Pour consulter le site sans publicités inscrivez-vous

Mieux prévenir Alzheimer en soignant nos gencives

  • Mieux prévenir Alzheimer par la santé bucco dentaire ?Mieux prévenir Alzheimer par la santé bucco dentaire ?
Article 100% numérique

De plus en plus d'études font le lien entre mauvaise santé bucco-dentaire et maladie d’Alzheimer.

Article mis à jour le 17/01/2024 par Sabrina Debusquat

Depuis quelques années, de nouvelles hypothèses suggèrent que l'inflammation chronique et les déséquilibres microbiens pourraient conduire à la maladie d'Alzheimer. Une bactérie responsable d’infections parodontales prénommée Porphyromonas gingivalis, détectée dans le tissu cérébral de patients atteints de la maladie d’Alzheimer, a notamment été pointée du doigt. Une étude apporte de l’eau au moulin de cette nouvelle hypothèse en montrant que des patients atteints de cette maladie ayant reçu un traitement contre une maladie parodontale présentent, à terme, moins de perte de matière grise.

En extrayant les données de deux cohortes de population suivies depuis plusieurs décennies, des chercheurs allemands ont remarqué que les 177 patients atteints d’un Alzheimer diagnostiqué et ayant reçu un traitement dans le cadre d’une infection parodontale (irritation ou inflammation des gencives plus couramment connue sous le nom de gingivite) avaient en moyenne une atrophie cérébrale moins importante que ceux n’ayant pas reçu ce type de traitement tout en ayant aussi été atteints de gingivite.

Lire aussi Les maux de la gencive

Dentition vs cognition

Une autre étude japonaise, aux données plus récentes, pointe également du doigt le lien entre santé bucco-dentaire et fonction cognitive. Selon leurs observations cliniques menées sur un groupe de personnes de plus de 55 ans durant une période de 4 ans, l'hippocampe gauche rétrécirait plus rapidement chez les personnes souffrant de parodondite et ayant moins de dents (les deux étant associés). Or l'atrophie de cette zone cérébrale est souvent un des premiers signes de la maladie d'Alzheimer…

Ces nouveaux éléments scientifiques étoffent l’hypothèse d’une origine au moins en partie bactérienne de la maladie d’Alzheimer ; hypothèse plus « optimiste » que l’hypothèse génétique, en ce sens qu’elle permet d’envisager que de simples soins dentaires pourraient permettre de diminuer l’incidence de la maladie. Ainsi, les soins dentaires feront peut-être à l’avenir partie de l’arsenal préventif contre cette maladie neurodégénérative.

Lire aussi Parodontite et risque cardiovasculaire : le lien se confirme

P. gingivalis/Alzheimer : qui de l’œuf ou de la poule ? Enfin une réponse concrète

Si P. gingivalis et la maladie d’Alzheimer ont déjà été liées, il était difficile de dire si c’était la maladie des gencives, dont la bactérie est à l’origine, qui provoquait la maladie d'Alzheimer ou si la démence entraînait, tout simplement, de mauvais soins bucco-dentaires. Les preuves de leur causalité n’étaient pas convaincantes. Mais une étude de 2019 semble avoir, pour la première fois, apporté des preuves solides reliant cet agent pathogène (P. gingivalis) à l’apparition de la maladie d'Alzheimer.

En effet, l'équipe qui l’a menée a identifié la trace d’enzymes toxiques appelées « gingipaïnes », sécrétées par les bactéries P. gingivalis, dans le cerveau des patients atteints de la maladie d'Alzheimer mais aussi dans le cerveau de personnes décédées chez qui la maladie d’Alzheimer n’avait jamais été diagnostiquée. Selon les chercheurs, le fait que de faibles niveaux de gingipaïnes aient été constatés même chez des personnes n'ayant jamais reçu de diagnostic de maladie d'Alzheimer pourrait être une preuve irréfutable, suggérant qu'elles auraient pu développer la maladie si elles avaient vécu plus longtemps.

Comme l’explique l’un des auteurs : « Notre identification d'antigènes de la gingipaïne dans le cerveau de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et de personnes présentant une pathologie de la maladie d'Alzheimer sans diagnostic de démence montre que l'infection du cerveau par P. gingivalis n'est pas le résultat de mauvais soins dentaires après l'apparition de la démence ou une conséquence de la maladie à un stade avancé, mais un événement précoce qui peut expliquer la pathologie observée chez les personnes d'âge moyen avant le déclin cognitif. »

Reste désormais à attendre ce que les recherches futures découvriront sur ce lien, mais de plus en plus de chercheurs sont optimistes concernant cette piste.

Lire aussi Alzheimer : découvrez les régimes alimentaires qui réduisent les risques

Lire aussi Alzheimer : une nouvelle piste, aussi responsable d’autres maladies liées à l’âge ?

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé