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Calmer le psoriasis de l’intérieur

Article paru dans le journal nº 66 Acheter ce numéro
  • Les symptômes reviennent souvent dans les jours, les semaines ou les mois qui suivent l’arrêt du traitement.Les symptômes reviennent souvent dans les jours, les semaines ou les mois qui suivent l’arrêt du traitement.

Maladie auto-immune de la peau touchant jusqu’à 5 % de la population dans certains pays, le psoriasis reste mal compris. La méconnaissance du rôle de la peau comme organe excréteur et d’expression d’émotions refoulées amène trop souvent à combattre les symptômes au lieu de calmer l’inflammation de l’intérieur.

Le psoriasis est une maladie inflammatoire auto-immune de la peau. Son origine est mal connue donc mal comprise, tout du moins en observant la maladie avec l’approche classique. Les cellules de la peau se renouvellent trop vite, avec une crise inflammatoire, et forment un épaississement de la peau en plaques. Le traitement classique du psoriasis consiste en l’usage de médicaments à base de cortisone, sous forme de crème, de pommade ou de lotion appliquée directement sur la peau, dans le but d’étouffer la crise inflammatoire.

Si une telle cure peut fournir un soulagement salutaire lorsque la crise est trop intense pour être supportée, les corticoïdes ne résolvent en rien la cause profonde du problème. Les symptômes reviennent souvent dans les jours, les semaines ou les mois qui suivent l’arrêt du traitement ; c’est ainsi que les patients psoriasiques vont de crise en crise.

Compensations physiologiques vitales

Les cellules de notre corps ont besoin de vivre dans un environnement favorable pour fonctionner correctement. Elles s’affaiblissent et meurent prématurément lorsque leur biotope devient trop pollué par des toxines. Celles-ci sont issues de la vie des cellules, mais également de nos comportements et modes de vie (alimentation, stress, pollution, etc.). Pour maintenir un environnement favorable, le corps humain possède cinq organes excréteurs principaux, dont trois majeurs : les poumons, le foie et les reins.

Relais d’excrétion rénale

Ces trois organes sont censés supporter le travail d’excrétion de l’ensemble de l’organisme. Cependant, quand ils n’arrivent plus à supporter la charge de travail imposée, le corps doit s’adapter. Il établit alors des compensations physiologiques pour maintenir un terrain favorable et éviter le développement de maladies graves. C’est ainsi que surviennent de nombreuses maladies aiguës.

Le psoriasis est une maladie de terrain ; comme de nombreuses maladies cutanées, c’est un relais de l’excrétion rénale. Cela signifie que la peau intervient quand les reins n’arrivent plus à supporter le travail que nous leur imposons. Si elle possède un système d’excrétion des toxines similaire à celui des reins, il est aussi moins puissant. Néanmoins, sa superficie lui permet de ­réaliser un travail conséquent lorsque cela est nécessaire – ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la peau est appelée le troisième rein. Le psoriasis se présente donc comme une crise inflammatoire qui permet au corps d’augmenter sa capacité d’excrétion des toxines. Cette élimination salutaire dure le temps nécessaire à une réduction suffisante de l’état d’encrassement des cellules. Lorsque le niveau de pollution du corps a suffisamment diminué, la crise de psoriasis s’atténue, puis disparaît.

Dans une situation de psoriasis, l’état de la peau se modifie. L’épiderme devient plus important et le derme diminue. Il se produit une accélération du cycle de vie des cellules. L’état inflammatoire augmente la circulation du sang au niveau de la peau et la dilatation des vaisseaux sanguins. Les cellules se retrouvent dans la configuration parfaite pour augmenter leur activité excrétrice. Ainsi, pour un maximum d’efficacité, la production de cellules au niveau de l’épiderme est bien plus rapide qu’en temps normal. Cela s’observe par l’état de la peau en écailles, avec l’accumulation importante et caractéristique de cellules mortes à la surface de l’épiderme.

Intelligence interne

Le psoriasis, relais de l’excrétion rénale, fait également intervenir le système immunitaire. L’implication de celui-ci est indispensable pour activer et contrôler l’état inflammatoire. L’ensemble du processus est d’ailleurs sous le contrôle de l’intelligence interne du corps (notre médecin intérieur), qui l’arrête naturellement lorsque la nature du terrain s’est suffisamment améliorée.

L’adaptation physiologique menant au psoriasis est un moyen pour l’organisme de se préserver d’un état d’encrassement excessif prématuré, menant à des maladies plus graves. Pour obtenir une ­amélioration durable, il convient d’agir sur la cause et de n’utiliser les traitements symptomatiques qu’en situation de véritable nécessité.

Facteurs déclencheurs ou aggravants

Ces réactions d’adaptation de l’organisme nous font comprendre que tout ce qui favorise le surmenage, l’affaiblissement des reins ou encore les troubles du système immunitaire augmente le risque de développer un psoriasis. Ce n’est donc pas surprenant si les patients psoriasiques peuvent également souffrir :

  • Du diabète de type 2 (altération de la fonction rénale) ;
  • D’un état obésité (surmenage et affaiblissement des reins) ;
  • De maladies des reins (reins affaiblis) ;
  • De maladies cardio-vasculaires (surmenage général du corps ou problèmes circulatoires qui impactent les reins) ;
  • De situations d’immunodéficience ;
  • De porosité intestinale (surmenage des reins et du système immunitaire).

Le stress, le tabac, la consommation importante d’alcool et la carence en vitamine D sont des facteurs aggravants ou déclencheurs de la maladie. Des médicaments peuvent aussi être à l’origine d’une crise de psoriasis tels le lithium, prescrit pour le trouble bipolaire, des bêtabloquants (contre la tension artérielle) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens.

Le terrain est tout

Le terrain, c’est l’état dans lequel se trouve l’organisme. Avec une nutrition satisfaisante et une faible pollution du corps, il est favorable et nous protège des maladies. En revanche, en cas de carences nutritionnelles et d’un encrassement des tissus, il se détériore et il prédispose aux maladies aiguës puis chroniques. La baisse de la vitalité fragilise le terrain. Pour le renforcer, il nous faut une bonne alimentation – y compris en oxygène –, de la détox et du repos.

L’alimentation

L’adoption d’une alimentation anti-inflammatoire et alcaline est primordiale pour aider l’organisme à reprendre le dessus sur la maladie. Cela peut même mener à une guérison totale lorsque l’alimentation représente un facteur majeur de surmenage de l’organisme. Les intolérances et sensibilités alimentaires marquées doivent également être identifiées, car elles peuvent entretenir la maladie malgré des efforts alimentaires importants.

L’efficacité d’une alimentation anti-inflammatoire et alcaline repose sur le choix des aliments consommés, mais également sur la digestion. La meilleure alimentation du monde, mal digérée, fragilisera l’organisme à plus ou moins long terme. Et une mauvaise digestion limitera l’amélioration due au changement d’alimentation, voire sera suivie d’un retour des symptômes après quelques mois ou quelques années, signe de l’affaiblissement de l’organisme.

La digestion

Être attentif à sa digestion est une priorité pour bénéficier pleinement d’une alimentation anti-inflammatoire et alcaline. Une bonne digestion préserve l’intestin, le système immunitaire, le foie et les reins. Des ballonnements récurrents, un état de constipation, des gênes ou des douleurs intestinales et un coup de fatigue après les repas sont autant d’indices montrant que l’organisme manque d’énergie et que la digestion ne se passe pas correctement. Avoir une bonne digestion repose sur plusieurs principes :

  • Bien mastiquer ;
  • Supprimer ou éviter les aliments qui ne sont plus tolérés ;
  • Établir une cohérence alimentaire sur la journée pour ne pas dépasser sa capacité digestive du moment ;
  • Privilégier des repas avec peu d’aliments différents, surtout pour les repas contenant des aliments riches ;
  • Éviter de boire en mangeant afin de ne pas réduire l’efficacité des sucs digestifs ;
  • Éviter les préparations industrielles ;
  • Supprimer les produits laitiers soulage souvent les problèmes de psoriasis.

En plus de ces conseils portant sur la digestion, une alimentation alcaline repose sur des fruits (consommés seuls et non en fin de repas), des légumes en abondance et moins de féculents acidifiants (blé, riz, lentilles, pois, pâtes, pain, farines et leurs dérivés). Les féculents alcalinisants (pomme de terre, patate douce, banane, châtaigne, igname, etc.) peuvent les remplacer avantageusement.

Le jeûne

Le jeûne est généralement très efficace sur les problèmes de psoriasis. Il permet à l’organisme de se nettoyer. Des toxines accumulées dans le corps pendant des années, voire des décennies, sont ainsi évacuées. L’organisme moins surchargé a de moins en moins besoin d’utiliser des relais d’excrétion. Une semaine de jeûne permet d’obtenir des résultats vraiment intéressants sur le psoriasis et réalise sur l’organisme un grand ménage de printemps. Malgré cela, une semaine est souvent insuffisante pour résoudre des psoriasis installés depuis des années. Un jeûne plus long, de deux à trois semaines, ou la répétition de plusieurs jeûnes ou diètes qui s’approchent du jeûne (jus et bouillons de légumes, monodiète variée), d’une durée d’une semaine, donnent des résultats très profonds et durables.

Le jeûne doit être préparé, et la réduction alimentaire se faire en douceur, afin d’avoir un début de jeûne plus agréable et plus doux. La durée de la préparation dépend du mode alimentaire du quotidien. Une semaine de préparation est généralement une durée satisfaisante pour commencer un jeûne dans de bonnes conditions. Malgré la grande efficacité du jeûne, si les causes du psoriasis (alimentation et mode de vie) ne sont pas éliminées durablement, les symptômes réapparaissent tôt ou tard.

Le stress et les émotions en question

Un psoriasis présent depuis quinze ans mettra plus de temps à se résorber que s’il est apparu il y a un an. De la même manière, une zone fortement traitée à la cortisone met plus de temps à guérir qu’une zone peu traitée, ou qui n’a jamais reçu de traitement.

Nous vivons trop souvent avec un niveau de stress bien trop élevé. Cette situation a de nombreuses conséquences négatives sur notre santé. Le stress peut enclencher une crise de psoriasis ou en exacerber une déjà présente. Nos émotions peuvent même faire plus que cela. Dans certaines circonstances, elles seront la cause du psoriasis. On peut dire que la maladie provient de nos émotions quand trois « éléments » clés sont réunis :

  • Une situation émotionnelle désagréable et intense est vécue à l’issue d’un événement brutal, d’un choc émotionnel ou d’événements récurrents, accompagnés d’une charge émotionnelle qui grandit ;
  • La situation est subie dans l’isolement, de manière concrète ou plus subtile (nous sommes entourés, mais non entendus ou non compris par l’entourage) ;
  • Le manque de solution physique ou psychique à notre problème et le sentiment d’une impasse nous accablent.

Face à un tel « cocktail », notre organisme exprime physiquement ce qui est refoulé à l’intérieur.

Symbolique émotionnelle

Les troubles cutanés d’origine émotionnelle sont souvent l’expression du conflit interne lié à la notion de contact. Dans le cas du psoriasis, il peut s’agir d’un conflit psycho-affectif, d’agression ou encore de séparation. Voici quelques exemples de ressentis émotionnels pouvant déclencher une crise de psoriasis :

  • Le refus du contact avec les autres ;
  • Le refus d’exprimer ses émotions par peur d’être rejeté par les autres ;
  • La séparation avec soi-même, le fait de vouloir changer de peau pour ne pas être reconnu, ne pas être soi (par exemple, après avoir subi une agression) ;
  • Le sentiment d’être incompris, mal-aimé, et le fait ne pas l’accepter (les articulations).

Plusieurs de ces ressentis émotionnels sont associés à un double conflit de séparation. Par exemple, se sentir séparé de deux personnes en alternance, en vivant mal cette situation : par exemple, une personne peut estimer devoir se séparer de ses parents pour vivre avec la personne qu’elle aime. Et si elle veut retrouver ses parents, elle devra se séparer de la personne avec qui elle veut vivre. C’est un cercle vicieux où la résolution d’une séparation crée l’autre séparation.

L’origine du conflit interne peut être mieux ciblée avec la localisation des plaques de psoriasis. Le facteur émotionnel peut être clairement identifié lorsque les crises reviennent dans des circonstances de vie similaires, avec les mêmes personnes. Pour agir au plus juste, tenez compte de votre globalité.

La maladie cherche à me guérir

« Vous ne guérirez pas de vos maladies, ce sont les maladies qui vous guériront », disait Carl Gustav Jung. Les maladies sont des actions bienfaitrices de la nature pour nous guérir. Souvent incomprises, elles nous informent que des choses ne vont pas dans nos comportements de vie. En cherchant à les combattre, l’homme se combat lui-même. Pour comprendre ce que dit notre corps et agir sur les causes de la maladie, il est nécessaire d’apprendre à s’observer et à se connaître.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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