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Hommes/femmes mode d’emploi

Article paru dans le journal nº 4 Acheter ce numéro

Qu’est-ce qui fait donc que la sexualité – la chose la plus naturelle du monde – soit devenue si compliquéechez l’être humain ? Carences, intoxications, stress… font partie des réponses qui viennent immédiatementà l’esprit. Mais la solution à nos difficultés ne peut se résumer à une liste de compléments alimentaires quiremédieraient à ces différentes causes. Nous devons aussi nous réapproprier notre sexualité.

La « mécanique » de la sexualité a été largement étudiée et documentée. Elle reste pourtant obscure pour la plupart d’entre nous et, bien souvent, par pudeur ou par honte, nous n’avons jamais cherché à comprendre ce qui se passe en nous. Une simple description de la physiologie de la sphère sexuelle nous apprend qu’il s’agit d’un phénomène complexe qui mobilise au même moment une multitude de fonctions et d’organes.

La testostérone, hormone de la libido des deux sexes

On sait que la testostérone est l’« hormone du désir » chez l’homme. On sait moins qu’elle joue vraisemblablement un rôle similaire chez la femme, mais mâtiné du fait de la prédominance des oestrogènes.

Une chose est certaine, c’est la communauté d’action de cette hormone sur les organes érectiles de l’homme et de la femme, probablement du fait de leur grande similitude structurelle : la testostérone, quand elle est prescrite chez la femme, induit non seulement une augmentation rapide de sa libido, mais aussi une turgescence de son clitoris. Cette propriété est d’ailleurs utilisée chez les jeunes filles qui se sont toujours senties une âme de garçon et qui désirent changer de sexe : leur clitoris augmente alors sensiblement de taille jusqu’à être comparable à un pénis (sans urètre évidemment).

L’érection de l’homme ou de la femme est sous contrôle nerveux. Le centre de ce contrôle, situé dans la moelle épinière, est lui-même régulé par une structure cérébrale, l’axe hypothalamo- hypophysaire. Lorsque l’hypophyse sécrète de la LH, elle commande la sécrétion de testostérone jusqu’à ce que celle-ci atteigne un certain taux sanguin qui stoppera la sécrétion de LH.

Quand la libido est réveillée, un processus chimique se met en route au niveau des cellules de la paroi interne des artères, notamment de la région sexuelle. Il y a libération d’un gaz, le monoxyde d’azote (NO), à partir d’une réaction entre oxygène et L-arginine. À son tour, ce gaz induit une cascade d’autres réactions biochimiques qui aboutit à la relaxation des fibres musculaires lisses (indépendantes du contrôle de la volonté) situées au coeur de la paroi de ces mêmes vaisseaux. Comme les organes érectiles sont essentiellement constitués de vaisseaux sanguins, ceux-ci gonflent rapidement.

Chez l’homme, du fait que les corps caverneux sont entourés d’un tissu dur et non expansible, la verge entre en érection. Un mécanisme similaire préside certainement à la turgescence du clitoris chez la femme.

Une régulation du désir différente d'un sexe à l'autre

Chez la majorité des femmes, le désir augmente au fil du cycle pour atteindre son acmé aux alentours de l’ovulation (au moment où la sécrétion des hormones féminines est la plus élevée) avant de redescendre. À l’opposé, chez une minorité de femmes, le désir est maximal au moment des règles. Avec, entre ces deux extrêmes, toutes les possibilités intermédiaires.

Lorsque la femme ressent un désir sexuel, ses glandes de Bartholin, situées dans les grandes lèvres, secrètent alors de la cyprine, un liquide qui va lubrifier la vulve et l’entrée du vagin et ainsi faciliter grandement la pénétration.

Chez l’homme, le processus est tout autre. Suite à un stimulus quelconque, le cerveau commande la sécrétion de testostérone qui, à son tour, induit l’érection et l’augmentation du désir.

Du fait du pic sécrétoire en testostérone vers six heures du matin, il est fréquent que l’homme se réveille en état d’érection, sans pour autant sortir d’un rêve érotique. Dans ce cas, son désir suit la physiologie.

Le cerveau, plus gros organe sexuel

Idéalement, le désir réciproque conduit à l’acte sexuel et à l’orgasme. Extériorisé par l’éjaculation de sperme – par le méat urinaire chez l’homme, par celle d’un liquide comme de l’eau par les orifices des glandes de Skene chez la femme –, l’orgasme (étymologiquement : bouillonner d’ardeur) est surtout un vécu intérieur que les mots ont grand-peine à exprimer : abandon de soi, transport, expansion de conscience, extase qui, aussi agréables qu’ils soient, font peur du fait de l’ouverture vers un monde aussi immense qu’inconnu.

Par ailleurs, un grand nombre de facteurs – certains physiques mais le plus souvent psychologiques – est susceptible d’interférer négativement et d’interrompre le processus. Par exemple, le réveil d’une douleur physique, le manque de détente, la survenue de pensées parasites. C’en est ainsi parce que – pour reprendre l’expression du Dr Sylvain Mimoun – le cerveau est le plus gros organe sexuel de l’être humain, mais aussi le plus sensible. Un mot mal choisi, un geste mal interprété, et la magie est rompue.

Le dialogue, régulation indispensable

C’est dire l’importance de partager immédiatement tout incident, afin d’interrompre les projections réciproques. Par ailleurs, l’émergence d’un trouble sexuel peut être l’expression d’une insatisfaction dans un domaine autre que celui de la sexualité. Non, faire l’amour ne fait pas tout, même si on le fait bien !

Si, avant de vivre à deux, l’être humain avait la pleine conscience de la nature exacte de ses besoins dans une relation de couple, il éviterait certaines désillusions et n’irait pas chercher en dehors de chez lui ce qu’il ne trouve pas chez son (sa) partenaire. Une psychothérapie peut amener à cette prise de conscience, et de là ouvrir sur un dialogue enfin constructif entre partenaires.

De nombreuses maladies sont causes de troubles de la vie sexuelle

  • Les déficits hormonaux, liés à l’âge ou à une maladie auto-immune.
  • L’hypercholestérolémie.
  • Le diabète.
  • Le vieillissement vasculaire.
  • L’insuffisance rénale chronique.

Les médicaments que nécessitent ces affections sont parfois responsables eux-mêmes d’une dégradation supplémentaire de la fonction sexuelle :

  • Les sédatifs, notamment les benzodiazépines (Valium, Tranxène, Lexomil, etc.)
  • Les antidépresseurs, notamment tricycliques et IMAO.
  • Certains antihypertenseurs, notamment les bêtabloquants.
  • Les AINS, anti-inflammatoires couramment au cours des rhumatismes chroniques.
  • Les antifongiques.
  • Les antihormones en cas de cancers hormonodépendants (sein, prostate).
  • Une hygiène de vie insuffisante peut faire le lit des troubles sexuels
  • Les intoxications volontaires (tabac, alcool, drogues, travail).
  • L’alimentation de type occidental qui favorise le stress oxydatif.
  • La sédentarité.
  • Le surentraînement ou la pratique de sports extrêmes.
    L’environnement peut favoriser l’émergence de troubles sexuels
  • La pollution atmosphérique.
  • La pollution alimentaire (phtalates mimant l’action des œstrogènes, pesticides présents dans les fruits et les légumes).
  • L’exposition régulière à des conditions climatiques extrêmes.

 

 

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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