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Vos graisses brunes contre vos graisses blanches

Article paru dans le journal nº 46 Acheter ce numéro
  • Les graisses blanches cernées par les brunesLes graisses blanches cernées par les brunes

Deux types de cellules composent nos tissus adipeux : les blanches et les brunes. Si les premières, plus nombreuses, tendent à perturber notre métabolisme en s’accumulant, les secondes nous aident à brûler les calories plus vite pour produire de la chaleur. Activer ces graisses brunes, ou agir avant la maturation des adipocytes, permet ainsi de réduire le risque d’obésité et de diabète tout en maîtrisant notre prise de poids. Plusieurs plantes, parmi lesquelles le rooibos et le pissenlit, nous aident à libérer leur potentiel.

« Perdre du poids efficacement » : Cela ressemble à un titre de presse mais c’est un objectif courant, surtout à l’approche de l’été. Plutôt que de vous exposer une énième approche calorique du sujet, découvrons le fonctionnement de nos « graisses » et des plantes qui contribueront à les réguler.

La graisse blanche, un tissu utile à maîtriser.

On donne communément le nom de « graisse » aux tissus adipeux. Ceux-ci sont constitués de cellules (les adipocytes) qui peuvent être de deux types : blanches ou brunes. Les premières, les graisses banches, constituent 95 % des adipocytes de notre organisme, et sont regroupées en petits cylindres séparés par de fines cloisons, de la fibre nerveuse et de nombreux petits vaisseaux sanguins. Ce tissu, situé dans certaines régions plus ou moins profondes du corps (poitrine, hanches, cuisses, fesses, épaules) représente 15 à 25 % du poids d’un adulte non obèse. S’il est parfois disgracieux, il remplit une fonction précise dans l’organisme : il assure la synthèse, le stockage et la libération des lipides.

Cela fait de lui un formidable réservoir énergétique auquel le corps fait justement appel lorsque nos réserves de glucides (sucre) sont épuisées, notamment en période de froid, lorsqu’on jeûne ou que l’on fournit un effort physique conséquent. Les adipocytes blancs agissent également comme des isolants thermiques et sécrètent des hormones comme la leptine, qui intervient dans la régulation de la satiété. L’utilité de la graisse blanche est donc claire : jouer un rôle de tampon pour engranger de l’énergie, tenir chaud et fournir du « carburant » lorsqu’on en manque.

Comment « brûler » ces graisses blanches quand elles sont en excès ? Dans des proportions raisonnables, on peut le faire par le sport, un jeûne contrôlé, des réductions caloriques ou par des moyens expliqués plus loin dans cet article. Cependant lorsque la graisse blanche est présente dans des proportions trop élevées, notre fonctionnement métabolique s’en trouve perturbé.

En effet, on ignore souvent que les graisses sont les plus grosses productrices d’hormones de notre corps (leptine, adiponectine, TNF alpha, interleukine 6, angiotensine, resistine, visfatine…), et qu’à ce titre elles ont un impact sur beaucoup de nos équilibres métaboliques, notamment sur notre gestion de l’insuline. En excès, elles peuvent non seulement générer des maladies cardio-vasculaires, mais aussi du diabète et de l’inflammation, raison pour laquelle elles sont régulièrement estampillées comme « mauvaise graisse ».

La graisse brune : un brûle calories…mais pas que.

Les adipocytes bruns, de diamètre plus petit que les blancs, stockent également de l’énergie sous forme lipidique. Leur grande différence ? Fortement vascularisés et beaucoup plus riches en mitochondries (centrales électriques et thermiques cellulaires), ils oxydent les lipides et « brûlent » les calories plus rapidement pour produire de la chaleur.

Ils sont à ce titre simultanément des brûle-graisses et des isolants thermiques. Ils permettent notamment aux nouveau-nés de maintenir leur température ou à certains mammifères d’hiberner sans danger d’hypothermie. Les récentes études du professeur André Carpentier et son équipe ont mis en lumière le fait que l’activation de la graisse brune (par le froid notamment) conduisait, jusqu’à une certaine limite, à la consommation de nos réserves adipeuses.  Cela en fait assurément un outil intéressant dans une optique de prévention de l’obésité, de maîtrise de la prise de poids, mais ce n’est pas qu’un « outil minceur », loin de là. Cette substance diminue également la présence de glucose dans le sang et joue donc aussi un rôle de prévention du diabète sur le long terme.

Comment booster ses graisses brunes ?

Si on a longtemps pensé que les adultes n’avaient pas de graisses brunes en eux, la recherche contre le cancer a récemment conduit à constater leur présence dans certaines zones du corps adulte (autour du cou, des clavicules ou le long de la colonne vertébrale). Mais ce n’est pas tout : des chercheurs de Harvard ont également constaté qu’il était possible d’augmenter notre part de graisses brunes.

Comment ? Avec certaines habitudes de vie, notamment en favorisant une atmosphère plutôt fraîche (porter moins de vêtements, dormir dans une pièce à 19°C ou… frissonner). Ils ont par ailleurs observé qu’une heure de sport (ou 15 minutes de frisson) conduit à la production d’une hormone, l’irisine, qui transforme des graisses blanches en graisses brunes. Prendre ces habitudes (dormir au frais, frissonner…) peut aider à la production de 30 % d’adipocytes bruns supplémentaires.

Si, même pour la bonne cause, vous ne souhaitez pas transformer votre maison en frigo, vous avez une autre possibilité de faire baisser temporairement votre température corporelle par la pratique du bain dérivatif ou des poches de glace sur le périnée.

Que peuvent les plantes ?

Avant de vous présenter une nouvelle approche de la gestion des graisses par les plantes, faisons un rapide tour d’horizon de leurs usages courant dans la gestion du poids.

- Les plus connus sont celles dites « coupe-faims ». Il s’agit par exemple des plantes riches en mucilage qui « occupent l’estomac » en se gonflant au contact de l’eau et en provoquant une sensation de satiété. On pourrait citer ici l’agar-agar, bien connu des Japonais, les graines de psyllium, ou bien d’autres plantes comme le figuier de Barbarie ou le konjac qui atténuent l’absorbtion des graisses et des sucres au niveau de l’intestin tout en favorisant le transit.Un autre mécanisme coupe-faim consiste à influencer l’appétence pour le sucre au moyen d’une sorte de leurre chimique qui indique à l’hypothalamus que le taux de glucose contenu dans le sang est suffisant. On retrouve ici le gymnema sylvestre, issu de la pharmacopée ayurvédique, ou le hoodia, d’origine africaine. Pour ces plantes, lorsqu’on n’a pas l’habitude de consommer ces substances ou si on souffre de diabète, il est prudent de procéder avec modération et idéalement en étant accompagné par un professionnel de la santé naturelle.

- On retrouve ensuite l’ensemble des plantes dites « drainantes » qui aident à l’élimination de l’eau retenue en excès dans le corps (reine des prés, orthosiphon, chiendent) et des plantes « brûle-graisse », stars des produits minceurs disponibles dans le commerce. On retrouve dans cette dernière catégorie le thé vert ou le guarana, dont les principes (théine, caféine, théobromine, guaranine) activent la thermogénèse et transforment les graisses en énergie. Celles-ci présentent le désavantage, en excès, d’accélérer le rythme cardiaque ou d’augmenter la tension artérielle. N’hésitez pas cependant à utiliser la caféine sous forme de massage local (crèmes, gels), elle a prouvé son efficacité. Enfin des algues comme le fucus ou le laminaire stimulent le métabolisme et la consommation de calories de par leur teneur en iode. Elles sont cependant à utiliser avec modération pour les personnes souffrant de déséquilibres de la thyroïde.


Une nouvelle approche par les plantes : agir sur les adipocytes eux-mêmes.


De récentes recherches montrent l’intérêt de certaines plantes, pourtant peu connues dans les régimes minceur, pour influencer le cycle de vie et le comportement de vos adipocytes. Ce sont plus particulièrement les plantes riches en polyphénols qui semblent le plus prometteuses et pourraient inaugurer une petite révolution dans notre approche de la gestion du poids.

- Le rooibos : vous en connaissez le caractère antioxydant mais sans doute ne saviez-vous pas que cette plante d’Afrique du Sud joue également un rôle sur le métabolisme des graisses ! Des études ont pourtant mis en lumière son action inhibitrice sur la production des adipocytes ou la transformation des triglycérides en acides gras stockés. C’est particulièrement intéressant quand on connaît la propension des adipocytes à s’hypertrophier (jusqu’à 50 fois leur taille) puis, quand leur taille limite est atteinte, à se multiplier pour stocker encore plus de graisses. Or, puisqu’une fois créé, un adipocyte ne disparaît plus (même si on peut diminuer sa charge lipidique), autant essayer d’intervenir à la racine. Les polyphénols contenus dans cette tisane rouge diminuent en outre la sécrétion de la leptine, cette hormone de la faim qui contrôle notre consommation énergétique en fonction de notre sentiment de satiété. Le rooibos ne présentant pas d’effet similaires à la théine ou la caféine, on peut donc en consommer régulièrement sans risque, pour ses effets régulateurs tout autant que pour son goût délicat.

- La quercétine : très présent dans l’oignon jaune, les pommes, les myrtilles, le thé vert, le chou vert frisé ou le vin rouge, ce flavonoïde également disponible sous forme de complément alimentaire est surtout connu pour son effet préventif sur les allergies saisonnières. Pourtant, des études montrent également que la quercétine permet l’inhibition du stockage des graisses dans les cellules pré-adipeuses, jouant sur des mécanismes similaires au rooibos. Associée au resvératrol (puissant polyphénol présent dans le raisin, le vin rouge et les mûres par exemple), l’efficacité sur les pré-adipocytes s’en trouve augmentée. En effet, de récentes recherches animales concluent par exemple à la réduction des cellules lipidiques de 68 % lorsque les deux polyphénols sont administrés conjointement. Ils tendraient même au brunissement des tissus adipeux blanc, c’est-à-dire, la transformation des adipocytes blancs en adipocytes bruns, limitant par la même le stockage des graisses.

- La rutine : cet autre polyphénol, qu’on retrouve dans le sarrasin, le raisin et les mûres, les cerises, le gingko ou l’oignon, est généralement utilisé pour améliorer la circulation sanguine. Il est d’ailleurs à ce titre intéressant pour les personnes ayant tendance à stocker la cellulite. Mais une recherche récente publiée dans la revue FASEB a mis au jour un rôle nouveau pour la rutine. En effet, cette molécule naturelle mime l’effet physiologique du froid sur notre corps, et stimule ainsi notre production endogène de graisses brunes. En conclusion, si s’exposer au froid peut enrhumer… et augmenter nos adipocytes bruns, consommer les bons aliments contribue à réguler ses tissus adipeux sans l’inconvénient du nez qui coule !

- Le pissenlit : du pissenlit on sait qu’il a en tisane un pouvoir drainant (diurétique) et un effet anti-obésité, en ralentissant la production de lipase pancratique. Ce qu’on sait moins en revanche, et que des chercheurs ont mis à jour il y a peu, c’est qu’il provoque la mort anticipée de certains pré-adipocytes (avant leur différenciation en cellules graisseuses blanches ou brunes) et aide à la dégradation des lipides.

Atténuer l’effet peau d’orange par les plantes.

Ce phénomène bien connu et honni des femmes se définit par l’hypertrophie des adipocytes dans l’hypoderme, qui elle-même conduit à la compression des vaisseaux sanguins et lymphatiques qui ne parviennent plus alors à drainer correctement l’eau, ce qui produit une déformation constatable à l’œil nu. Les plantes comme la reine des prés ou l’orthosidon peuvent ici aider à limiter le phénomène, même si l’adipocyte une fois vidé de son eau reste présent ! Ici, les huiles essentielles lipolythiques comme le romarin à verbénone, le genévrier, le lavandin ou le cèdre de l’atlas peuvent également être utilisées en massage (toujours diluées dans de l'huile végétale, à hauteur de 5 à 6% d'huiles essentielles) car elles contribuent à l’élimination des graisses. L’huile essentielle de genévrier aide au drainage des tissus sous-cutanées. L’huile essentielle de cèdre de l’atlas active la lipolyse également et est donc particulièrement indiquée en massage pour les personnes qui veulent réduire la cellulite.

 

Carnet d'adresses :

- Chez La Vie Naturelle : quercétine, SIPF pissenlit, resveratrol, gymnema sylvestris

- Huiles essentielles de romarin à verbénone, genévrierlavandin ou cèdre de l’atlas

- Rutine : marques Solgar ou Vitall+ en pharmacie ou magasin bio

- Chez yokool : poches de gels pour la méthode de bain dérivatif France Guillain

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com
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