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La balance ne vaincra pas l’obésité

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  • Près de deux Français sur dix souffrent d’obésité.Près de deux Français sur dix souffrent d’obésité.

De nouvelles recommandations canadiennes proposent de guider les professionnels de santé dans le suivi des patients obèses en privilégiant une approche fondée sur la santé plutôt que sur le poids, mais aussi en reconnaissant l’obésité comme une maladie chronique qui nécessite un traitement pluridisciplinaire adapté.

Près de deux Français sur dix souffrent d’obésité. Pourtant, ce fléau n’est pas reconnu comme une maladie chronique dans l’Hexagone, tandis que certains médecins continuent d’ériger l’alimentation saine et l’activité physique au rang de solutions miracles pour atteindre le Graal : la perte de poids. Or, d’après une nouvelle ligne directrice, publiée le 4 août, dans le Journal de l’Association médicale canadienne, la balance n’est pas l’indicateur adéquat. Devant la complexité de cette pathologie, les auteurs de ce rapport préconisent de se concentrer sur les paramètres de santé du patient et non sur sa masse corporelle. Pour ce faire, ils proposent un protocole en cinq étapes, censé permettre de dépasser le slogan simpliste « manger moins, bouger plus ».

Aussi évident que cela puisse paraître, le premier stade consiste à « demander aux patients l’autorisation de les conseiller et de les aider à traiter cette maladie ». ­Ximena Ramos-Salas, docteure en ­santé publique, travaillant sur les discriminations en lien avec l’obésité, rappelle dans ce document que « les professionnels de santé sont formés pour s’entretenir sans jugement et de manière impartiale avec leurs patients lorsqu’il s’agit d’autres ­maladies ­stigmatisées, tels les troubles mentaux, le VIH ou le sida, ou encore le handicap. Les personnes ­atteintes d’obésité devraient donc être traitées de la même manière. » Le consentement reste toutefois abordé de façon trop superficielle dans ce rapport, d’après Édith Bernier, auteure du livre Grosse, et puis ? Connaître et combattre la grossophobie (1). Dans la version canadienne de l’HuffPost, elle déplore que l’avis du patient ne soit pas approfondi : « On effleure à peine la possibilité qu’une personne grosse ne désire pas maigrir ou parler de son poids. Lorsqu’on aborde finalement la question, on s’empresse de nous mettre sur le dos, à nous, les patients gros, l’absence de désir de vouloir “s’attaquer à ce problème” ».

Une maladie chronique

Pour les auteurs de ce document, ­« s’attaquer au problème » nécessite de classer l’obésité comme une maladie chronique. Ce qui est le cas de l’Organisation mondiale de la santé depuis 1997 et de certains pays comme l’Italie et l’Allemagne, mais pas la France ni le Canada. Cela ferait pourtant « toute la différence en termes de perception, selon Anne-Sophie Joly, présidente du Collectif national des associations d’obèses (Cnao). On ­arrêterait d’assimiler l’obésité à un problème de volonté, voire à un ­dysfonctionnement intellectuel. »

La deuxième étape avancée par les chercheurs canadiens concerne l’évaluation du degré d’obésité du patient. Sans abandonner l’indice de masse corporel (IMC), ces derniers préconisent de ne pas limiter le diagnostic médical à cet indice. « L’obésité n’est pas directement liée à l’apparence ou à la taille du corps. C’est une maladie. Toutes les personnes avec un IMC élevé ne sont pas obèses et toutes les personnes avec un IMC considéré comme ...

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