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Impatiences dans les jambes, une lueur d’espoir

Article paru dans le journal nº 90 Acheter ce numéro
  • "Une envie irrésistible de bouger les jambes, accentuée la nuit".

Dans le prolongement de notre article sur la fibromyalgie et au vu de vos nombreux courriers, nous traitons ici le syndrome des jambes sans repos (SJSR), ou maladie de Willis-Ekbom. De nombreuses interrogations persistent sur les causes de ce trouble neurologique vécu comme un véritable enfer. Existe-t-il des solutions naturelles pour en guérir ou, tout du moins, soulager celles et ceux qui en sont atteints ?

Il se caractérise par une envie irrésistible de bouger les jambes, voire d’autres parties du corps telles que les bras. S’ajoutent à cela des troubles sensoriels inconfortables, parfois douloureux, au niveau des régions touchées (picotements, démangeaisons, tiraillements, décharges électriques, agacement, fourmillements...). Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est particulièrement prégnant pendant les périodes de repos ou d’inactivité ; ses symptômes sont soulagés ou supprimés par le mouvement. Ils se manifestent de manière intermittente ou quotidienne et s’intensifient en soirée et au cours de la nuit. Dans les cas les plus sévères, impossible de rester allongé ; se lever et bouger devient impératif, entraînant des perturbations importantes de la qualité du sommeil, qui se répercutent sur la vie quotidienne.

L’âge moyen du déclenchement des troubles se situe aux alentours de 50 ans, et les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes. Entre 5 et 10 % de la population adulte serait concernée. Les enfants et les adolescents ne sont pas épargnés, mais les chiffres ne sont pas clairement établis. Enfin, alors que nous abordons la fibromyalgie dans ce numéro (lire p. 18), il faut savoir que la prévalence du SJSR serait environ dix fois plus élevée chez les personnes atteintes de fibromyalgie (33 %) que chez celles qui en sont ­indemnes, selon une étude publiée dans le Journal of Clinical Sleep Medecine.

Le rôle de la dopamine

La recherche avance, mais on ignore encore le mécanisme précis de cette maladie de Willis-Ekbom. Les études concordent sur le fait que la forme primaire est génétique ; des formes secondaires mettent en évidence des relations avec certains états pathologiques ou physiologiques. Si l’origine du syndrome reste inconnue, il apparaît toutefois comme la conséquence d’un trouble du métabolisme de la dopamine.

Lorsque la production de dopamine (ou simplement sa circulation) est dérégulée, l’ensemble de la communication entre les neurones se trouve perturbée. La dopamine intervient notamment dans les régions cérébrales à compétences motrices (voir aussi notre dossier sur la maladie de Parkinson)et dans le contrôle des informations sensori-motrices, au niveau de la moelle épinière. Ainsi, un lien étroit existe entre le SJSR et une carence en fer au niveau des neurones contenant la dopamine. De manière générale, ce syndrome est souvent associé à une mauvaise circulation du sang, à une maladie chronique (diabète, fibromyalgie, polyarthrite rhumatoïde, insuffisance rénale...), à une anémie ferriprive (carence en fer de l’organisme), à une carence en vitamine B9 et en certains minéraux (zinc, cuivre, magnésium et calcium), à une grossesse, à la prise de certains médicaments, à la caféine…

Une étude publiée en avril 2018 par des chercheurs du Minnesota donne une piste nouvelle : le SJSR serait corrélé à un dysfonctionnement de la partie du cerveau traitant les informations sensorielles. Des changements structurels ont été observés dans le cortex somato-sensoriel, zone où les sensations sont traitées. Ces modifications pathologiques dans cette région du cerveau seraient responsables des symptômes observés. Enfin, certains chercheurs explorent l’hypothèse que le SJSR découlerait d’une hyperperméabilité intestinale perturbant gravement le système immunitaire et favorisant des carences nutritionnelles par malabsorption intestinale.

Déterminer un traitement efficace

Afin de poser un diagnostic sérieux, il est impératif de consulter un spécialiste. Sachez que le SJSR est très souvent confondu avec d’autres troubles liés, par exemple, à la nervosité ou à un malaise des jambes. Des tests musculaires et sanguins vont appuyer le diagnostic, avec nécessité parfois d’une nuit en observation dans un Centre du sommeil.

Les médicaments prescrits à une personne souffrant d’impatiences soulageront les symptômes sensimoteurs et les troubles du sommeil, mais guérir du SJSR est une autre histoire. Si le syndrome est déclenché par une maladie ou un trouble physiologique définis, alors des remèdes ciblés seront à même de le calmer (par exemple, en luttant contre la carence en fer). Le traitement pharmacologique, lui, fait appel selon les cas à une supplémentation en fer, en magnésium et en vitamine C, à des agents dopaminergiques (précurseurs de la dopamine ou agonistes de récepteurs de la dopamine), à des opiacés, des anticonvulsivants, certains hypnotiques, des tranquillisants et des relaxants.

Ces traitements, parfois incontournables, entraînent malheureusement leur lot d’effets secondaires. Les idées développées ci-dessous visent donc à aider les personnes atteintes d’impatiences à envisager des solutions alternatives pouvant efficacement seconder, voire remplacer quand c’est possible un traitement allopathique. Mais soyons raisonnables : quel que soit le traitement naturel, il est toujours recommandé de faire appel aux thérapeutes formés dans ces disciplines.

Les remèdes naturels

L’homéopathie a une place à prendre dans le traitement du SJSR : Zincum metallicum pour les impatiences classiques, Rhus toxicodendron si la gêne au niveau des jambes est améliorée par le mouvement, Cuprum metallicum en cas de crampes associées, et le complexe n° 71 Tarentula (laboratoires Lehning) sont couramment prescrits. Seul l’homéopathe peut adapter la posologie du traitement à vos besoins. Du côté de la gemmothérapie, le macérat mère de bourgeons de figuier associé au macérat de tilleul joue sur l’équilibre neuro-sensoriel : détente et apaisement garantis.

Le Griffonia simplicifolia, plante de choix en phytothérapie, contient du 5-HTP, un précurseur de la sérotonine (neurotransmetteur agissant sur l’humeur et la gestion du stress). Elle contribue au bon fonctionnement du système nerveux et de l’activité cérébrale. Une autre plante sort du lot pour ses pouvoirs dopaminergiques : le Mucuna pruriens, ou pois mascate. Souvent prescrit en médecine ayurvédique, il est réputé pour son action sur l’équilibre nerveux. Source naturelle de lévodopa (L-dopa) – acide aminé précurseur de la dopamine –, il agit sur les troubles de l’humeur et du sommeil, la nervosité, l’hypertension, les tremblements incontrôlés ou jambes sans repos, les tremblements liés à l’âge. Il apaise aussi les raideurs articulaires et musculaires. Enfin le Ginkgo biloba est également très intéressant en raison de ses vertus veinotoniques, vasodilatatrices et neuroprotectrices. Voir aussi ce témoignage sur l'utilisation des huiles essentielles.

Les compléments

Connaissant le lien entre SJSR et dopamine, on prendra garde à ne pas manquer de magnésium, de fer, de vitamines du groupe B, de vitamine C, de zinc et de tyrosine – acide aminé participant à la synthèse de nombreux neuromédiateurs –, cofacteurs indispensables de la synthèse de la dopamine. Pour autant, faire appel aux compléments alimentaires est la solution de facilité, alors qu’on sait qu’une alimentation équilibrée et diversifiée composée de produits de qualité couvre normalement nos besoins journaliers et peut aisément combler les déficits.

Ainsi, la tyrosine est présente dans les protéines animales et végétales, les fromages et produits laitiers (brebis et chèvre de préférence pour une meilleure tolérance), les amandes, noisettes, noix... La vitamine B6, primordiale pour améliorer la circulation nerveuse et indispensable à la fabrication de nombreuses hormones (sérotonine et dopamine notamment) est contenue dans la banane, le pois chiche, le blanc de poulet, le saumon, las abats… La vitamine B9 – qui participe à la dégradation des protéines, à la synthèse des hématies, de l’ADN/ARN et des neurotransmetteurs et active le foie – ne doit pas être délaissée. Vous en trouverez, par exemple, dans les céréales et graines germées, le raisin, la cerise, le bœuf, le foie de volaille, les ris de veau, le soja, le jaune d’œuf, le chou, l’épinard, le germe de blé, la levure alimentaire, la noix, l’amande, le brocoli, la mâche, les parties vertes des végétaux, les légumineuses...

Les oméga-3 sont tout aussi importants, car un déficit peut diminuer la fluidité membranaire des cellules limitant le fonctionnement des récepteurs, dont ceux à la dopamine (on en trouve dans l’huile de foie de morue, les graines de lin et de chia, l’huile de colza, les fruits à coques, le saumon, le maquereau, les œufs). Enfin, la coenzyme Q10, qui gouverne la production d’énergie de nos cellules et est essentielle au bon fonctionnement de notre organisme, se trouve dans la viande, le poisson, les noix et graines et l’huile de soja.

Les huiles essentielles

Les huiles essentielles ont évidemment leur mot à dire. La synergie d’huile végétale d’arnica et des HE de lavande officinale (antidouleur, anti-anxiété et facilitant la circulation), de marjolaine (favorisant un sommeil réparateur) et de cyprès (activant la circulation veineuse, luttant contre les œdèmes dans les membres inférieurs) constituent, en massage, une aide de premier ordre pour préparer la nuit.

Les pratiques traditionnelles donnent des éclairages différents sur le SJSR. La Médecine traditionnelle chinoise pointe du doigt une faiblesse du qi (vide de yin du Rein, du Foie, de l’Estomac, du Sang...) qui entretient les agents pathogènes persistant dans le corps et gênant la circulation de l’énergie. Les tissus tendino-musculaires ne sont donc plus nourris correctement, le qi et le sang stagnent en obstruant les ramifications ou vaisseaux secondaires, d’où la survenue de la maladie. Des séances d’acupuncture sont d’une aide inestimable pour rétablir la bonne circulation et soulager le SJSR.

Et l’activité physique dans tout ça ? Elle est essentielle ! Pas besoin de se mettre au marathon : trente minutes de marche rapide quatre fois par semaine sont recommandées pour atténuer les symptômes. Vélo, gymnastique, natation et qi gong sont également des activités appropriées. Toute activité physique intense est à bannir en fin de journée.

Une innovation pour soulager les patients

Des chercheurs de l’Institut de recherche de Pennsylvanie, aux États-Unis,
ont conçu un dispositif permettant une stimulation nocturne de certains
 points du pied, qui provoquerait la libération de dopamine et l’amélioration
 des manifestations du SJSR. Fixé par des scratchs autour du pied, l’appareil exerce une pression réglable et continue sur les muscles courts fléchisseurs 
et abducteurs de l’hallux du pied (en avant du gros orteil). La sollicitation de ces muscles témoigne d’une diminution significative des symptômes.

Quelques conseils de bon sens

Éviter les excitants tels café, alcool et cigarette, penser à boire suffisamment d’eau et réduire la consommation de sucre, souvent exagérée, en évitant les sucres ajoutés et les édulcorants. Un régime alimentaire plus sain offre aux personnes atteintes de SJSR un véritable soulagement. Supprimer les exercices physiques intenses en fin de journée et privilégier la marche, le yoga, le qi gong, la méditation. Se coucher et se lever à heures régulières, se masser les jambes, faire des étirements, pratiquer le yoga et la méditation, prendre un bain chaud relaxant et trouver des activités calmes qui permettent de décentrer l’attention des symptômes (lecture, bricolage, écriture...). Enfin, privilégier les activités sédentaires et les longs trajets assis le matin.

 

Carnet d'adresse :

- Dispositif de stimulation des points des pieds, et autres informations sur le site de patients www.france-ekbom.fr


 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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