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La MTC face au cancer

Article paru dans le journal nº 47 Acheter ce numéro
  • "Un cancer, une tumeur ne "s'attrape" pas par hasard, ne se transmet pas"

Spécialiste de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), Jean Pélissier évoque dans son dernier ouvrage les solutions qu’elle propose pour prévenir le cancer. Un livre passionnant dont nous nous faisions déjà l’écho dans notre dernier numéro, et dont voici quelques extraits.

La médecine traditionnelle chinoise n’a pas attendu la découverte des différents circuits hormonaux pour comprendre, bien avant notre époque moderne, l’inter­dépendance existant entre les différents organes vitaux et les relations très étroites entre cerveau et organes. Depuis plus de trois mille ans déjà, elle explique, en employant une autre terminologie, que les glandes surrénales jouent un rôle prépondérant dans les mécanismes immunitaires. […] Une faiblesse des défenses immunitaires se trouve souvent à l’origine de la création d’un cancer.

Le corps, cet « ordinateur »

Le corps humain peut être comparé à un ordinateur. […] La mémoire centrale se trouve être le cerveau, avec ses milliards de milliards de connexions, avec ses capacités presque infinies. Pour accéder à cette mémoire, il nous faut donc des programmes, des logiciels. Il en existe cinq principaux :

– Cœur-Intestin grêle ;

– Poumon-Gros Intestin ;

– Rate-Estomac ;

– Reins-Vessie ;

– Foie-Vésicule biliaire

Il n’existe pas un symptôme, qu’il soit physique, mental ou émotionnel, qui ne puisse être rattaché au dysfonctionnement d’un de ces cinq logiciels. Ce super ordinateur ne peut fonctionner que si on lui donne de l’énergie (NDLR l’oxygène, les aliments, les pensées).

Énergie précieuse

Nous disposons aussi d’une batterie […] située dans ce qu’il convient d’appeler pour simplifier le « logiciel Reins ». Cette batterie stocke l’ensemble des surplus d’énergie produits par le métabolisme de chaque organe et permet de faire face à toutes les situations inhabituelles. Cela pourrait se rapprocher de ce qu’il convient d’appeler en Occident « les défenses immunitaires ». En médecine traditionnelle chinoise, le sens de ce terme est beaucoup moins restrictif qu’en médecine allopathique. Il désigne l’immense pouvoir d’adaptation et de régulation énergétique de l’organisme.

Quand cette batterie est chargée, l’organisme est capable de s’opposer à la pénétration d’agents pervers externe […] ; il est capable de s’auto-guérir […]. Mais il est aussi en mesure de lutter contre l’agression des agents émotionnels […].

Il existe une autre énergie, logée elle aussi dans ce « logiciel Reins » : l’énergie innée, ancestrale, celle que l’on reçoit à la naissance […]. Quand cette énergie est épuisée, le terme de la vie arrive […].

Maintenir la batterie des Reins chargée est le seul moyen d’accéder à la longévité, en évitant l’apparition d’une quelconque maladie, physique, mentale ou émotionnelle.

Les maladies internes

Les maladies dites internes sont générées à l’intérieur de notre organisme. Aucun facteur externe, a priori, tout au moins dans l’immédiat, ne peut en être la cause. Cependant, l’organisme ayant subi, de longue datée, certaines agressions externes, peut voir ces « perversités » se loger dans les couches profondes. En médecine traditionnelle chinoise, le terme « perversité » désigne toute cause externe (climatique, microbes ou virus, bactéries) ou interne (Tan [« déchets », NDLR], humidité, radicaux libres, excès de cholestérol) qui déclenche un déséquilibre énergétique interne […]. Dans certaines situations de « vulnérabilité » de l’interne, ces perversités pourront remonter à la surface et déclencher des maladies. C’est ce que l’on appelle en médecine traditionnelle chinoise des « maladies cachées ».

Qu’est-ce qu’un cancer ?

Il est la conséquence de déséquilibres internes qui se sont installés sur une plus ou moins longue période. Certes, des causes externes ont pu jouer le rôle de facteur aggravant ou déclenchant (substances cancérigènes, pollution, etc.), mais ces agressions externes n’expliquent pas, tant s’en faut, les véritables causes de ce fléau mondial.

Un cancer, une tumeur ne « s’attrape » pas par hasard, ne se transmet pas : il se fabrique lentement, profitant des différentes faiblesses de l’organisme. C’est une guerre de l’ombre, en souterrain. C’est un feu de tourbe qui peut couver des mois et des années, et d’un seul coup, embraser tout l’organisme.

Nous allons déterminer et étudier les différents facteurs qui, présents simultanément, favorisent l’apparition d’un cancer.

Autrefois, les cancers de la prostate concernaient surtout des hommes vieillissants. Aujourd’hui, ils touchent des sujets de plus en plus jeunes. Certes, les facteurs diététiques, le stress, la pollution et la mauvaise gestion des émotions entrent en jeu dans l’augmentation de la fréquence des pathologies. Mais c’est surtout la méconnaissance de la physiologie sexuelle de l’homme et les dérives qui en découlent qui peuvent en partie expliquer cette augmentation.

Que dit la MTC ?

Jusqu’à une période récente, la médecine traditionnelle chinoise n’évoquait pas spécifiquement les problèmes liés à la prostate : on parlait plutôt de pathologies liées au Foyer inférieur, avec tous les organes qu’il contient, à savoir l’appareil génital féminin ou masculin, les Reins, les glandes surrénales, les cinq vertèbres lombaires et le début des hanches, ainsi que la partie terminale du gros intestin.

La médecine traditionnelle chinoise ne va pas étudier à la loupe la prostate […]. Elle va prendre beaucoup plus de recul, et en se servant des quatre méthodes de diagnostic que sont l’observation (couleurs, langue), l’interrogatoire, l’auscultation et la palpation, elle va être à même de cerner certains tableaux […].

Deux cas peuvent se présenter :

• La batterie Reins est à plat. On parle souvent d’une diminution ou d’un effondrement de l’énergie Yin des Reins qui entraîne une augmentation de l’énergie Yang : c’est une inflammation qui s’installe. C’est une des grandes causes de prostatites.

• Si par contre, toute la zone de l’énergie des Reins est affaiblie, empêchant la libre circulation de sang et d’énergie dans la zone, une stagnation va pouvoir s’installer. Cette stagnation responsable de la triade occidentale « rubor-calor-dolor » (rougeur, chaleur, douleur) va être la première cause de l’adénome prostatique chronique ponctué d’épisodes inflammatoires.

En médecine traditionnelle chinoise existent de très nombreux tableaux qui peuvent déboucher sur un cancer de la prostate. Citons par exemple :

• La faiblesse globale du logiciel Reins, encore appelée « faiblesse du Yang des Reins ». En dehors d’un problème constitutionnel hérité à la naissance, on peut l’imputer à un excès dans les activités de la vie au quotidien, en particulier de surmenage plus ou moins chronique, mais aussi un excès d’activité physique ;

• Au niveau alimentaire, une consommation trop importante d’aliments crus ou froids peut affaiblir le Foyer inférieur. En effet, une digestion commençant à 38 °C, le corps devra puiser dans sa batterie des Reins pour « réchauffer » ce bol alimentaire ;

• Chez l’homme, l’excès d’activité sexuelle, surtout quand il y a émission de liquide spermatique à répétition, ne donne pas à l’organisme le temps de se recharger.

Formation d’un cancer de la prostate

Nous créons pas à pas ce type de cancer. Reprenons notre schéma de base, commun à quasi tous les cancers que l’on peut étudier.

• L’élément déclencheur est la présence de déchets, de Tan, dans la prostate, liée entre autres à une mauvaise alimentation. Mais ce seul facteur ne suffit pas.

• Un deuxième facteur est l’émergence progressive d’une stagnation locale. Cette stagnation va générer une « chaleur », une inflammation qui risque de transformer des déchets que les Chinois appellent un « poison ».

• L’organisme doit alors impérativement les éliminer […].

• Un autre facteur entre alors en jeu. Qu’est-ce qui favorise cette stagnation de sang et d’énergie locale ? En grande partie, une mauvaise gestion des émotions. Que ce soit la colère intériorisée, les ruminations excessives […], toutes ces émotions dites « Yin » sont à même de générer une stagnation au niveau Foyer inférieur, donc ici au niveau de la prostate.

• Si cette situation devient chronique, ou si la personne subit une épreuve très importante qu’elle n’arrive pas à surmonter dans un premier temps et à dissoudre dans un deuxième temps […], la batterie des Reins « se vide d’un seul coup ». Elle perd son rôle d’autorégulation et d’autoguérison. Et c’est au contraire une autodestruction qui se met en place. L’organisme « s’affole ». C’est l’hyper-multiplication cellulaire qui se met en place, affaiblissant d’autant plus vite l’énergie des Reins […]. Les cellules finissent par muter, par « dégénérer », devenant incapables d’assumer les différentes fonctions qui leur sont imparties.

Vous pouvez en déduire vous-même les règles de prévention à mettre en place :

• Avant tout, veiller à ne pas manger tout et n’importe quoi pour que des déchets ne viennent pas circuler et s’accumuler dans les zones de faiblesse de l’organisme.

• Ensuite, tout mettre en œuvre pour éviter les zones de stagnation locale. La marche, le Qi Gong, la respiration abdominale basse, les massages sont autant de règles « d’hygiène de vie » que nous devrons appliquer au quotidien.

• Surtout, bien s’imprégner des règles de base d’une sexualité harmonieuse et pondérée.

Massage de la prostate

Il existe une autre méthode de prévention, très connue de cette médecine, mais qui reste encore taboue dans nos civilisations occidentales, à savoir l’automassage de la prostate. […] Il est bon ici de rappeler que la paroi qui sépare le rectum de la prostate est très fine, et que des déchets, qui vont être considérés comme du « Tan », peuvent migrer vers cette glande. Il est fondamental d’apprendre dès le plus jeune âge […] à entourer son doigt avec du papier toilette (non irritant) et s’essuyer le plus profondément possible […]. Vous faites déjà un massage de cette zone.

Recharger l’énergie

[…] Les sports modernes ont une action centrifuge sur l’énergie. Elle est puisée de l’intérieur pour être dirigée vers l’extérieur. La batterie des Reins se vide progressivement. Inversement […], les Qi Gong ont une action centripète sur l’énergie : ils captent l’énergie extérieure pour permettre à la batterie des Reins de se recharger.

La puissance du thé

Les thés chinois viennent de la variété Camellia sinensis. Nous pouvons en distinguer trois grandes catégories :

– Les thés verts ou non fermentés

– Les thés « noirs » ou « rouges »

– Les « thés Oolong » demi-fermentés.

Le thé a un pouvoir hydratant exceptionnel […]. Il peut neutraliser les substances toxiques ; protéger les muqueuses intestinales et stomacales ; éliminer la mélanine et les « déchets » (le Tan) […], coaguler les protéines dégradées de l’Estomac […] ; le thé lubrifie le Gros Intestin ; […] le thé possède d’étonnantes propriétés radioprotectrices.

 

Aller plus loin :

Prévenir le cancer avec la médecine traditionnelle chinoise, 2017, Albin Michel.

 

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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