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Lombalgies, pensez au psoas

Article paru dans le journal nº 90 Acheter ce numéro
  • Les ostéopathes peuvent diminuer les douleurs lombaires.Les ostéopathes peuvent diminuer les douleurs lombaires.

Le Covid n’est pas la seule épidémie ! Confinement, télétravail, mauvaises postures, stress… c’est une vague assez inédite de lumbagos et lombalgies que constatent, quand ils sont sollicités, médecins, ostéopathes, kinés et autres thérapeutes. En cause ? Peut-être le psoas, un muscle méconnu qui se rappelle (très) douloureusement à notre bon souvenir.

Un lumbago, c’est une lombalgie (déjà une véritable souffrance), mais aiguë. Autant dire que la douleur est terrible et brutale. Aucun effort particulier n’est à mettre en cause. On peut déclencher un lumbago en se penchant pour récupérer une simple orange tombée au sol, ou en enfilant tout simplement une chaussette.

À en juger par les chiffres épidémiologiques facilement consultables (Haute autorité de santé, Inserm, CPAM), on découvre qu’entre 20 et 90 ans, les trois-quarts de la population souffriront à un moment donné de leur vie de douleurs lombaires. Comme l’on suppose que beaucoup de lombalgies restent silencieuses en ne donnant pas lieu à une consultation médicale, les chiffres sont difficiles à établir. Néanmoins, la prévalence connue de la lombalgie (sur une vie entière) dans la population varie selon les études de 66 % à 75 %. Pour être plus clair, 66 % à 75 % des personnes souffriront au moins une fois dans leur vie de lombalgie. En outre, il faut rappeler ici que lumbagos et lombalgies représentent ni plus ni moins que la première cause de maladie professionnelle et d’arrêt de travail.

Pourquoi tant de douleurs ?

On peut considérer que le lumbago a quatre origines principales.

  • Origine mécanique : on peut dire que c’est la plus fréquente. Toutes formes de micro ou macrotraumatismes, touchant les personnes qui exercent des métiers physiques obligeant le port de lourdes charges (maçons, déménageurs, etc.), une scoliose, une inégalité de longueur de jambes peuvent provoquer un lumbago, dû à une hypersollicitation des lombaires au fil des années.
  • Origine traumatique : Du coup du lapin à une simple chute sur les fesses, ces traumatismes, qui peuvent dater de plusieurs années, fragilisent le terrain en créant des tensions le long de la colonne vertébrale.
  • Origine viscérale : c’est l’origine la plus…originale, la plus marquée par l’ostéopathie. L’organisme est doté de réflexes, dont le viscéro-somatique et le viscéro-mécanique. Les systèmes digestif, urinaire et gynécologique sont étroitement liés à la colonne vertébrale. Des tensions dans l’un des systèmes (diarrhée, constipation, prostatite…) favorisent des tensions au niveau de la colonne, et vice-versa.
  • Origine pathologique : ici il s’agit d’artrhosen, d’ostéoporose, de hernie discale, etc. Ces pathologies peuvent fragiliser la zone lombaire. En cas de gonarthrose (arthrose du genou), la marche altérée par la douleur peut avoir une répercussion sur les lombaires. Ou encore, en cas de hernie discale, les nerfs au niveau lombaire sont irrités car ils subissent alors une pression/compression.

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Quels traitements

Le premier réflexe de celui qui souffre, et du médecin qui reçoit un patient présentant les symptômes du lumbago, reste la prise d’anti-inflammatoires ou antidouleurs. On dit que ça passera, qu’il faut être patient…

La prise d’anti-inflammatoires, notamment non stéroïdiens (AINS), expose cependant à de réels effets secondaires. En premier lieu, les risques d’hémorragie et d’ulcère digestif. C’est pourquoi les médecins prescrivent en même temps des protecteurs gastriques, de type inhibiteurs de la pompe à proton, non dénués de conséquences eux-mêmes. Les autres sont l’insuffisance rénale, l’hypertension artérielle et l’augmentation du risque d’infarctus du myocarde.

Et comme si cela ne suffisait pas, la prise de ces médicaments ne fait que glisser la douleur sous le tapis (quand ils y parviennent), une douleur qui ne demande qu’à revenir puisque l’origine du mal n’est pas traitée. Or un lumbago non ou mal traité peut devenir chronique.

On ne peut que trop conseiller de consulter un ostéopathe, un microkinésithérapeute, un chiropracteur, un étiopathe, et autres thérapeutes utilisant la méthode Poyet ou Mézières qui, malgré les différences de pratiques, se réunissent autour de stratégies communes pour traiter cette douleur toujours aiguë. En premier lieu, il s’agira ici de diminuer le plus rapidement les douleurs du dos. Ensuite, la priorité sera d’éviter que les lombalgies deviennent chroniques, et d’empêcher qu’elles surviennent à nouveau ou du moins le plus tard possible.

Les ostéopathes peuvent diminuer les douleurs lombaires en mobilisant les vertèbres par des manipulations (communément appelées « ajustements »). Pour les ostéos, la mobilisation du système musculo­squelettique, en particulier, favorise les processus naturels d’auto­régulation et d’auto­guérison. Le traitement ostéopathique des douleurs lombaires peut inclure une ou plusieurs techniques comme le strain counterstrain (tension/contre-tension) qui consiste à trouver une position de confort permettant le relâchement de points précis indurés et douloureux appelés « tender points » ; les poussées de faible amplitude à grande vitesse (HVLAT) que l’ostéopathe applique sur l’articulation ; le massage pour stimuler les muscles ou encore la thérapie myofasciale, thérapie des tissus mous pour libérer les muscles courts et serrés. Il ne s’agit ici que de quelques exemples de l’arsenal thérapeutique ostéopathique.

Surtout en télétravail

Au rang des facteurs de risques, on a vu que les métiers sédentaires n’ont rien à envier aux métiers physiques où la prise de lourdes charges peut blesser le bas du dos. Si on ne peut que louer les efforts consentis par l’ergothérapie pour que fauteuils et positions soient à l’idéal dans un travail de bureau sédentaire, les douleurs lombaires restent dépendantes du fait de l’immobilité. Plus on bouge, moins les douleurs lombaires peuvent s’installer.

Cela étant dit, entre un bureau offrant un fauteuil ergonomique ainsi que des conditions de travail optimisées, et le télétravail aussi improvisé qu’imposé où la table du salon sert de bureau voire le canapé fait office de fauteuil de bureau… le dos peut le payer cher. Outre des conditions matérielles mal adaptées au télétravail, le télétravail et le confinement riment aussi avec stress. Stress par rapport à la productivité, mais surtout face à l’inconnu que déteste notre mental. L’addition est ici particulièrement salée pour un muscle en particulier, le psoas, qui se charge de toxines (en Occident, on l’appelle le muscle poubelle) : il stocke vos émotions (la médecine ayurvédique le nomme le muscle de l’âme), et lorsqu’il est tendu, il se rappelle à votre bon souvenir en déclenchant une lombalgie.

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Quels facteurs de risques ?

  • On peut citer l’âge à cause de la perte de densité osseuse et de la raideur qui peuvent conduire à des douleurs.
  • Le manque d’exercice. Les lombalgies sont plus fréquentes chez les sédentaires dont le dos est affaibli et la sangle abdominale relâchée. Lissez la pratique sportive sur la semaine (3 à 5 séances) pour des séances dont la somme hebdomadaire doit atteindre un minimum de deux heures et demie.
  • La grossesse s’accompagne souvent de douleurs plus particulièrement en milieu ou en fin de grossesse. En outre la prise de poids est un facteur de risque important.
  • Certains métiers sont facteurs de risques. Aussi bien les métiers physiques que les métiers sédentaires.

Symétrique, des vertèbres jusqu’aux jambes

Le psoas est un grand muscle du bassin ; il est long et fusiforme, se situe entre le bassin et les vertèbres lombaires, de chaque côté. Symétrique, il est le seul muscle à joindre les vertèbres aux jambes. Il s’insère à son origine au niveau de la dernière vertèbre thoracique (T12) et des cinq vertèbres lombaires (L1 à L5) puis descend latéralement pour se terminer à la partie supérieure du fémur. En outre, le psoas est innervé par le nerf crural dont l’inflammation peut déclencher une cruralgie.

Pour soulager le dos, l’ostéopathe va chercher à détendre le psoas. Il va ensuite vérifier d’éventuels dysfonctionnements au niveau des ­vertèbres lombaires qui peuvent contracter le psoas de façon anormale. Ce muscle étant également lié au bassin, l’ostéopathe va en rééquilibrer les différentes structures pour permettre à la hanche de retrouver toute sa mobilité. Enfin, certaines insertions du psoas étant communes à celles du diaphragme, l’ostéopathe détendra celui-ci, ce qui entraînera un relâchement du psoas et inversement.

Choyez votre psoas

Le psoas se charge facilement en toxines, ce qui peut entraîner un spasme et de très vives douleurs. Le spasme du psoas est facilité par une accumulation d’acidité. Il sera donc conseillé d’éviter les aliments acides (fromage, sucre, produits laitiers, tomates, fruits, céréales, pain, pâtes, œufs, alcool, vinaigre, légumineuses…) et privilégier en tamponnant cette acidité avec des aliments basiques (légumes verts, pommes de terre, amandes, châtaignes, noix du brésil, bananes pas trop mûres…). En outre, il est recommandé de bien s’hydrater (deux litres par jour au minimum) pour évacuer les toxines.

Il faut bien veiller à étirer le psoas, en douceur : placer un genou à terre et l’autre jambe devant, pliée à quatre-vingt-dix degrés, de façon à être en appui sur le pied de la jambe en avant. Attention à bien garder le buste droit. Respirez pendant l’exercice en vous étirant vers le haut, comme pour chercher à vous grandir. À partir de cette position, deux mouvements peuvent compléter l’étirement du psoas : tendre les bras vers le haut ou attraper le pied arrière avec la main et le ramener vers la fesse.

Cet étirement est le plus complet, efficace et facile à mettre en place, à recommencer donc chaque jour.

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Un seuil de contrainte à ne pas dépasser

La colonne vertébrale est conçue pour supporter un seuil de contrainte qu’il vaut mieux ne pas dépasser au risque de voir apparaître des lésions au premier rang desquelles la hernie discale. Pour avoir une idée des contraintes que supporte la colonne vertébrale, il faut savoir que porter un objet sans avoir le réflexe de plier les jambes correspond à multiplier le poids de l’objet par dix au niveau des lombaires. Ainsi, quand vous vous penchez pour saisir un pack de six bouteilles d’eau minérales d’1,5 litre qui pèse 9 kilos équivaut à une contrainte de 90 kilos pour vos lombaires. Si vous soulevez un carton de 20 kilos, c’est donc 200 kg qui s’exercent sur le bas du dos.

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En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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