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Tressautement de l'oeil, c'est la fasciculation

Article paru dans le journal nº 45 Acheter ce numéro
  • fasciculation et tressautement de paupierefasciculation et tressautement de paupiere

Je suis certaine que, comme moi, vous éprouvez de temps en temps une curieuse sensation à l’oeil, au bras ou dans une jambe, une sorte de tressautement d’un muscle qui se met à trémuler, à vibrer involontairement.
Cette sensation de spasme, c’est l’un de vos muscles, comme enragé, qui se contracte et se décontracte brutalement sans que vous ne puissiez rien y faire. Quel est donc cet étrange syndrome qui nous touche tous et dont personne ne parle ? Et surtout, pourquoi ce trouble existe-t-il et quel mal dans notre organisme dénote-t-il ? On appelle ça la fasciculation.

C’est en 1938 qu’un nom a été mis sur ce syndrome de contraction visible et involontaire d’un petit groupe de fibres musculaires. Une réaction électrique complexe crée cette contraction et dénote un problème de connexion neuromusculaire. Les fasciculations sont indépendantes de tout contrôle volontaire et créent une sorte de décharge, une fibrillation, qui fait vibrer une partie d’un muscle. Cette vibration est d’ailleurs visible à l’œil nu. Le mollet tremble, la joue, la langue, ou l’œil trémule, le bras ou le dos se contractent rapidement.

Tressautement : vous en souffrez peut-être sans le savoir

Dans une étude menée en 1993 sur 121 patients ayant passé un électromyogramme (EMG), il a été démontré que 80 % des patients sains souffraient de troubles bénins de la fasciculation. Souvent, on ne se rend pas compte que le trouble est là. Cela commence par les petits symptômes dont je vous ai parlé plus haut : muscles qui se contractent, mini spasmes localisés. Tout le monde est touché, indifféremment de l'âge ou du sexe.

Une sensation d’avoir des bulles sous la peau

Parfois, ces spasmes sont vivables, ils se produisent suffisamment rarement pour que l’on n’y prête pas attention, mais parfois aussi, le phénomène s’accentue ou se produit plus régulièrement. Même bénin, cela devient gênant, dans la vie personnelle et professionnelle. Certains patients se plaignent d’avoir des fasciculations dans la bouche, sur le visage, sur la langue, ils parlent de sensation de bulles sous la peau, de vers ou de fourmi. La situation devient alors intolérable, parfois douloureuse et, si les crises se rapprochent ou sont plus nombreuses, on commence alors à imaginer le pire, surtout quand cela fait plusieurs mois que l’on ressent tous ces symptômes. Nombreux sont celles et ceux qui s’imaginent qu’ils sont en train de développer une maladie neurologique grave.

Maladie neurodégénérative ?

À force de voir son corps trémuler, on finit par penser tout naturellement qu’on est atteint d’une grave maladie neurologique. Il semblerait qu’il n’en soit rien. En tout cas, ce que l’on appelle la fasciculation bénigne n’est probablement pas le signe avant-coureur d’une maladie plus grave, comme la maladie de Charcot ou la maladie de Lyme. Certaines maladies neurodégénératives sont certes accompagnées de spasmes et de fasciculations, mais généralement, les premiers signes de ces maladies sont bien souvent des signes moteurs. Dans une étude majeure menée en 1994 par les chercheurs Eisen et Stewart (Eisen A., Stewart H. « Not-so-benign fasciculation ». Ann Neurol 1994; 35 : 375), les conclusions ont rapporté que les potentiels de fasciculations seraient prémonitoires de SLA (sclérose latérale amyotrophique, ou maladie de Charcot) lorsqu’ils sont de durée plus longue, d’amplitude plus élevée et de forme plus variables. Bien sûr, après 40 ans, ou en présence d’un syndrome de fasciculations trop gênant, il convient évidemment de consulter un thérapeute, qui pourra faire pratiquer les examens complémentaires nécessaires, comme l’EMG.

Après une grippe ou un coup de stress

Si on ne souffre pas d’une maladie grave neurodégénérative, qu’est ce qui peut bien faire démarrer un syndrome de fasciculation bénigne ? Pour certains spécialistes, ce syndrome serait une réponse post-virale à une infection, un virus ou une période de stress ou d’anxiété. Les causes ont du mal à être clairement identifiées, même si tout porte à penser que le sport à haute dose, la surmédication, une infection virale, l’injection d’un vaccin, la déficience en magnésium, parfois aussi en calcium et en potassium, et le stress sont des facteurs favorisants.

"Oeil qui saute" : peut-être un manque de magnésium ?

Le magnésium intervenant dans de très nombreuses fonctions, sa carence peut avoir pour conséquence des troubles cardiovasculaires, rénaux, osseux ou immunitaires. De récentes études ont montré que ce manque avait une répercussion sur les métabolismes des glucides et des lipides. Le déficit magnésique entraîne des troubles de la personnalité de type névrotique, une anxiété, une hypochondrie, des phobies voire une dépression. Un manque de magnésium provoque une hyperexcitabilité nerveuse et musculaire, avec survenue de crampes, fourmillements, sensibilité exagérée au stress, spasmes artériels, insomnies, augmentation du rythme cardiaque, réactions allergiques, vertiges, migraines, anxiété, hyperémotivité, fatigue psychique et musculaire, refroidissement des extrémités par temps froid et humide.

Chez le sujet en manque de magnésium, un stress aigu provoque une libération importante d’adrénaline par la glande surrénale. L’adrénaline entraîne une contraction musculaire, d’autant plus importante que le déficit est important. Cette contraction s’accompagne d’un effet de chasse du magnésium des cellules musculaires vers le plasma. Le rein élimine cet excès plasmatique de magnésium entraînant sa fuite urinaire.

Cette perte de magnésium accroît la vulnérabilité au stress. Après un stress aigu, un déficit en magnésium sera ressenti comme une sensation d’épuisement, une fatigue chronique, une fatigabilité à l’effort ou «des coups de pompe». Il aboutit à une dynamique auto-aggravante.

Traiter naturellement les fasciculations bénignes

Gérer son stress est un pivot du traitement. Le caractère psychologique des fasciculations bénignes ne doit pas être négligé. Parfois, leur manifestation augmente en fréquence dans les moments de stress, de fatigue ou d’anxiété. Essayer d’être plus routinier et de prendre du temps pour soi, pour des loisirs calmes (jardinage) est un premier pas vers l’apaisement des symptômes. Intégrer un peu d’activité physique à cette routine quotidienne est idéal. Yoga, Pilates ou tai-chi sont d’excellentes activités antistress.

Bien manger et à intervalles réguliers, éviter la caféine et les médicaments qui pourraient faire empirer les symptômes, s’assurer que l’on n’est pas allergique à certains aliments comme le gluten, certaines céréales ou les produits laitiers. Demandez évidemment conseil à votre thérapeute.

Consommer des épices qui ont une incidence sur les maladies nerveuses, comme le curcuma et le romarin, peut avoir un effet positif sur les fasciculations. C’est en tout cas l’avis du docteur Keith Scott, médecin depuis trente ans en Angleterre, qui a écrit de nombreux ouvrages sur la thérapie par les épices, dont le plus connu « Medicinal seasoning, the healing power of spices ».

Se faire masser, ou masser la zone où se produisent les fasciculations, peut avoir un effet très positif. Un massage à base d’huiles essentielles calmantes d’ylang-ylang ou de lavande assure détente musculaire et apaisement du système nerveux. Éviter cependant de pratiquer des massages dans la zone oculaire, trop sensible, et qui pourrait réagir à certaines huiles essentielles.

Le magnésium joue un rôle dans environ 300 réactions chimiques dans notre organisme. Son rôle, entre autres, est de contrôler le stress. La déficience en magnésium est souvent liée à un syndrome de fasciculation bénigne. Il est donc important de se suppléer. L’huile de magnésium peut être aussi appliquée en massages, cette forme galénique est intéressante car l’assimilation du magnésium est plus efficace que par voie orale.

Le sel d’Epsom est très apprécié dans les spas et instituts pour sa richesse en magnésium biodisponible qui lui confère son aptitude à détendre les muscles et à relaxer. Des bains de sel de mer sont recommandés dans les problèmes de fasciculations.

 

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Huile de magnésium

Ces informations ne se substituent pas à une consultation médicale.
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