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Boire à grandes eaux pour votre santé

Article paru dans le journal nº 100 Acheter ce numéro
  • La déshydratation survient lorsque les apports en eau et sels minéraux sont inférieurs aux pertes.La déshydratation survient lorsque les apports en eau et sels minéraux sont inférieurs aux pertes.
Eau

Boire son thé ou sa bière en terrasse va peut-être vous sembler moins alléchant, mais si l’on parle hydratation, il faut être clair : pour répondre aux besoins du corps, l’eau est la seule boisson recommandée ! Les autres boissons peuvent avoir les effets inverses de ceux souhaités et participer aux conséquences négatives, mais très courantes, de la déshydratation sur le corps.

On estime que le corps humain est composé en moyenne de 60 % d’eau. Celle-ci permet de répondre à des besoins vitaux et de faire fonctionner nos organes correctement. Une bonne hydratation a même des effets directs sur l’humeur ou la concentration.

Boris Otten est ostéopathe et, depuis plusieurs années, il s’intéresse aux vertus de l’eau. « La première chose nécessaire à l’organisme est l’oxygène, la deuxième est l’eau. D’ailleurs, il suffit de quelques jours sans eau pour mourir. Vient ensuite l’alimentation et seulement au quatrième plan, je mettrais le mouvement », détaille-t-il. Pour le praticien, l’eau est donc un élément fondamental et il convient de se poser la question de l’hydratation lorsque l’on est face à quelqu’un sur lequel les thérapies ne fonctionnent pas : « On peut avoir des problèmes de santé sans déshydratation, mais dans le cas d’un problème de santé couplé à une déshydratation, quelle que soit la thérapie, elle risque de ne pas fonctionner. »

L’eau a en effet quantité d’effets positifs pour le corps humain qui expliquent facilement sa nécessité. Le liquide permet de maintenir un volume suffisant de sang dans notre corps, lequel achemine l’oxygène jusqu’à notre cerveau et nos muscles. L’eau permet également de garder notre corps à la bonne température, sert de lubrifiant pour les yeux et articulations, fournit la salive, assure l’élimination des déchets par les selles et l’urine ou encore maintient notre peau hydratée. Face à tous ces bénéfices, on comprend mieux la nécessité de boire régulièrement. Reste à savoir en quelles quantités.

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De l’eau pour tous… en fonction des situations

Les recommandations officielles font état d’une quantité de 1,5 l d’eau par jour. Si l’on regarde dans le détail, on s’aperçoit que ces recommandations sont souvent assorties d’une précision. Il s’agit de la référence au litre supplémentaire, à consommer en plus des fruits et légumes que l’on devrait ingérer quotidiennement. « Dans les faits, si on ne mange pas ses sept à huit fruits par jour, on n’arrive pas à ce litre supplémentaire, notamment si on consomme beaucoup de produits fermentés, comme des pâtes à pizza, qui réclament plus d’eau pour mouiller le bol alimentaire », précise Boris Otten. L’ostéopathe conseille donc à ses patients de boire aux alentours de 2,5 l d’eau par jour.

Ces chiffres dépendent cependant beaucoup des situations individuelles et de facteurs extérieurs. Il faut en effet boire plus quand il fait chaud ou quand on fait de l’exercice physique. « Je rencontre des patients déshydratés, comme des couvreurs qui passent leur été sur le toit en plein soleil, dans leur cas, il faudrait boire 5 ou 6 l d’eau », préconise Boris Otten. Les femmes allaitantes et les personnes âgées ont également des besoins supérieurs en eau, et il faut être d’autant plus vigilant dans le cas des personnes âgées qu’elles ressentent moins la soif que les plus jeunes, avec le risque de ne pas remarquer la déshydratation.

Dangers de la déshydratation

Attention cependant, la sensation de soif, si elle doit alerter, se présente généralement trop tard. Quand on a soif, c’est que l’on est déjà déshydraté. Les symptômes de la déshydratation comprennent l’envie de boire, les lèvres sèches, la fatigue et des urines foncées ou encore des migraines. Ces symptômes sont à prendre avec le plus grand sérieux et, en cas de doute, peuvent nécessiter de contacter les urgences, surtout lorsqu’il s’agit de personnes à risque, comme les plus âgées ou les nourrissons.

La déshydratation survient lorsque les apports en eau et sels minéraux sont inférieurs aux pertes. D’où l’importance de bien s’hydrater en cas de diarrhées ou de vomissements. Pour connaître son niveau d’hydratation, l’ostéopathe propose un test simple : le pli cutané. Prenez la peau du dos de votre main entre deux doigts pour l’étirer, puis relâchez : celle-ci devrait revenir immédiatement en place. Dans le cas contraire, vous êtes certainement déshydraté. Un autre signe mis en avant par le praticien est la miction : « Il faut vérifier que l’on urine bien 1 l ou 1,5 l par jour, soit sept ou huit mictions, sachant que ces chiffres peuvent varier en fonction de la taille de la vessie des individus. » D’une manière générale, dans le domaine de l’hydratation, Boris Otten souligne l’importance de connaître son corps, les besoins en eau variant d’une personne à une autre.

« En 24 heures, on élimine 50 cl d’eau par la respiration, encore 50 cl par la transpiration, et il faut entre 1 l et 1,5 l pour que les reins fonctionnent. Cette eau, il faut la boire », souligne l’ostéopathe. Selon lui, les effets de la déshydratation au quotidien sont importants et ont même des conséquences directes sur certaines pathologies : « Selon les rares études qui existent sur ce sujet, notamment dans le domaine du sport, 95 % des tendinites seraient liées à des déshydratations, même légères. » Dans le cas des sportifs, qui subissent des déshydratations importantes liées à l’effort, on observe d’ailleurs un recours au sel, celui-ci permettant de retenir l’eau dans les tissus. En petites proportions, il est nécessaire au maintien de l’hydratation, dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Boris Otten insiste : on peut vivre déshydraté. Les sportifs le prouvent : le corps humain est capable de supporter ponctuellement des phases de déshydratation. Mais l’impact de celle-ci sur la vie quotidienne serait souvent sous-estimé. « Les gens sont moins capables de faire du sport, ont moins de concentration, de dynamisme et ils s’habituent en fait à la déshydratation en pensant qu’il s’agit de vieillissement prématuré, d’un “coup de vieux », témoigne le thérapeute.

Il n’est pas non plus recommandé de trop boire : au-delà de 5 l d’eau par jour sans effort physique ou chaleur particulière, il existe des risques d’œdème cérébral ! Concrètement, il est donc important de s’hydrater dans les limites des recommandations et de ses besoins, et surtout de boire de manière régulière tout au long de la journée.

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Un petit verre ?

Maintenant se pose la question : quoi boire ? Chacun a sa propre approche de l’hydratation. Pour certains, il s’agit d’une bière fraîche en plein été, pour d’autres d’un soda avec sa rondelle de citron ou encore d’une tasse de thé fumant… Attention aux représentations souvent éloignées de la réalité.

Contrairement à ce que l’on entend parfois, boire du thé et du café en quantité modérée ne déshydrate pas vraiment le corps. Il est vrai que la caféine (également présente dans le thé sous forme de théine) a des effets diurétiques en augmentant le taux de filtration glomérulaire des reins et en inhibant la réabsorption sodée, augmentant ainsi théoriquement la diurèse. Pour autant plusieurs études montrent (1,2,3) que la consommation de ces boissons à des doses raisonnables (jusqu'à trois tasses de café, ou six tasses de thé, par jour), ne modifiait généralement pas fondamentalement le niveau d'hydratation globale.  

Tel n'est pas en revanche le cas pour l'alcool : le liquide ingéré provoque en effet des pertes en eau bien supérieures à celles qu’il apporte. Il agit ainsi en faisant baisser la vasopressine (notre hormone antidiurétique) et en augmentant considérablement la diurèse, ce qui peut mener à la déshydratation. C'est l'une des raisons principales de la gueule de bois et justifie le conseil de boire un verre d'eau entre chaque verre d'alcool. 

« Autant pour les tisanes ou le thé, la quantité d’eau évacuée dépend des personnes, autant pour l’alcool on considère que si l’on boit une unité alcool, telles qu’elles sont définies dans les bars, on urine cette unité et un verre en plus », détaille Boris Otten. Les sucres raffinés ont aussi un effet diurétique limitant fortement le potentiel hydratant des sodas, jus de fruits industriels ou sirops. Une tendance à consommer des boissons déshydratantes qu’il faudrait absolument venir compenser selon le thérapeute.

Pour le praticien, il est important d’agir en fonction de soi et d’apprendre à se connaître. À ses patients, il recommande d’abord de boire plus, jusqu’à atteindre un taux de mictions équivalent à 1,5 l par jour. Si le pli cutané se maintient, il convient de vérifier que l’on ne boit pas trop de boissons déshydratantes (et certains médicaments comme les hypertenseurs ou les laxatifs peuvent aussi avoir cet effet !). En dernier lieu, Boris Otten conseille de rajouter un peu de sel dans l’alimentation pour observer les effets. Les organismes de santé recommandent un apport de 6 g de sel par jour, la moyenne en France se situant autour de 12 g. Quoi qu’il en soit, il est recommandé de prendre conseil auprès de professionnels de santé, surtout si vous avez des antécédents cardiovasculaires et/ou rénaux.

Reste que l’eau est la première boisson conseillée pour bien s’hydrater. Pour ceux qui ont du mal à en boire, il est possible d’y ajouter un peu de jus de citron. Le fruit, pas du sirop.

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Un thé sans caféine bien hydratant

Il est une boisson venue du Japon méconnue en France : il s’agit du thé d’orge. Alors que l’on a tendance à penser que les Japonais boivent beaucoup de thé vert, celui-ci serait en fait réservé plutôt aux grandes occasions, tandis que le thé d’orge est d’usage quotidien. Dépourvue de caféine, cette boisson peut être consommée comme une alternative au café, duquel on retrouve d’ailleurs certaines saveurs. Le thé d’orge est à consommer froid ou chaud. Veillez toutefois à le conserver au frigo si vous ne le buvez pas immédiatement, l’orge ayant tendance à fermenter.

Choisir son eau

Selon Anne-Marie Milin, ostéopathe, il est fondamental de bien choisir son eau. La thérapeute conseille une eau la plus « plate » possible, c’est-à-dire ne contenant pas trop de minéraux.

Partant de là, comment choisir entre l’eau du robinet et l’eau en bouteille ? « Chaque option a ses avantages et ses inconvénients », précise-t-elle. Les eaux en bouteille contiennent des résidus de plastique, mais la qualité des eaux du robinet peut varier d’une ville à une autre, et même d’un quartier à un autre. Les carafes filtrantes ou dispositifs de ce type peuvent améliorer la qualité de l’eau mais leurs effets restent relatifs. « La meilleure configuration serait une eau de source parfaitement contrôlée en termes de minéralisation, dans une bouteille en verre », stipule Anne-Marie Milin.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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