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Les dangers de l’exposition au soleil pour notre peau

Article paru dans le journal nº 92 Acheter ce numéro
  • Un coup de soleil nous signale que la limite de protection de la peau est dépassée.Un coup de soleil nous signale que la limite de protection de la peau est dépassée.

Si la peau recouvre notre organisme, elle n'est pas seulement une enveloppe. Organe à part entière, sa surface (2 m2 environ) le sacre plus grand organe du corps. À ce titre, la peau remplit de nombreuses fonctions, dont la synthèse de vitamine D par l'action du soleil, ce Dr Jekyll et Mr Hyde, dont il est essentiel de connaître les dangers pour apporter à notre organisme ce qu'il offre de meilleur. — Partie 2

Les rayonnements provenant du soleil véhiculent tous une énergie. Des molécules chromophores (ADN, mélanine, vitamine D3…) collectent cette énergie occasionnant soit des modifications de leur structure, que nous aborderons notamment en décrivant les effets bénéfiques des UV, soit la libération de radicaux libres, nuisibles pour l’organisme, et contre lesquels la peau possède des systèmes de défense antiradicalaires de deux types.

D’abord, des systèmes enzymatiques globaux du corps comme la catalase, le superoxyde dismutase (SOD), qui utilise du cuivre, du manganèse et du zinc pour se mettre en œuvre, ou le glutathion peroxydase (GPx), exploitant le sélénium comme cofacteur. Ces systèmes antioxydants connaissent des variations importantes dans leur intensité selon l’hygiène de vie adoptée, qui influence entre autres l’expression de certains gènes contrôlant leur réaction. Il existe aussi les systèmes non enzymatiques, capables de piéger les radicaux libres, tels que les vitamines C et E, les caroténoïdes, la coenzyme Q10, mais aussi l’acide urique dans son rôle antioxydant, le glutathion, etc.

Quand les ultraviolets deviennent néfastes

Lorsque les capacités naturelles de photoprotection sont dépassées, l’énergie des rayons ultraviolets génère des radicaux libres non pris en charge qui peuvent induire des dommages à l’ADN, aux protéines et aux lipides, des effets si délétères qu’ils mettent en péril la survie des cellules et compromettent l’ensemble du tissu cutané. Coups de soleil, photodermatoses, dont la lucite estivale, héliodermie (ou photovieillissement), photocarcinogénèse et cancers sont au cœur des problématiques d’exposition inadaptée au soleil.

Le photovieillissement se traduit par une modification de la structure du derme, de l’épiderme et des jonctions dermo-épidermiques, visibles par un épaississement de la peau, une coloration jaunâtre, des rides profondes, une perte d’élasticité, des pores dilatés, une hyper ou hypopigmentation.

Les cancers cutanés ont pour cause principale l’exposition aux rayons UV, qui agissent sur les biomolécules cellulaires de plusieurs manières, tant dans l’initiation que dans la progression du processus tumoral (dommages à l’ADN, apoptose et mutations, oxydations protéiques et lipidiques, photo-immunosuppression, etc.). Il en existe deux types : carcinomes épidermoïdes et basocellulaires (tumeurs malignes des kératinocytes) et mélanomes (tumeurs malignes des mélanocytes). Les premiers sont liés à un excès d’expositions répétées alors que les seconds sont corrélés à des coups de soleils trop intenses souvent avant l’âge de 15 ans. Le phénomène de photo-immunosuppression impliqué dans la progression des tumeurs est ensuite activé pour des doses d’ultraviolets qui ne provoquent pas de coups de soleil, aussi est-il important de privilégier tous les moyens de protection même sans observer une sensibilité particulière à l’exposition au soleil.

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Le coup de soleil, en quelques mots

Aussi appelé érythème actinique, un coup de soleil correspond à une brûlure de l’épiderme et une atteinte du derme. Des messagers d’inflammation issus du derme, les prostaglandines, déclenchent une vasodilatation des capillaires sous-épidermiques, un œdème et la douleur typiques. Les desquamations qui suivent sont le reflet du renouvellement accéléré et prématuré des kératinocytes, en apoptose, signe d’une agression directe aux UV (surtout B). Le coup de soleil nous signale que la limite de protection de la peau est dépassée.

Qu'en est-il de la photodermatose Celle-ci est une réaction cutanée anormale, compte tenu du niveau d’exposition en général peu intense, telle que coup de soleil, eczéma ou urticaire. Elle est induite par une photosensibilité exacerbée à cause de la présence de substances dans la peau (médicaments, cosmétiques...) ou d’un déficit enzymatique génétique provocant un excès de porphyrine. Là aussi

Le soleil est-il vraiment dangereux ?

Si ces conséquences des rayonnements UV sont le témoignage d’un danger certain, il faut surtout comprendre que la tolérance de l’organisme au soleil est propre à chacun et non mesurable. Lorsque le capital soleil est épuisé, la peau ne peut plus garantir sa fonction barrière efficacement. Cela veut-il dire que le soleil est dangereux et qu’il faudrait totalement éviter de s’y exposer ? Ce n’est pas tant lui, uniment indispensable à la vie, qui présente un danger que les comportements que nous avons, finalement. Attardons-nous quelques lignes sur cette notion qui mérite d’être éclaircie : le sens que nous mettons dans cette action de « s’exposer » peut être perçu de manières bien différentes.

Des précautions impératives

Il ne s’agit pas d’éviter d’être au soleil, mais plutôt de choisir les moments et la manière d’en profiter. Rappelons que les capacités de réflexion des surfaces nous baignent de toute manière dans les ultraviolets (à l’ombre, sous un parasol…). À l’inverse, une surexposition est à l’évidence à craindre lors des longues après-midi de « bronzette » sur la plage en plein été. Le moment, le lieu, la réflexion, la durée… tout dans cette attitude, totalement déconseillée, est assurément une menace. Ces conditions d'exposition méritent déjà chacune une intention d’assister la peau en renforçant sa protection, et de les considérer comme une meilleure couverture et non un « permis de bronzer ». Attention enfin, les enfants sont considérablement plus vulnérables, car leur système de défense contre les agressions des UV n'est pas achevé.

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Un allié santé malgré tout

Ces précautions étant prises, rappelons que le soleil est aussi bénéfique !

  • Il est le principal moyen de faire le plein de vitamine D. Les rayons UV contribuent à la synthèse de la vitamine D indispensable à de nombreux tissus : os, peau, système immunitaire… Cela ne peut se produire avec des UV artificiels (en cabine) ni lorsque nous sommes exposés derrière une vitre, en ces circonstances, réjouissons-nous de sortir en extérieur ! On peut fournir de petites quantités de vitamine D à l’organisme par le biais de l’alimentation, mais elle représente une maigre part qui ne peut remplacer celle synthétisée par la peau. En effet, les UVB permettent la transformation de la provitamine D3 (7-déhydrocholestérol) en prévitamine D3, qui est ensuite modifiée en vitamine D3 au niveau du foie, des reins et des kératinocytes.
  • Il a un rôle préventif de plusieurs cancers. Des chercheurs ont découvert que le soleil permet une diminution significative du risque de cancers du côlon, du sein, de la prostate et des lymphomes non hodgkiniens. Cependant, on ne sait si ces bénéfices sont dus à la vitamine D ou à d’autres facteurs liés à l’exposition solaire (inflammation, immunosuppression…).
  • Il réduit des maladies cardiovasculaires. Une exposition quotidienne au soleil de l’ordre de trente minutes réduit la pression artérielle, notamment par l’action des UVA qui augmentent les niveaux de monoxyde d’azote présents dans la peau, provoquant une dilatation des vaisseaux sanguins, donc un effet bénéfique sur les maladies cardiovasculaires.
  • Il améliore certaines pathologies de la peau. L’effet anti-inflammatoire induit par le rayonnement solaire, lorsqu’il n’est pas trop intense, semble améliorer la réponse de la peau dans les pathologies telles que le psoriasis, le vitiligo et certains eczémas.
  • Il est la condition d'un bon sommeil. La lumière naturelle équilibre la production de mélatonine, l’hormone qui est sécrétée la nuit (dès que l’intensité lumineuse diminue en soirée), en fonction de la quantité de lumière que reçoit la rétine le jour. On conseille de sortir au moins une demi-heure entre 11 h et 14 h en hiver, et entre 9 h et 18 h en été. Voilà une bonne raison supplémentaire de ne pas rester enfermé.
  • Il est nécessaire à la qualité du microbiote. On le sait moins, mais s’exposer au soleil a un impact favorable sur le microbiote intestinal, cette clé de voûte de la santé qui ne cesse de fasciner les chercheurs et dont les études multiples ne cessent de découvrir et d'avérer de nouvelles habilités.

Ainsi, une toute récente étude de l’université de Colombie britannique et du Women’s Health Research Institute (WHRI) de Vancouver indique que l’exposition (trois séances en une semaine) au rayonnement UVB de femmes, dont le statut vitaminique D et le microbiote intestinal sont dépréciés, améliore significativement la diversité des souches bactériennes de leur flore intestinale et leurs niveaux circulants de vitamine D. Alors que cette même exposition n’a que peu d’effet sur des femmes en bonne santé. Si cette étude porte sur un échantillon unisexe singulièrement limité (21 participantes) et demande confirmation à plus grande échelle, elle suggère néanmoins que le soleil (pris avec toutes les précautions évoquées) pourrait être bénéfique sur d’autres plans que le seul statut vitamine D. Ceci est peut-être particulièrement vrai lorsque les paramètres de santé ne sont pas tous optimum.

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Du dosage de la vitamine D

Le résultat de l’analyse sanguine, pour vérifier le niveau de vitamine D dans l’organisme, est souvent utilisé comme marqueur d’une carence et argument d’une complémentation par voie orale. Signalons que la vitamine D, qui est mesurée dans le sang, est la forme 25-OH D (non active), soit une piste intéressante, mais pas vraiment un indicateur fiable au regard de son importante résidence dans les cellules cutanées. En outre, l’enzyme hépatique qui permet sa transformation est régulée par un gène qui connaît plusieurs polymorphismes. Autrement dit, l’épigénétique décidera, sous l’influence du niveau de méthylation, si la conversion sera plutôt inhibée ou carrément stimulée ! La complémentation « classique » par des doses massives présente alors ses limites et peut, dans certains cas, devenir une condition physiologique permissive pour d’autres pathologies.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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