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Santé mentale des jeunes, l’urgence d’agir

Article paru dans le journal nº 103 Acheter ce numéro
  • Le manque de personnel et de moyens amènerait certaines structures à fermer des lits en pédopsychiatrie.Le manque de personnel et de moyens amènerait certaines structures à fermer des lits en pédopsychiatrie.

La situation générée par la crise du Covid-19 a fortement touché les plus jeunes. Selon un rapport de 2021 publié par la Défenseure des droits Claire Hédon, les raisons seraient multiples : omniprésence de la confrontation à la mort, notamment à travers les médias, ou encore avoir été désigné comme « vecteur » de la maladie. Dans les faits, on constate un doublement des syndromes dépressifs chez les 15-24 ans : 10 % d’entre eux présentaient un tel syndrome en 2019 contre plus de 20 % en 2020, selon une étude menée en 2021 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Selon la Défenseure des droits, la période de la Covid aurait en réalité révélé, plus que créé, certains troubles. La succession de périodes de confinement aurait sur le long terme eu un impact néfaste et augmenté les tendances à la phobie sociale, générant un repli sur soi. La Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) du département du Rhône a d’ailleurs enregistré pour l’année 2021-2022 un doublement des demandes d’école à la maison.

Un accueil défaillant pour les plus jeunes

Alors que la tendance est très préoccupante pour les plus jeunes, la Défenseure des droits pointe une situation d’accueil aux urgences défaillante. En parallèle, selon Santé publique France, les passages aux urgences pour tentative de suicide chez les 15-24 ans auraient augmenté de 27 % en 2022 par rapport à 2021. Les consultations pour idées suicidaires auraient, elles, presque doublé entre 2020 et 2021. Une situation alarmante face à laquelle les institutions ne seraient pas suffisamment armées, selon Claire Hédon. En effet, le manque de personnel et de moyens amènerait certaines structures à fermer des lits en pédopsychiatrie. Selon la Défenseure des droits, certains jeunes arrivés aux urgences après une tentative de suicide ne seraient pas hospitalisés ou bien dans un service de psychiatrie pour adultes.

Fil Santé Jeunes, une ressource d’écoute pour les jeunes

Fil Santé Jeunes, en partenariat avec Santé publique France, propose un service d’écoute dédié aux 12 à 25 ans. La ligne d’écoute, accessible au 0 800 235 236, tous les jours, de 9 heures à 23 heures, est un service anonyme et gratuit. Elle permet aux plus jeunes de s’exprimer librement sur des problématiques de mal-être. Le site Internet propose quant à lui de l’information, un forum, un tchat ouvert tous les jours de 9 heures à 22 heures ainsi qu’une orientation vers des structures d’aide.

Un plan d’urgence préconisé

Claire Hédon en appelle donc directement à la Première ministre pour instaurer un plan d’urgence pour une meilleure prise en charge de la santé mentale des plus jeunes. La Défenseure des droits formule plusieurs recommandations, comme renforcer le personnel médical dans les établissements scolaires ou offrir un meilleur encadrement pour les enfants en situation de handicap. Claire Hédon demande également à ce que les financements des Maisons des adolescents soient « sécurisés » dans tous les départements. La Défenseure des droits préconise également la constitution d’équipes mobiles dans les hôpitaux afin de mieux répondre aux besoins des plus jeunes.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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