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Diabète : normaliser sa glycémie naturellement

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  • Diabète : normaliser sa glycémie naturellement

Pour la plupart des gens, le diabète de type 2 (non insulinodépendant) est une maladie chronique avec laquelle on peut, grâce à la médecine, vivre presque normalement, mais dont on ne guérit pas. La recherche a pourtant découvert que certains diabétiques connaissent une disparition spontanée de leur pathologie, tandis que de nombreux autres ont rétabli un métabolisme sain à l’aide de mesures d’hygiène de vie, notamment alimentaires. On peut donc « entrer en rémission » du diabète naturellement. Conseils pratiques.


Diabète de type 2 : le curieux phénomène de la rémission « spontanée »

Une nouvelle étude écossaise suggère qu’une proportion inattendue de diabétiques (4,8 %) parviendrait à un état de rémission sans intervention extérieure. Ces sujets sont majoritairement blancs (74 %), plutôt âgés (autour de 75 ans), et présentaient un taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) inférieur à 48 mmol/mol (6,5%) au moment du diagnostic de leur diabète. Tous avaient perdu du poids depuis le diagnostic et aucun n’avait eu recours à un traitement hypoglycémiant.

Ces travaux confirment les conclusions d’une étude américaine antérieure, portant sur des sujets majoritairement afro-américains, indiquant que la rémission sans intervention médicale existe, bien que rare. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une rémission partielle (synonyme d’une hémoglobine glyquée entre 5,7 et 6,4 % durant un an sans traitement), les rémissions complètes et prolongées restant anecdotiques. Ces dernières concernent, là aussi, des personnes plutôt âgées (plus de 65 ans) dont le diabète déclaré n’excède pas deux ans et qui n’ont pas pris de traitement médicamenteux antidiabétique.

Les rémissions actives ne sont plus ignorées

Bien que l’idée d’inverser le diabète – et plus encore celle d’en guérir – ait du mal à percer, des travaux dans le monde entier montrent depuis plusieurs années que c’est faisable, moyennant des mesures d’hygiène de vie – spécialement alimentaires – souvent drastiques. Certaines études ont montré qu’il était aussi possible d’inverser un diabète sur le long terme avec des ajustements d’hygiène de vie moins contraignants incluant une perte de poids de l’ordre de 10 % seulement – un objectif plus facilement envisageable et atteignable par les participants.

Si, par le passé, la restriction calorique et la chasse aux lipides étaient incontournables dans la lutte contre le surpoids et le diabète, la recherche s’intéresse aujourd’hui davantage aux quantités et aux types de glucides ingérés pour leur répercussion directe sur l’insuline et relativise le comptage calorique en tant que « valeur absolue ».

La lente évolution des préconisations

En France, les diabétiques sont aujourd’hui encouragés à adopter une alimentation équilibrée telle que préconisée par le Plan national nutrition santé (PNNS) pour la population générale, avec pour seule restriction spécifique de limiter les apports de « produits sucrés » ( dixit la Fédération Française des Diabétiques ). Cette préconisation inclut donc des féculents à chaque repas… Évolution positive, l’accent est désormais mis sur un apport en légumes plus important, mais les protéines (viandes, poissons, œufs, légumineuses…), qui induisent le mieux une satiété permettant de s’en tenir aux trois repas principaux sans envie de grignoter, sont encore trop peu mises en avant.

Ça bouge plus vite aux États-Unis où le régime low-carb (pauvre en hydrates de carbone) a été intégré aux préconisations de l’American Diabetes Association (ADA) dès 2008, alors que l’accent avait été mis jusque-là sur le low-fat (pauvre en graisses). Devant le succès de cette alimentation dans la gestion de la glycémie et dans la réduction de la médication, l’approche low-carb a rejoint en 2019 les normes de soins médicaux pour le diabète (Standards of Medical Care in Diabetes) de l’ADA , qui reconnaît désormais que c’est un outil capable de conduire à la rémission.

Le régime cétogène, qui privilégie des apports importants de lipides, semble être également bénéfique contre le diabète, d’après la recherche. Mais son côté extrême (de 70 à 90 % de lipides dans l’assiette) ne convient pas à tous les profils métaboliques, il nécessite un suivi strict et il est plus difficile à concilier avec la vie quotidienne que le régime low-carb.

Réduisez tous les glucides

C’est l’une des citations volontiers attribuées à Hippocrate : « Avant de chercher à guérir quelqu’un, lui demander ce qu’il est prêt à abandonner qui le rend malade. » Elle ne saurait s’appliquer mieux qu’au diabète. En effet, dans la quasi-totalité des parcours de diabétiques « en rémission », la clé réside dans la limitation des sources de glucides, y compris les féculents – à rebours des recommandations toujours en vigueur, mais qui commencent à évoluer.

Que ce soit dans le cadre de plans ou de régimes alimentaires spécifiques, ou sur les conseils de médecins ou de nutritionnistes avertis, des centaines de diabétiques ayant supprimé ou drastiquement réduit leur consommation de glucides issus du pain, de pâtes, du riz, des pommes de terre et des denrées industrielles sucrées ont réussi à normaliser leur glycémie à jeun et leur niveau d’hémoglobine glyquée.

Cette alimentation low-carb est préconisée par le Dr David Unwin, un médecin généraliste anglais qui a adopté cette approche en 2012 après y avoir été sensibilisé par une ancienne diabétique qui s’était « guérie » seule de cette façon. En compensant les glucides par beaucoup de légumes verts associés avec de la viande, du poisson et des laitages, le Dr Unwin a conduit plus d’une centaine de ses patients diabétiques à la « rémission » . Ses succès lui ont notamment valu, en 2016, le prix de « l’innovateur de l’année » décerné par le National Health Service du Royaume-Uni.

Contre le diabète, une boîte à outils diversifiée

Renoncer au pain, aux pâtes, au riz, aux gâteaux et aux boissons sucrées est difficile, autant parce qu’ils entraînent une certaine dépendance qu’à cause de leur omniprésence tentatrice. Voici quelques outils supplémentaires pour aider à contenir les valeurs de la glycémie et de l’HbA1c :

  • Le jeûne intermittent : de nombreux témoignages et quelques études observationnelles vont dans le sens d’un impact favorable de cette forme de jeûne sur la glycémie et la dépendance aux médicaments. Le jeûne intermittent n’est pas strict, il autorise, durant la période de diète, l’eau, les tisanes, le thé ou le bouillon ainsi qu’un repas très peu calorique en fin de journée.
  • La cannelle : elle optimise l’utilisation de l’insuline par les cellules et soutient le foie dans sa gestion du glycogène (le glucose stocké).
  • Le gingembre : il limite l’absorption sanguine du glucose et aide à prévenir les complications du diabète sur le foie, les reins, les yeux et le système nerveux.
  • Les noix, les graines et les fruits à coque : à la fois sources de protéines, d’acides gras et de fibres, ils constituent des ingrédients idéals pour l’alimentation antidiabétique, tout particulièrement pour prévenir les chutes intempestives de glycémie et faire face à une fringale irrépressible.
  • Le curcuma : il régule la résistance à l’insuline et soutient la fonction pancréatique tout en offrant une action anti-inflammatoire globale.
  • La myrtille : le fruit (frais, en jus ou en poudre) est bénéfique pour ses puissants antioxydants et sa teneur en fibres, tandis que les feuilles (en tisane ou en poudre) aident à réguler la glycémie.
  • Le resveratrol : en cures de quatre semaines, il aide à diminuer la résistance à l’insuline ainsi que la glycémie.
  • Ayurvéda : l’ ashwagandha et la Terminalia arjuna sont deux plantes de la pharmacopée indienne connues pour aider à normaliser la glycémie et l’HbA1c, mais aussi les triglycérides et le cholestérol.
  • De l’activité physique quotidienne : bouger tous les jours stimule le métabolisme et l’aide à se rééquilibrer. Marche, vélo, nage, taï-chi, en intérieur ou en extérieur, tous les prétextes sont bons !
  • La gestion du stress : le stress, quelle qu’en soit l’origine, est souvent une composante fondatrice dans l’apparition d’un diabète. Trouvez votre source de stress et travaillez-là avec la méditation par exemple ou, pourquoi pas, avec une psychothérapie.

Dans tous les cas, ne modifiez jamais votre médication antidiabétique sans avis médical préalable.

Lire aussi Diabète : le combat de tous les types

 

Sources :

« Epidemiology of type 2 diabetes remission in Scotland in 2019: A cross-sectional population-based study », PLOS Medicine, novembre 2021.

« Incidence of remission in adults with type 2 diabetes: the diabetes & aging study », Diabetes Care, décembre 2014.

« Nutritional basis of type 2 diabetes remission », The British Medical Journal, juillet 2021.

« Benefits of Nut Consumption on Insulin Resistance and Cardiovascular Risk Factors: Multiple Potential Mechanisms of Actions », Nutrients, novembre 2017.

"A Meta-Analysis of the Impact of Resveratrol Supplementation on Markers of Renal Function and Blood Pressure in Type 2 Diabetic Patients on Hypoglycemic Therapy", Molecules, octobre 2020

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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