certains acides aminés, de l’ADN et des ARN –, la B9 joue un rôle essentiel dans le développement de l’embryon et du fœtus. Souvent déficitaire chez de nombreuses femmes avant même la fécondation, la B9 atteint parfois des niveaux carentiels chez l’épileptique du fait de l’action déplétive de certains antiépileptiques. Administrée lors d’une situation critique, la B9 diminue l’hyperperméabilité de la barrière hémato-encéphalique et protège le cerveau de l’intrusion en masse de substances étrangères potentiellement toxiques. Ce type de complémentation ne peut être décidé que par un médecin. 200 µg/j est la posologie le plus souvent adoptée.

  • Le magnésium

Avant l’arrivée des antiépileptiques allopathiques, le sulfate de magnésium était régulièrement -utilisé comme traitement d’urgence des convulsions. Aujourd’hui, il est encore préconisé dans la prévention et le traitement des crises d’éclampsie. Quant à l’intérêt du magnésium en traitement de fond, il n’a encore été que peu évalué. Associé aux médicaments antiépileptiques, il en augmente l’efficacité (valproate). Associé au traitement allopathique, il pourrait améliorer le statut des malades souffrant de formes résistantes.

Afin d’assurer une bonne assimilation du magnésium, il est préférable de recourir à un sel liposoluble associé à la vitamine B6 et à la taurine. Exemple : D-Stress, 2 capsules deux fois par jour.

À la suite de travaux récents, quatre autres nutriments seront certainement recommandés par les instances officielles dans un futur proche.

  • Le resvératrol

Outre son activité anticonvulsivante, le resvératrol possède un pouvoir anti-inflammatoire des plus puissants, capable d’éviter la dégénérescence du tissu nerveux. La complémentation à raison de
60 à 90 mg/j semble donc appropriée quelle que soit la forme de l’épilepsie.

  • Les acides gras oméga 3 à longue chaîne

La prise d’huile de poisson élève le seuil épileptogène dans les formes pharmacorésistantes de l’enfant. De plus, elle en réduit le nombre de crises avec la même efficacité que les antiépileptiques récents. Dose habituellement recommandée (DHA + EPA) : 500 mg/j. Exemple : Oméga Protect, 2 capsules par jour.

Le fait que la correction de la déplétion de la vitamine D chez des sujets épileptiques réduit le nombre de leurs crises fait supposer qu’elle pourrait être impliquée dans la genèse de la maladie, même si aucune différence significative du taux sérique n’a été observée entre personnes épileptiques et non épileptiques.
Dose recommandée : 400 UI/j.

La médecine traditionnelle chinoise

Selon la médecine chinoise, l’émergence des crises comitiales est liée au refoulement des -émotions, qui provoque la stagnation du qi du Foie, ou au souci, au surmenage, aux déséquilibres alimentaires, responsables quant à eux d’un affaiblissement du qi de la Rate. Les Vents ou les Mucosités ainsi produits s’accumulent à leur tour dans le Cœur, ce qui voile l’Esprit clair et finit par induire l’épisode épileptique. Le but des traitements est de rétablir la circulation du qi de façon harmonieuse. Divers moyens sont utilisés à cette fin.

  • Plusieurs plantes sont réputées pour leur action anticonvulsivante :

Gou Teng (Uncaria rhynchophylla) : efficacité démontrée chez l’animal. Les crises sont moins nombreuses et les lésions cellulaires sont significativement réduites au point de sauver nombre de neurones qui, autrement, auraient dégénéré et auraient disparu.

Tian Ma (Gastrodia elata) : très probable capacité à stimuler la régénération des cellules nerveuses endommagées.

Acorus tatarinowii : l’eudesmine, l’un de ses compo-sants, est un anticomitial et un sédatif puissant chez l’animal.

Dan Nan Xing (Arisaema cum bile) et Qingyangshen (Cynanchum otophyllum), deux remèdes encore trop peu étudiés par la médecine -occidentale.

La médecine ayurvédique

Des nombreuses plantes auxquelles recourt la médecine ayurvédique, le Bacopa monnieri est de loin celle qui est le plus couramment utilisée en cas d’épilepsie. De récentes études confirment le bien-fondé de cette approche. L’extrait de cette plante inhibe la sécrétion de glutamate pendant les crises, participe à l’élimination des radicaux libres et protège l’ADN des cellules. Il évite ainsi l’exposition du tissu cérébral environnant à un excès de stress oxydatif.

Moins connues pour leur usage au cours de l’épilepsie, des extraits d’Allium sativum L., -d’Asparagus racemosus Willd., de Cassia fistula L., de Datura stramonium, d’Inula cappa DC. et de Ricinus communis sont utiles, mais seul un thérapeute formé est habilité à les recommander.

La méditation et le reiki

Il y a une vingtaine d’années, on découvrait que les personnes habituées à méditer présentaient un nombre important de signes identiques à ceux observés au cours d’une crise d’épilepsie partielle complexe. Une découverte qui a semé et continue de semer le trouble au sein de la communauté scientifique quant au bien-fondé de la méditation chez les épileptiques. Et cela, malgré certaines études rassurantes :

– Au terme d’une pratique quotidienne de vingt minutes de méditation pendant un an, des adultes présentant des formes résistant au traitement médicamenteux faisaient des crises moins fréquentes, moins sévères et de plus courte durée. D’autres essais pratiqués sur le même type de patients concluent également à un effet bénéfique.

– Au cours de la méditation, aucune élévation du taux cérébral de glutamate (neurotransmetteur excitateur) n’a été rapportée. Quant à l’élévation du taux de sérotonine parfois observée, elle est uniquement corrélée à des effets bénéfiques. Des résultats similaires ont été constatés avec le reiki.

Le yoga

Comme la méditation, le yoga est victime d’une certaine réticence de la part du corps médical depuis que des enregistrements électroencéphalographiques chez des sujets en pleine santé ont montré l’apparition d’ondes gamma paroxystiques au cours de la pratique du Bhramari Pranayama. Cependant, la tolérance et l’efficacité du yoga sont affirmées par quelques d’études, notamment chez des patients ne réagissant pas aux antiépileptiques allopathiques.

Le biofeedback

Lors d’épilepsies résistant aux médicaments officiels ou de convulsions induites par le stress, cette approche thérapeutique est bien tolérée. Elle permet aux patients engagés de réduire le nombre de leurs crises, même en cas d’épilepsie partielle complexe.

Les bienfaits du régime cétogène

À titre préventif : protection contre le diabète de type 2 et contre les processus neurodégénératifs tels que ceux observés au cours des maladies d’Alzheimer et de Parkinson ainsi que certains cancers, dont celui de la prostate.

À titre curatif : diminution du nombre des crises d’épilepsie, réduction des fringales et des épisodes de grignotage, baisse du surpoids au moins égale à celle obtenue avec un régime restrictif en calories et en graisses après un an de suivi (avec conservation de la masse musculaire), amélioration significative des paramètres biologiques
et de la fonction cardiaque au cours du diabète de type 2.

Le GABA

Ce neurotransmetteur, synthétisé par l’organisme à partir du glutamate, est connu pour contrer les effets excitateurs de celui-ci. Déficitaire au cours de certaines formes d’épilepsie, son utilisation en tant que complément alimentaire est sans danger. Dose habituellement recommandée : 750 mg/j.

Faut pas rêver ! Ou si ?

Le fait que le recours au biofeedback, au bacopa, à la méditation, au reiki et au yoga améliore régulièrement l’état des patients pour lesquels la médecine allopathique ne peut rien, il est légitime d’imaginer que ces médecines naturelles soient prochainement inscrites dans l’arsenal thérapeutique des recommandations officielles.

Comme l’impossible d’aujourd’hui est le possible de demain, ce n’est donc qu’une question de détermination et de patience.

À lire

« Le nouveau régime Atkins »,
du Dr Eric Westmann, Dr Stephen Phinney & Dr Jeff Volek. Éd. Thierry Souccar, 19,25 €.

Adresse utile

La Fondation des Lions du Canada Chiens-Guides
www.chiens-guides.com/seizure.html


 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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