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Prostate : surveiller et traiter l’hypertrophie

Article paru dans le journal nº 17 Acheter ce numéro
  • Prostate : surveiller et traiter l’hypertrophie

La prostate est un organe masculin cependant très mal connu des hommes car elle ne fait que peu parler d’elle avant la cinquantaine. Après cet âge, elle augmente de volume et provoque des troubles de la miction. L’affection est gênante, mais bénigne, cependant, il est important de traiter la prostate avant qu’elle ne se développe trop car, parallèlement à son augmentation de volume, une sclérose se développe qui rend toute résorption ultérieure peu probable.

La prostate se développe naturellement dans l’enfance pour se stabiliser à l’âge adulte. Ensuite, à partir de la quarantaine, elle tend à se développer progressivement ce qui va entraîner des troubles urinaires à partir de 50-60 ans.


Or, même si cette évolution est fréquente, elle n’en demeure pas moins invalidante… Il est également important de traiter la prostate avant qu’elle ne se développe trop car, parallèlement à son augmentation de volume, une sclérose se développe qui rend toute résorption ultérieure peu probable.


L’affection de la prostate la plus répandue est l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Autrefois dénommée « adénome prostatique », l’HPB constitue presque une évolution naturelle de la prostate tant cette pathologie est banale chez l’homme âgé :  60 % des hommes après 60 ans en souffrent et presque 90 % après 85 ans.


L’HBP est caractérisée par une augmentation du volume de la prostate (appelée hypertrophie ou hyperplasie) vers l’extérieur (vessie) ou/et vers l’intérieur (urètre). Le résultat est qu’elle gêne l’évacuation de la vessie et le passage des urines dans l’urètre. Mis à part ces troubles, l’HBP est qualifiée de « bénigne » car elle ne dégénère pas en cancer.


Les causes de l’hypertrophie


Les causes de l’HBP sont restées longtemps mystérieuses. Des arguments hormonaux ont été avancés notamment concernant la dihydrotestostérone (testostérone active) lorsqu’elle est élevée, ou encore une sensibilité plus importante des cellules prostatiques à la testostérone. Car inversement, il semblerait que les hommes castrés aient moins d’HBP que les autres.
Une cause génétique est également probable (mais non prouvée) car les antécédents familiaux semblent aussi déterminants dans la survenue de cette maladie.


Il existerait aussi des causes vasculaires.


Enfin, le syndrome métabolique semble être un facteur favorisant.
Mais aujourd’hui, de nombreux arguments solides évoquent une inflammation chronique comme origine dans la survenue d’une HBP. Elle influencerait le volume prostatique, la progression de l’adénome et même le risque de complication.
C’est ainsi que l’inflammation prostatique va devenir dans les temps prochains une cible préférentielle dans la prévention et le traitement de l’HBP. Les antioxydants auraient alors une place de choix et aussi le palmier nain Serenoa repens (Permixon) qui a démontré un effet anti-inflammatoire.


Les signes qu’il faut surveiller


Les signes sont assez évocateurs :


•    Envies plus fréquentes d’uriner d’abord la nuit, puis ensuite le jour.
•    Impériosités mictionnelles.
•    Diminution du calibre (débit) et de la puissance du jet urinaire, qui font que les mictions sont lentes et peuvent nécessiter de pousser pour évacuer les urines.
•    Parfois intermittence du jet urinaire.
•    Il peut exister des gouttes « retardataires » qui sortent une fois la miction terminée.
•    Sensation de ne pas avoir vidé sa vessie.
•    Plus rarement, douleur lors de la miction.


Par ailleurs, il a été noté que les hommes ayant des troubles urinaires du bas appareil (TUBA) comme dans l‘HBP, présentent souvent des troubles de l’érection associés, sans qu’aucune explication n’ait été trouvée.


Minimiser les troubles


Quelques conseils permettront de minimiser 
les troubles liés à une HBP :


•    Boire beaucoup dans la journée pour laver la vessie et prévenir les infections. Inversement, boire peu le soir pour éviter d’avoir à se relever trop souvent la nuit.
•    Ne pas se retenir trop longtemps lorsque le besoin d’uriner se fait sentir.
•    Le café, l’alcool, les épices, la moutarde stimulent la diurèse (fabrication des urines) et irritent la vessie.
•    Manger de préférence des fruits, des légumes et des crudités pour leur apport en antioxydants. Prendre aussi des acides gras polyinsaturés oméga 3 et 6 (colza, noix, olive, onagre, poisson) qui stimulent la fabrication de prostaglandines précurseurs d’anti-inflammatoires naturels. Le soja aussi serait bénéfique pour la prostate. En revanche, les viandes sont à limiter parce qu’elles favorisent le développement de l’HBP.
•    La lutte contre le stress est indispensable, car il aggrave les troubles urinaires.
•    Le froid, comme le port d’une charge lourde, aggravent aussi le besoin d’uriner.
•    La marche, l’activité physique et les relations sexuelles seraient en revanche bénéfiques. Alors que le vélo et l’équitation compresseraient la prostate et seraient délétères.
•    Lors de la miction, il est conseillé de prendre son temps pour s’assurer de bien vider totalement sa vessie. Selon les personnes, la miction en position assise peut être facilitée par rapport à la position debout.
•    Attention, la prise de certains médicaments peut aggraver les symptômes : antihistaminiques, sédatifs, diurétiques, neuroleptiques, antidépresseurs, etc. Traiter dès les premiers symptômes est conseillé car il est plus difficile de faire régresser des troubles installés, du fait de la survenue de phénomènes de sclérose. Le traitement dépendra des symptômes, de leur intensité,  de l’âge de la personne et de son état général.

Les traitements


Les traitements conventionnels


Ils apportent une bonne amélioration dans 60 % des cas. 
Ils sont de deux types :


•    Les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase comme le finastéride (Chibroprosca) qui est un inhibiteur spécifique de la dihydrotestostérone (testostérone active). Le résultat est long à obtenir (plusieurs mois) et les effets secondaires sont fréquents : troubles de l’érection, mais aussi augmentation du risque de cancer de la prostate.
•    Les alphabloquants (Xatral, Josir, Dysalfa…) relâchent les fibres musculaires de la prostate ce qui facilite la vidange vésicale. Les effets secondaires sont chutes de tension, fatigue et palpitations.


Les traitements naturels


Ils sont aussi très intéressants en cas d’HBP. Deux remèdes sont particulièrement utilisés :
•    Le Serenoa repens ou palmier nain (Permixon) qui limite la fabrication de la dihydrotestostérone, et la prolifération cellulaire prostatique. Il a aussi une action anti-inflammatoire.
•    Le Pygeum africanum, ou prunier d’Afrique (Tadenan), qui freine la prolifération cellulaire, notamment des fibroblastes responsables de la sclérose.
D’autres remèdes ont aussi 
démontré un intérêt certain :
•    le pollen de fleur ;
•    les pépins de courges et citrouille ;
•    les racines d’orties ;
•    les antioxydants (coenzyme Q10, vitamines E et C, sélénium…), le magnésium, le zinc, le lycopène et la vitamine D limiteraient la survenue et le développement de l’HBP.
•    La bromélaïne serait à essayer systématiquement. Un autre protocole prometteur consiste à associer des extraits de melon et du germanium.
•    La formule de l’abbé Chaupitre 82 : 5 gouttes sous la langue avant les 3 repas.
•    L’homéopathie, avec notamment contre l’adénome : Thuya 9 CH (1 dose le dimanche), Rana bufo 4 CH et Prostate 7 CH (3 granules deux fois par jour) et contre les troubles urinaires : Belladona 5 CH et Myristica 5 CH (3 granules de chaque 2 à 3 fois par jour).
•    L’auriculothérapie et l’EFT donnent aussi des résultats souvent surprenants.
•    Les Sérocytol : Génital M, Conjonctif, SRE…
•    Le Pelvimag Bio, à base d’oignon et de magnésium, pour lutter contre l’inflammation pelvienne.
•    Le bêta-sitostérol est indiqué par certains auteurs. Il semble donner de bons résultats mais nous manquons d’informations sur son absence de nocivité à long terme.
•    L’épilobe à petites feuilles… à confirmer.


Les interventions chirurgicales


Elles ne sont préconisées qu’en dernier recours, lorsque les troubles urinaires sont intenses (risque important de rétention) malgré des traitements médicaux bien conduits et prolongés. Environ 65 000 interventions chirurgicales sont réalisées en France chaque année pour des adénomes prostatiques.


•    La résection transurétrale de la prostate (RTUP) est actuellement le traitement de référence. Elle consiste à gratter la prostate à l’aide d’une sonde montée par voie urétrale (par les voies naturelles) et qui laisse en place la coque, c’est-à-dire la partie externe de la prostate. Cette méthode donne des résultats efficaces et durables, avec peu d’effets indésirables. Le plus fréquent consiste en une éjaculation rétrograde (bénigne), c’est-à-dire un passage des spermatozoïdes dans la vessie lors de l’éjaculation. Il n’y a plus d’éjaculation, mais l’orgasme et l’érection demeurent. inchangés.
•    La prostatectomie totale consiste à enlever la totalité de la prostate. Cette méthode est indiquée en cas de très grosse prostate ou lorsque l’intervention précédente a échoué (10 % des cas). Les effets indésirables sont plus fréquents : éjaculation rétrograde, troubles de l’érection, incontinence…
•    D’autres solutions sont maintenant réalisées :
• L’incision transurétrale de la prostate (ITUP), qui consiste à simplement inciser la prostate et le col de la vessie pour faciliter le passage des urines. Cette intervention donne de bons résultats, mais l’effet semble transitoire sur plusieurs années.
• La RTUP au laser à holmium, qui est en cours de développement.
• L’électrovaporisation, qui utilise des ondes pour détruire les tissus prostatiques, ce qui limiterait les effets indésirables.
• Les radiofréquences.
• Des injections de toxines botuliques dans la prostate.

À quoi sert la prostate ?


La prostate est une glande sexuelle qui a la taille et la forme générale d’une châtaigne. Son poids est d’environ 15 à 20 g. Elle est embryologiquement l’équivalent de l’utérus chez la femme. C’est un organe situé juste au-dessous de la vessie, au carrefour entre les voies urinaires et génitales. Elle est traversée par l’urètre (canal où transitent les urines) et les canaux déférents (par où transitent les spermatozoïdes).
La prostate est constituée de glandes individualisées qui produisent un liquide trouble et fluide constituant environ 30 % du liquide séminal. Son rôle est de protéger les spermatozoïdes de l’acidité vaginale. Mais il contient aussi une enzyme coagulante qui permet d’épaissir le sperme lorsqu’il se trouve dans le vagin facilitant son maintien au niveau du col de l’utérus. Les glandes prostatiques sont sous la commande des hormones androgènes (testostérone).


Le dosage des PSA est-il utile ?


Les PSA sont des marqueurs du cancer de la prostate. Ils sont normaux en cas de HBP – quoiqu’une grosse prostate puisse augmenter discrètement les PSA – ce qui permet de faire la distinction entre un cancer et une HBP. Ainsi, en cas de grosse prostate, plusieurs situations sont possibles :


•    si le dosage des PSA est normal (inférieur à 4 ng/ml). Le résultat est en faveur d’une HBP et une surveillance annuelle est suffisante.
•    si le dosage des PSA se situe entre 4 et 10 ng/ml : le résultat est douteux. Il faut alors faire le dosage des PSA libres et du rapport : PSA libres / PSA totales.
-si celui-ci est inférieur à 10 % : il faut faire impérativement des biopsies de la prostate (forte probabilité de cancer) ;
-entre 10 et 25 % : l’attitude dépendra du bilan clinique et radiologique (ou échogra­phique) de la prostate ;
•    si le résultat est supérieur à 25 % : simple surveillance, il s’agit probablement d’une HBP.n si le dosage des PSA est supérieur à 10 ng/ml, la suspicion de cancer est forte. Il convient alors de pratiquer d’emblée des biopsies de la prostate.


Complications


Les complications possibles de l’HBP sont consécutives à la mauvaise vidange vésicale. Ce sont :


•    Les infections urinaires du fait que la vessie ne se vide plus complètement. Les urines stagnant dans la vessie favorisent le développement des bactéries.
•    Les prostatites aiguës ou chroniques.
•    La survenue de lithiase (calcul) urinaire a été décrite en cas d’HBP évoluée et négligée.
•    Les rétentions chroniques d’urines : au stade suivant, la vessie s’engorge des urines qui ne s’évacuent plus correctement. Ce phénomène s’étend peu à peu aux reins, ce qui peut entraîner avec le temps une insuffisance rénale.
•    Les rétentions aiguës d’urines constituent une urgence qui impose rapidement un sondage pour lever le blocage.
IPSS : International 
Prostate Score Symptom
Les réponses à chacune des sept questions doivent être notées de 0 à 5 pour signifier : 0 = jamais ; 1 = environ une fois sur 5 ; 2 = environ une fois sur trois ; 3 = environ une fois sur deux ; 4 = environ deux fois sur trois ; 5 = presque toujours.
•    Question 1. Au cours du dernier mois avec quelle fréquence avez-vous eu la sensation que votre vessie n’était pas complètement vidée ?
•    Question 2. Au cours du dernier mois, avec quelle fréquence avez-vous eu besoin d’uriner à nouveau moins de 2 heures après une miction ?
•    Question 3. Au cours du dernier mois, avec quelle fréquence avez-vous eu une interruption du jet d’urine, c’est-à-dire démarrage de la miction, puis arrêt, puis redémarrage ?
•    Question 4. Au cours du dernier mois, après avoir ressenti le besoin d’uriner, avec quelle fréquence avez-vous eu des difficultés à retenir votre miction ?
•    Question 5. Au cours du dernier mois, avec quelle fréquence avez-vous eu une diminution de la taille et de la force de votre jet ?
•    Question 6. Au cours du dernier mois, avec quelle fréquence avez-vous dû forcer ou pousser pour commencer à uriner ?
•    Question 7. Au cours du dernier mois, combien de fois par nuit, en moyenne, vous êtes-vous levé pour uriner (entre le moment de votre coucher le soir et celui de votre lever définitif le matin).
Faire ensuite le total des sept notes. Selon le résultat on parlera de :

Entre 0 et 7 : stade peu symptomatique.
Entre 7 et 19 : stade modérément symptomatique.
Entre 20 et 35 : stade très symptomatique.Ce résultat permettra d’adapter le traitement et aussi de suivre son efficacité.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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