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Télomères : "rajeunir", c’est possible ?

Article paru dans le journal nº 93 Acheter ce numéro
  • Les télomères sont comme des bouchons protecteurs des extrémités de nos brins d’ADN.Les télomères sont comme des bouchons protecteurs des extrémités de nos brins d’ADN.

Dans l’antiquité, de la Chine à l’Inde, des mythes grecs à la Bible, les grandes civilisations ont toujours cherché l’élixir qui permettrait de conserver sa jeunesse ou de la retrouver. Avec les travaux du prix Nobel de médecine 2009, certains pensent avoir découvert la piste du rajeunissement. Mythe ou réalité ? Quoi qu’il en soit, la télomérase et les télomères offrent de belles promesses de vieillir en meilleure santé.

Depuis le début du XXe siècle, l’allongement de l’espérance de vie est l’indicateur statistique le plus utilisé pour évaluer le niveau de développement d’un État. En 1950, l’espérance de vie était de 66 ans en France. En 2008, elle atteignait les 81 ans (77,6 ans pour les hommes et 84,4 pour les femmes), et en 2020, elle se hissait à 82,25 ans (79,2 ans pour les hommes et 85,3 ans pour les femmes). Loin des maigrichons 25 ans d’il y a deux siècles, on constate, avec le choc du coronavirus, une baisse inédite de l’espérance de vie (-0,6 année pour les hommes et -0,3 pour les femmes).

Pour remarquables que soient ces chiffres, attribués au succès de l’hygiénisme et aux progrès spectaculaires de la médecine, l’espérance de vie s’est vue attribuer un corollaire dans les années 1970 « l’espérance de vie en bonne santé » (EVBS) définie par « le nombre moyen d’années de bonne santé que l’on peut espérer vivre au sein de l’espérance de vie (EV) dans les conditions médicales, sociales et sanitaires du moment ». Cet indicateur étant singulièrement difficile à évaluer, les statisticiens et démographes lui préfèrent « l’espérance de vie sans incapacité » (EVSI). Les courbes sont alors logiquement plus courtes que l’espérance de vie tout court. Elles perdent un peu moins de huit années en France, passant à 77,9 pour les femmes et 73,7 ans pour les hommes en 2020. Huit années de pathologies variées invalidant les individus et impactant leur quotidien.

Des protecteurs de notre ADN

Ces propos liminaires mettent en perspective l’intérêt croissant que représente la médecine prédictive, et son enjeu. C’est une lapalissade de dire que la population vieillit. Et est-ce jouer les Cassandre que de s’inquiéter du coût des soins de santé à venir ? De leurs remboursements qui réduiront comme peau de chagrin ? La prise en charge de la dépendance coûte déjà une fortune. Le défi est bel et bien de vieillir bien, voire mieux.

La médecine prédictive possède des caractéristiques propres. On peut citer l’hygiène de vie (propreté, nutrition, diététique), l’incitation à la pratique d’un exercice physique, l’ergonomie et la manière de faire du sport, la prévention des comportements à risques, mais le fait le plus remarquable reste l’anticipation des pathologies, comprenez le dépistage des maladies par des batteries d’examens permettant de corriger le cap. On doit au progrès de la médecine préventive l’essor constant de l’épigénétique mais aussi des travaux du prix Nobel de médecine 2009, Elizabeth Blackburn, sur les télomères et la télomérase. Leur existence et leur fonction de protection chromosomique ont été proposées dès les années 1930, mais leur composition et leur métabolisme sont restés longtemps un mystère.

Selon Elizabeth Blackburn, les télomères sont comme des bouchons protecteurs des extrémités de nos brins d’ADN, les embouts permettant de protéger nos lacets afin qu’ils passent dans les œillets des chaussures. À force de les utiliser, ces embouts s’usent et les lacets s’abîment et s’effilochent. Les télomères protègent les extrémités des hélices de notre ADN, calice des calices où est inscrit notre patrimoine génétique, au cœur de nos cellules. Ce code génétique donne les informations à nos cellules pour qu’elles fabriquent des protéines spécifiques (pièces mécaniques cellulaires, hormones, enzymes, etc.) qui vont assurer leur bon fonctionnement.

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Quelle alimentation privilégier ?

L’alimentation joue toujours un rôle bénéfique ou délétère. Pour ne pas accélérer le raccourcissement des télomères et activer la télomérase, il est bon de privilégier certains aliments. Zinc et télomérase font bon ménage (huîtres, foie de veau…) Pour lutter contre le stress oxydatif, c’est le magnésium qui est à cibler (légumes verts, céréales complètes, oléagineux, légumes secs, chocolat), ainsi que la vitamine C (fruits, persil, chou vert) et vitamine E (huiles de colza, d’olive, avocat, noix, noisette), la vitamine D et les acides gras oméga-3 (foie de morue, maquereau, sardines), et les polyphénols (raisin, thé vert). Source de vitamine A, visez les carottes, potimarrons, épinards, poivrons, tomates. Enfin, les acides aminés sont importants afin que les peptides soutiennent la division cellulaire, le soir de préférence (banane, avocat, viandes blanches).

L’usure du temps

Les tissus se régénèrent par la division cellulaire (par mitose ou méiose), une cellule mère se scindant en deux pour donner deux cellules filles génétiquement identiques. À chaque division cellulaire, les télomères protecteurs s’usent ; ils raccourcissent au cours de l’existence et le chromosome se détériore. Plus les télomères sont courts et plus la cellule se détruit (cellules sénescentes). Ce suicide cellulaire est un processus naturel, programmé par l’organisme. Mais avec l’âge, ce mécanisme devient moins efficace ; certaines cellules sénescentes échappant à ce suicide vont s’accumuler dans les tissus, et les organes vont montrer des signes de vieillissement et de dysfonctionnements. Cependant, certains scientifiques attribuent au raccourcissement des télomères la limite de Hayflick qui est estimée être entre 50 à 70 divisions cellulaires.

On n’a pas l’âge de nos télomères

On n’avait pas l’âge de nos artères ? Aujourd’hui, on peut se baser sur l’âge de nos télomères pour évaluer notre âge. On peut déjà les mesurer monnayant quelque 200 à 700 euros. Outre être corrélée au risque de maladies du vieillissement, de dégénérescence ou cancers, la longueur des télomères est un indicateur de stress oxydant. Les toxines (médicaments, aliments transformés, trop gras, trop sucrés), pollutions (chimiques, électromagnétiques, sonores…), rapports sociaux et affectifs de piètre qualité, sédentarité, manque de sommeil, maladies chroniques accentuent des télomères trop courts. Enfin, tabac, sur­poids, diabète, carences en vitamine D sont autant d’éléments délétères.

Enzyme réparatrice

Les travaux qui ont valu le prix Nobel de médecine 2009 à Elizabeth Blackburn (avec Jack Szostak et Carol Greider) portaient aussi sur les télomérases. C’est elle qui les a identifiées et décrites en premier, en 1985. Le suffixe « ase » indique qu’il s’agit d’une enzyme (une ribonucléoprotéine) fabriquée par notre corps qui favorise l’allongement des télomères et peut réparer leur usure lors de la division cellulaire. La télomérase fonctionne en ajoutant des bases aux extrémités des télomères. Grâce à elle, les télomères ne raccourcissent pas et les divisions de la cellule, voire sa vie, ne sont plus limitées.

Le raccourcissement des télomères et l’activité de la télomérase sont liés à divers phénomènes biologiques comme le cancer, des maladies cardiovasculaires, la baisse de l’immunité et des facteurs extérieurs, comme le tabac, le surpoids, le stress chronique et même le statut ­socio-économique. En outre, la vitesse de raccourcissement des télomères est plus rapide chez les hommes que chez les femmes et leurs tailles sont significativement différentes. La longueur des télomères étant associée à l’âge biologique et au vieillissement, cette différence de vitesse de raccourcissement explique que l’espérance de vie est plus grande chez les femmes que chez les hommes. Chez l’être humain, la télomérase n’est active qu’au stade embryonnaire. Chez l’adulte, elle fonction dans les ­cellules souches ou dans certaines cellules sanguines.

En 2010, des chercheurs de Harvard ont publié une étude, qui avait fait sensation1, constatant une amélioration de la ­longévité, avec une inversion du vieillissement, chez des souris génétiquement modifiées pour ne plus fabriquer de télomérase. En injectant une substance capable de réactiver la fabrication de télomérase chez ces souris vieillies prématurément, on a constaté leur rajeunissement par régénération des tissus abîmés.

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Pas de miracle, et pourtant…

Il n’en fallait pas moins pour que soient lancés sur le marché des compléments alimentaires onéreux, supposés activer les télomérases. C’est le cas de produits à base d’extraits d’astragale : chercheurs et médias ont cru que l’astragaloside IV, un des principes actifs de l’astragale, était activatrice de télomérase. Ce serait le cas du cycloastragénol2, autre extrait de l’astragale. Le projecteur s’est aussi focalisé sur le chardon-Marie dont la silymarine, connue pour ses propriétés hépatoprotectrice, aurait des propriétés d’activation de télomérase.

Activateur de télomérase ? Humm… Il faut raison garder et les remèdes miracles n’existent pas. La télomérase n’est pas l’élixir de jouvence. D’autant qu’on ne joue pas avec le vivant. Si l’action des télomérases protège les télomères et les cellules saines, il en fait de même, hélas, avec les cellules cancéreuses. Preuve que notre compréhension des mécanismes liant la télomérase et les télomères à la vie cellulaire et à celle de l’être humain reste encore imparfaite. C’est ce que rappelle Elizabeth Blackburn en qualifiant les télomères de Dr Jekyll et M. Hyde : côté pile ils promeuvent la sénescence cellulaire et le vieillissement de l’organisme, côté face, ils encouragent la prolifération désordonnée et la tumorigénicité. Néanmoins hygiène de vie et cadeau de la nature peuvent contribuer à limiter significativement le raccourcissement des télomères :

  • le gingko biloba limite le vieillissement cellulaire dû à l’oxydation ;
  • le pourpier (Portulaca oleacera), riche en oméga-3, est antioxydant ;
  • l’astragale est antioxydant. Il inverse le dysfonctionnement mitochondrial et est immuno-modulateur et cardioprotecteur.

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L’hygiène de vie, une priorité

En premier lieu, se prémunir du stress chronique. Exercice de médiation ou exercice de cohérence cardiaque prennent ici toute leur valeur. Elizabeth Blackburn a participé à une étude3 avérant l’effet de la méditation contre le vieillissement cellulaire plus important que tout médicament anti-âge ou complément alimentaire. Les dernières études4 affirment que pour que la pratique du sport soit bénéfique contre le raccourcissement des télomères, il faudrait 30 minutes de jogging quotidien pour les femmes, et 40 minutes pour les hommes. Lutter contre le stress oxydatif et l’inflammation est aussi un véritable enjeu. Rappelons qu’il faut bien évidemment favoriser une alimentation, riche en antioxydants, en oméga-3, en vitamines A, C, E, B6, B9, B12 (cf. encadré).

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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