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Le centre Hahnemann lance un SOS

Article paru dans le journal nº 70 Acheter ce numéro
  • Dispensaire Hahnemann, 99 boulevard Auguste Blanqui, Paris 13èmeDispensaire Hahnemann, 99 boulevard Auguste Blanqui, Paris 13ème

Le centre de santé Hahnemann, le plus ancien dispensaire parisien proposant des consultations en homéopathie est inquiet pour son avenir. Un redressement fiscal vient aggraver son équilibre économique déjà précaire, dans un contexte d’une offensive généralisée contre l’homéopathie et la médecine alternative.

Le centre Hahnemann porte le nom de l’inventeur de l’homéopathie. Pas besoin d’aller plus loin pour savoir ce que ce centre historique offre la possibilité de démocratiser la thérapie des similaires. Mais outre l’homéopathie, les patients peuvent bénéficier de consultations en acupuncture, ostéopathie, mésothérapie et phytothérapie. Ce sont trente-cinq médecins en majorité des bénévoles, qui assurent des consultations dont les prix varient entre 25 et 30 euros. Des tarifs qui permettent l’accès aux soins à des personnes aux faibles revenus.

Implanté dans un quartier populaire du XIIIe arrondissement de Paris, le dispensaire est très apprécié par les patients, en raison de son cadre agréable, de la qualité de l’accueil et de l’écoute.

Mais depuis quelques mois, il y a une ombre au tableau. L’Urssaf réclame au centre la somme de 28 000 euros. Une régularisation de charges de salaires sur l’année 2016 / 2017, versés à des médecins embauchés pour répondre à la forte demande et enregistrer un nombre d’actes nécessaires pour améliorer ses finances.

Afin de défendre ce dispensaire historique en homéopathie, un comité de pilotage a été mis en place, des courriers ont été adressés au président de la République Emmanuel Macron, à la ministre de la ­Santé Agnès Byzin, et à la maire de Paris Anne Hidalgo.

Sur le site leetchi.com, un appel aux dons est lancé « Nous frappons à toutes les portes pour sauver notre dispensaire reconnu d’utilité publique depuis le 27 juillet 1937 », affirme le Dr Christian Caldaguès, président de l’association du dispensaire.

Des patients attachés à l’homéopathie

En ce jeudi 23 mai, la salle d’attente ne désemplit pas. Infirmière dans un hôpital public, Jarrin a opté pour l’homéopathie depuis un moment : « Pour moi la médecine conventionnelle traite les symptômes mais pas la maladie. Je suis convaincue que l’homéopathie peut s’avérer efficace pour des maladies que l’on dit chroniques, sans recours aux produits chimique. »

Pas loin, Jean-Pierre et Catherine Gaumont patientent. Ils fréquentent le centre depuis huit ans. « Nous avons été sensibilisés à l’homéopathie à travers nos enfants lorsqu’ils étaient en bas âges, et allergiques aux antibiotiques. Notre fille, âgée maintenant de 38 ans, faisait des otites à répétition à l’âge de 4 mois. Le pédiatre l’a soignée complètement à l’homéopathie. » Autre habituée, Khady Nicolas, insiste sur la rareté des consultations proposées aux tarifs pratiqués par le centre Hahnemann : « Je suis choquée qu’un endroit qui remplit son rôle pour l’accès aux soins, avec des tarifs abordables, puisse fermer. J’espère que les gens vont se mobiliser pour le défendre. »

Des médecins dévoués

Le Dr Gilles Andrès est l’un des plus anciens bénévoles. Il exerce au centre depuis vingt-quatre ans. Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur, il est aussi un ancien enseignant de la faculté de médecine de Bobigny. À plus de 70 ans, ce spécialiste ne veut pas se résoudre à prendre sa retraite : « Le centre Hahnemann offre la possibilité de recevoir des étudiants et de les former de façon pratique à l’acupuncture. Je suis animé par la passion de transmettre mes connaissances et les consultations avec des étudiants nous poussent à réfléchir, à évoluer. » Gilles Andrès ne cache pas les raisons de son engagement bénévole : « Le sens du devoir, la volonté d’aider les gens. Nous sommes contents d’avoir un bon retour », confie-t-il.

Beaucoup plus jeune, Émilie Colpart est doctorante en 3e année. Recrutée en janvier 2019, elle reçoit entre dix et douze patients par jour et consacre à chacun une bonne demi-heure : « Le centre me permet de pratiquer, même si je ne gagne pas bien ma vie. Je fais ce que j’aime, et je soigne comme j’aime. »

Gageons que des solutions peuvent être trouvées pour préserver ce genre de structure de santé de proximité à caractère social, et pour la démocratisation des soins en homéopathie. Et si médiatiser sa situation et son appel peut être d’un quelconque secours, nous en serons ravis. Surtout au moment même où l’homéopathie est dans le viseur.

Un centre historique

Le dispensaire Hahnemann est le premier centre de santé offrant des soins 
en homéopathie dans l’Hexagone. Il a été fondé en octobre 1931 par le Pr Léon Vannier (1880-1963), père de l’homéopathie et l’un de ses promoteurs 
les plus efficients, créateur de la revue L’homéopathie française. L’association Loi 1901 qui gère le dispensaire Hahnemann est reconnue d’utilité publique depuis le 27 juillet 1937. Ce centre est conventionné, depuis janvier 1992, 
en secteur 1, et accepte la CMU (couverture maladie universelle).

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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