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Plus proche des arbres

Article paru dans le journal nº 38 Acheter ce numéro

Ils sont puissants, majestueux, royaux, élancés ou massifs, rabougris ou élégants… Et cependant, on ne prend parfois pas le temps de les contempler. Pourtant, ces végétaux sont indispensables à notre vie sur terre puisqu’ils nous fournissent l’oxygène dont nous avons tant besoin, de l’ombre en été, mais aussi une source de bien-être souvent ignorée. Et si ces compagnons végétaux pouvaient aussi apaiser notre esprit ?

Les arbres sont apparus sur terre bien avant nous, avant les primates et les mammifères : les premiers feuillus datent de 130 000 millions d’années, et les conifères seraient encore plus vieux, avec près de 200 millions d’années au compteur… 8 000 ans avant notre ère sont apparus la plupart des arbres qui peuplent l’Europe aujourd’hui. Ces végétaux sont exceptionnels par bien des ­aspects : ils battent des records de longévité, avec 4 600 ans pour un pin vivant dans les White Mountains (nord-est des États-Unis) et près de 3 500 ans pour des séquoias géants de Californie, qui ont aussi à leur actif un autre record, puisqu’ils culminent pour certains à 110 mètres de hauteur !

Des êtres sensibles

Depuis toujours, les arbres ont été les compagnons végétaux de l’homme, témoins ­silencieux de leur histoire. Leurs troncs sont de véritables mémoires vivantes : plus un arbre est vieux, plus ses stries donnent des informations sur le passé, les incendies ou les changements climatiques. Ils font partie de la vie d’un village et sont considérés comme un véritable patrimoine par les Anciens, qui aiment se retrouver sous leur ombre. Parmi ces arbres remarquables, ­citons l’if d’Estry, dans le Calvados, avec un tronc de 12 mètres de circonférence, qui serait âgé de 1 600 ans. Une petite église a été construite tout près de ce vénérable, probablement par les habitants de ce petit village. On pourrait aussi mentionner ce vieux chêne creux de Saint-Pardoux dans les Deux-Sèvres, qui aurait servi de cachette à Robert de Chouan pendant la Révolution !

Les arbres sont-ils des êtres « sensibles » ? Pour Francis Hallé, botaniste français qui a étudié durant cinquante ans les arbres dans de nombreuses forêts tropicales du monde, la réponse est oui. S’ils sont stressés, ils résistent moins aux maladies. Mais pas seulement : certains sont « timides » et pratiquent l’évitement en essayant de ne pas mélanger leurs branchages. Certes, les arbres ne peuvent pas se sauver en cas de danger, mais leur immobilité n’est pas un handicap, affirme Francis Hallé, car ils sont capables de développer des stratégies incroyables. Ainsi, l’Acacia caffra peut modifier la composition de ses feuilles en quelques minutes en les rendant toxiques pour les gazelles affamées ! En cas de danger, des arbres de la même espèce sont capables de communiquer entre eux grâce à leurs racines en émettant des composés organiques volatils. Autre exemple : en cas d’incendie, le cyprès ne brûle pas, il « dégaze » : il se débarrasse de son essence, le terpène.

Rencontre avec l’arbre-maître

Vénérer un arbre peut nous aider à grandir et guérir notre âme. C’est l’expérience qu’a faite Mario Mercier, poète, peintre et chaman. Il rencontre un vieux chêne, majestueux, qui deviendra son confident ; il lui donne un nom, Noïark, lui parle comme à un ami, et celui-ci lui livre des réponses. Selon Mario Mercier, la rencontre avec l’énergie d’un arbre, c’est aussi une rencontre avec soi-même. Certes, chaque arbre peut nous guérir en fonction de son essence et de ses propriétés thérapeutiques, mais pas seulement : l’arbre que l’on a choisi a le pouvoir de nous soigner par sa seule présence. C’est une médecine de l’émanation. La joie de le voir et la confiance qu’on lui donne suffit à nous protéger : « Assis contre lui, les reins bien calés dans la fourche de ses racines, je m’enfonce dans sa puissance, je me fonds en lui ; je ne crains plus rien, il est si grand qu’aucune force hostile ne saurait me toucher ».

La sylvothérapie se pratique dans différents endroits du monde : les Japonais prennent des « bains de forêt » pour ­retrouver une harmonie intérieure. Pour eux, c’est une médecine. On peut entrer en empathie avec un arbre, l’admirer, mais aussi l’étreindre, car cela a une action sur notre santé en réduisant notre stress et notre anxiété ; ceux qui en ont fait ­l’expérience affirment se sentir ­ressourcés, en paix avec eux-mêmes, en harmonie avec l’Univers. En enlaçant l’arbre avec amour, vous recevrez une nouvelle ­énergie qui provient de la Terre et du Soleil, car l’arbre est un grand ­récepteur de ­lumière.

Le Ceiba, arbre sacré des Mayas

Les Mayas désignaient l’arbre par le terme te-ol, littéralement l’arbre-esprit. Le  Ceiba, qu’ils nommaient Yaxché, était l’arbre sacré par excellence ; ils le vénéraient, car il incarnait l’esprit des ancêtres. C’était aussi pour eux un arbre cosmique symbolisant les quatre directions géographiques, d’où sa représentation par une grande croix verte. Il est gravé à Palenque, cité maya du Chiapas (Mexique), sur la dalle de la tombe du roi Pakal comme un symbole de renaissance lié à la Voie lactée. De nombreux rituels avaient lieu au pied de cet arbre et sa résine servait comme encens dans les rituels de purification. Aujourd’hui, les Mayas mais aussi les Cubains continuent à le vénérer en lui faisant des offrandes. Il est si majestueux que rien ne peut l’atteindre, ni la foudre ni l’ouragan le plus puissant. Alors, « il doit être la manifestation de quelque divinité », disent les Cubains. Aujourd’hui, le Ceiba pentandra est l’arbre emblématique du Guatemala.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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