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Les mystères de la longévité des Amish : au-delà de l'ADN

Article paru dans le journal nº 51 Acheter ce numéro
  • Une famille Amish de Pennsylvanie, juin 2016.Une famille Amish de Pennsylvanie, juin 2016.

Vous avez certainement vu passer cette information, relayée dans beaucoup de médias ces derniers jours. On a découvert chez les populations des Amish une mutation génétique spécifique, qui expliquerait leur longévité : 85 ans, soit en moyenne dix ans de plus que la moyenne des Américains. Les Amish sont ces petites communautés religieuses vivant dans des fermes isolées aux États-Unis. Très consanguins du fait de leur repli sur eux-mêmes, ils utilisent des chevaux pour l’agriculture ou leurs déplacements.

Or il se trouve que plusieurs centaines de ces Amish, qui descendent tous d’un même couple émigré de Suisse il y a six générations, ont d’après des recherches récentes une mutation sur un de leur gène (Serpine1). C’est pour cette raison, pense-t-on, qu'ils ils seraient moins exposés aux maladies cardiovasculaires et au diabète et vivraient plus longtemps. Autre fait notable : ils auraient en moyenne des télomères plus longs, ces structures qui protègent l’extrémité de nos chromosomes, maintiennent leur stabilité et raccourcissent avec l’avancée en âge.

Bien sûr, « l’exception amish » a de quoi intriguer : taux de cancer presque deux fois inférieur au nôtre, bien moindre prévalence d’autisme... Bien sûr, dans cette découverte se cache peut-être un mécanisme qui pourrait prolonger notre longévité à tous. Mais je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur l’emballement médiatique que cette découverte suscite...

Se pourrait-il que cet empressement à trouver LA CAUSE de leur insolente longévité, et à y trouver une forme de jubilation, dise quelque chose de nous ? Qu’il y ait une forme de soulagement chez nous, à trouver chez eux, une cause génétique claire et identifiable à leur longue vie ? Ne serait-ce pas un procédé commode pour nous exonérer ou nous déculpabiliser de nos modes de vie occidentaux et des innombrables pathologies qu’ils entraînent ? 

"Oui, bien sûr, les Amish font beaucoup d’activité physique, limitent l’usage de l’alcool et des cigarettes, vivent à l’écart des villes et de la pollution… mais s’ils vivent plus longtemps c’est parce qu’ils ont un avantage génétique que nous n’avons pas !"

Il s’était passé la même chose ou presque il y a quelques années avec les centenaires d’Okinawa dont on voulait à tout prix percer le secret. Après avoir élevé le fameux "régime Okinawa" au rang de mythe, on avait essayé de désigner un autre responsable, lui plus simple et plus identifiable. Si les habitants d'Okinawa vivaient centenaires c’était en fait, plus probablement, du fait d’une plante utilisée couramment dans leur alimentation : le getto.

Cette plante, devenue en l'espace d'une semaine la coqueluche des médias, est très riche en resvératrol, cet antioxydant présent aussi dans le raisin et « à l’origine du paradoxe français » (on mange gras et on boit du vin, mais on a une bonne longévité !). Et s’il est sûr que cet antioxydant a un impact sur la régulation de nombre de nos gènes, sur le cancer, le diabète, etc., il ne peut pas à lui seul évidemment expliquer notre longévité hexagonale.

Comme avez pu le découvrir dans le dossier du mois de novembre dédié à la médecine anti-âge (voir le sommaire ci-dessous), le vieillissement est tout autant lié à nos niveaux hormonaux, au système immunitaire, à la glycation, au stress oxydatif... Et si la préservation de la longueur de nos télomères peut certes être liée à une mutation génétique (comme dans le cas des Amish), elle dépend également d’apports suffisants en vitamines (B9, B3, C, E, D3), de l’exercice physique, des expériences dans la petite enfance, comme l'explique fort bien le prix Nobel de médecine Dr Elizabeth Blackburn.

Bref tout ça est plus compliqué qu’il n’y paraît. Lisez cet article sur la nutrogénomique si vous voulez comprendre comment la nutrition modifie l’expression de nos gènes, préserve ou altère l'intégrité de notre ADN, ou bien si vous vous interrogez sur l’utilité des nouveaux tests génétiques pour prédire vos maladies futures, je vous invite à lire cet article sur la nutrigénomique.

Ces conseils ne vous dispensent pas de consulter en premier lieu un médecin pour établir un diagnostic. Vous pouvez également vous faire accompagner par un thérapeute en médecine complémentaire. Pour en trouver un près de chez vous, rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com

Tags sur la même thématique Vieillissement vieillissement télomères ADN Amish Okinawa
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