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Changez de vision sur la santé des yeux

Article paru dans le journal nº 24 Acheter ce numéro
  • Changez de vision sur la santé des yeux

Optométriste, spécialiste intermédiaire entre l’ophtalmologiste et l’opticien, Pascal Barbey a écrit deux ouvrages pour concevoir autrement la santé oculaire. Ce singulier spécialiste des mesures de la vue insiste sur la prévention et la médecine intégrative pour nous donner plus de chances de bien voir, et longtemps.

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Le discours ambiant est connu. Souvent fataliste : lunettes pour plus de la moitié de la population (éducation ou sécurité routière et/ou business oblige ?) et, avec l’âge, menaces grandissantes de cataracte (vieillissement du cristallin), glaucome (pression oculaire) ou DMLA (dégénérescence de la macula, au centre de la rétine, liée à l’âge). Une seule solution proposée : la visite régulière chez l’ophtalmologiste.

À juste titre ? En partie. Car on oublie qu’une opération de la cataracte, présentée comme banale, doit souvent être suivie d‘une autre intervention, qu’un glaucome évolue souvent sans douleur, et que les délais d’attente pour les ophtalmologistes sont de plus en plus longs. Et surtout, que l’on consulte toujours trop tard ! En outre, les problèmes oculaires liés habituellement à l’âge se multiplient et se manifestent de plus en plus tôt. Sont incriminés : nos modes de vie, les pollutions, les écrans, le stress, l’exposition au soleil… Et aussi ce que l’on ingère, notamment via notre alimentation.

Or faire miroiter aux futures victimes de DMLA les bénéfices de nouveaux médicaments allopathiques ne règle pas tout. Et déresponsabilise. Optométriste comportementaliste reconnu, Pascal Barbey a une approche toute différente. Qu’il résume avec nous en six points.

Alimentation et vitamines

« Tout ce dont le corps a besoin, l’œil en a besoin en quantité, car il consomme énormément d’énergie ! », rappelle le spécialiste, qui estime par ailleurs que si « on se nourrissait exclusivement avec le régime méditerranéen, on aurait a priori très peu, voire aucun problème de vue ».

Les vitamines A, C et E sont indispensables. « Les premières plutôt pour la rétine, les C, plutôt pour les cellules, et les E, pour le cristallin. » Les A favorisent une meilleure hydratation des muqueuses, une meilleure résistance cellulaire et une acuité visuelle. On les trouve notamment dans l’huile de foie de morue, les carottes, les myrtilles (qui renforcent la vision nocturne), les brocolis et les épinards ; les C se trouvent en quantité dans l’acérola en comprimés, mais aussi dans le kiwi, le cassis, le persil, le poivron et le chou vert.

Nourrir son cristallin avec de la vitamine E (huile de germe de blé ou de tournesol, pollen, germe de blé, noisettes ou amandes) permet en outre d’éviter une presbytie précoce, la lentille de l’œil restant suffisamment souple pour faire le point de près. Notons encore que, en cas de cataracte, la vitamine B2 aidera à la régénération du glutathion, dont la concentration est élevée dans l’œil.

Les antioxydants (en particulier lutéine et zéaxanthine) sont très recommandés, notamment contre la DMLA. Ces substances, seules caroténoïdes déjà présentes dans le cristallin, vont se concentrer sur la rétine, dans la macula, et limiter l’action des rayons nocifs et l’impact des radicaux libres. Préférez les choux (de Bruxelles, brocolis), les pruneaux, le jaune d’œuf, le curcuma, l’ail ou les tomates.

Certains oligoéléments, en particulier le zinc ou le sélénium, sont à privilégier. Le sélénium (présent dans la noix du Brésil, l’ail ou le brocoli) contribue à l’élimination des métaux lourds comme le plomb ou le mercure, néfastes pour les tissus rétiniens. Le cerveau, en lien direct avec les yeux, a besoin de sélénium.

Les oméga 3 (EPA et DHA) sont des constituants essentiels aux tissus de la rétine. Les poissons gras (sardines, maquereaux, harengs) en sont largement pourvus.dans le règne végétal, pensez à l'huile de périlla

La lutéine : les dosages sont très différents selon que l’on fait de la prévention ou que l’on tente d’enrayer une maladie. Mais plusieurs études ont prouvé les relations entre lutéine, pigmentation de l'oeil et DMLA, avec une prise de 6 mg/jour de lutéine.

Tabac, excès de sucre et de soleil :
cocktail mortel

Le tabac crée un stress oxydatif au niveau du cristallin de la rétine. Par ailleurs, la fumée dégagée irrite les yeux à cause de l’acroléine. Le risque de DMLA est ainsi multiplié par quatre chez les gros fumeurs par rapport au reste de la population. Bonne nouvelle cependant : « On peut s’arrêter de fumer à tout âge, avec un bénéfice pour la santé de ses yeux », rassure Pascal Barbey.

Le sucre en excès peut être dangereux. L’artère qui alimente la rétine possède en effet un gros diamètre pour fournir une grande quantité de nutriments aux cellules visuelles. Malheureusement, si le sang est trop chargé de déchets liés au sucre, les dégâts seront importants. L’excès de poids favorise le diabète, et donc la rétinopathie diabétique, source de malvoyance. Le lactose contenu dans les produits laitiers peut aussi avoir des effets délétères sur la vue.

Le soleil reste un ami/ennemi : synthèse de vitamine D et mélatonine d’un côté, risques accrus de cataracte ou DMLA de l‘autre. Le port de lunettes dûment estampillées « anti-UV » est conseillé. Les porteurs de lentilles doivent se souvenir qu’elles ne sont anti-UV que si elles couvrent l’œil dans son entier, ce qui est rarement le cas. Ne pas s’exposer aux fortes lumières (exemple : treck en haute montagne alors que l’on sort d’une période de grisaille intense).

Mieux s’oxygéner et boire une eau pure

Les yeux consomment autant que le cœur ! Des exercices de respiration 5 minutes 3 fois jour sont conseillés par l’optométriste (expirer 2 fois plus longtemps qu’à l’inspiration). Tout exercice contre le stress profite aux yeux, connectés au système nerveux autonome. Les muscles oculaires se mettent en tension dès que le système nerveux est stressé. Chez l’animal, on observe facilement ce lien : face à un danger, il dirige son regard vers là où il peut fuir.

La qualité de l’eau a aussi son rôle en jouant sur les échanges intracellulaires et le drainage. Préférez les eaux peu minéralisées (comme celles des monts d’Auvergne), et buvez beaucoup entre les repas.

L’optométrie avant l’ophtalmo

Les optométristes font passer une batterie de quarante tests. Un premier bilan (plus d’une heure) permet de « faire des pronostics bien avant que des symptômes apparaissent », détaille Pascal Barbey. Le port de lunettes (pour cause de myopie ou de presbytie précoce) pourra être soit totalement évité, soit reporté de plusieurs années !

Le calibrage des verres ou lentilles, si cela s’avère vraiment nécessaire, sera plus subtil, ne concernera peut-être qu’un seul œil ou une période précise. Des exercices visuels spécifiques seront proposés (concentration sur des mouvements de crayon, fusion en louchant…). À répéter pendant des mois en cas de traitement, notamment avant le coucher, le cerveau les répétant inconsciemment pendant le sommeil.

Pensez médecine intégrative

Les optométristes comportementaux (300 sur 2 000 en France) connaissent les multiples interactions entre vue et santé. Orientez-vous vers divers thérapeutes formés par exemple à la MTC ou à l’ostéopathie . Des problèmes au foie (source de centaines de maux, selon la MTC) ou des blocages de circulation des humeurs et des liquides peuvent influer sur les yeux.

Même chose en cas de problèmes dentaires ou d’oreille interne. En outre, les interactions peuvent se faire dans l’autre sens. Pour les cas de problèmes dorsaux récurrents, par exemple, « les yeux peuvent en être la cause, car ils évaluent mal l’espace et le mouvement, et le corps compense, provoquant des douleurs ».

Ne pas négliger ses émotions

À la lumière du décodage biologique, approche pour laquelle les organes répondent à des réflexes archaïques de survie, Pascal Barbey a établi des liens entre problèmes de vue et histoires personnelles. Ainsi, les hypermétropes ont souvent des difficultés à trouver « leur vraie place » et vivent comme s’ils étaient « tirés en arrière », empêchant l’œil de grandir.

Nos yeux et nos écrans, mode d’emploi

La bonne distance est entre 40 et 6O cm selon qu’on utilise tablette, portable ou ordinateur de bureau. L’écran doit être perpendiculaire à l’axe de visé et se situer un peu au-dessus et non juste en face. Ne jamais travailler avec la seule lumière de l’écran, mais à l’aide d’une lampe ayant la moitié de la puissance de ce qu’il faudrait pour lire (attention aux ampoules fluo-compactes qui émettent des ondes électromagnétiques et contiennent du mercure). Il est en outre possible d'utiliser un filtre pour limiter l'exposition aux fréquences lumineuses nocives pour la rétine.

Clignez des yeux souvent ou baillez afin d’entretenir le film lacrymal. Faites des pauses de 5 minutes toutes les 50 minutes. Utilisez aussi la méthode palming du docteur Bates, qui consiste à se cacher la vue en posant délicatement ses paumes autour des globes. Respirez tranquillement, puis tapotez délicatement des points d’acupuncture autour des yeux.

Presbytie, myopie ou migraines vues autrement

Pour illustrer la médecine intégrative, Pascal Barbey a sorti de ses archives trois cas significatifs :

Catherine L., 40 ans. Suite à un , chute de vision de près. L’analyse classique diagnostique une presbytie « normale à 40 ans » et l’obligation de porter des lunettes. En optométrie, des tests d’effort musculaire ainsi que de convergence se sont avérés difficiles (exophorie). Des exercices visuels sur six mois vont retarder le port des lunettes. Un acupuncteur formé à la MTC constatera un vide d’énergie. En trois séances, les barrages sont levés et la vision est redevenue normale.

Nicolas T., 16 ans. Forte myopie galopante et lunettes. L’ophtalmologiste maintient le port des lunettes et des examens pour augmenter la correction tous les six mois. En optométrie, on constate un problème de surconvergence en vision de près. Conseil est donné de retirer les lunettes en vision de près pour supprimer l’effort d’accommodation et ramener une convergence normale. Des pauses régulières d’environ dix minutes par heure sont suggérées. Un acupuncteur diagnostique un excès d’utilisation de l’énergie qui sollicite le foie, le pancréas et les poumons. Récupération totale de la myopie.

Franck I., 54 ans. Souffre de maux de tête. Un ophtalmologiste parle de « risque statistique de glaucome », la pression intra-oculaire (PIO) mesurée étant à 23, et prescrit des collyres spécifiques. L’optométriste fait des tests poussés sur le système oculomoteur et propose un entraînement visuel et des examens complémentaires (champ visuel, angiographie de la rétine, OCT). En MTC, rien n’explique les maux de tête. Un ostéopathe crânien est consulté. Il libérera le sphénoïde (os crânien) et le sinus sigmoïde (croisement artériel crânien). Quelques semaines plus tard, les maux de tête ont disparu et la pression intra-oculaire est dans les normes.

 

Carnet d'adresse :

Lutéine

Viso-One ou Lutéile Vision, deux complexes associant la lutéine à d'autres antioxydants spécifiques de l'oeil.

En cas de dégénerescence déjà entamée (DMLA, glaucome), envisager un protocole vision complet de 60 jours.


Ces informations ne se substituent pas à une consultation médicale.
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