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Votre habitat est-il malsain ?

Article paru dans le journal nº 46 Acheter ce numéro
  • Votre habitation peut abriter un ensemble de facteurs nocifs invisiblesVotre habitation peut abriter un ensemble de facteurs nocifs invisibles

Vous traînez depuis des semaines un mal-être inexplicable ou une mauvaise crève dont vous n'arrivez pas à vous débarrasser ? Homéopathie, thérapies alternatives, allopathie... rien n'y fait. Vous prenez un congé pour vous reposer chez vous, et le problème semble empirer : il est sans doute temps de s'interroger si la source de vos maux  ne loge pas en réalité directement sous votre toit ! Les dangers sanitaires sont nombreux à s’immiscer chez nous : pollutions chimiques, électromagnétiques, aériennes, mais aussi les moisissures, les pollutions telluriques… En voici un tour d’horizon ainsi que quelques conseils pour améliorer votre bien-être domestique.

Les pollutions environnementales sont souvent perçues comme des agressions extérieures : la fumée que crache l’usine du coin, les rejets des industries qui polluent les sols et la nappe phréatique, les gaz d’échappement qui stagnent en un nuage invisible, mais malodorant… Alors, vous vous dépêchez de rentrer chez vous, dans votre environnement intime que vous pensez contrôler et que vous voulez croire bienveillant. Mais l’ennemi est parfois dans la place, générant des problèmes de santé aussi variés que mystérieux si l'on en a pas identifié la cause.

L'environnement commence chez vous

L’environnement, c’est le monde physique qui vous entoure, du plus proche au plus lointain, du plus lointain au plus proche : les gaz à effet de serre et la fonte des banquises, mais aussi la tuyauterie de votre cuisine, le désodorisant de vos toilettes, les champs électromagnétiques de votre wifi et les émanations chimiques de la colle de la moquette de votre salon.

La pollution environnementale, c’est autant le réchauffement climatique que ces moisissures que vous n’arrivez pas à éliminer dans votre salle de bain. La solution n’est pas de fuir loin de ce monde toxique (et pour où ?), mais d’être conscient de votre environnement et des facteurs qui y déterminent votre santé, votre bien-être.

Les différents types de pollution de l'habitat


  • Pollution aérienne (ou « qualité de l’air »)

Selon la taille et du volume des pièces, leur communication entre elles et avec l’extérieur, les problèmes d’aération et de ventilation (renouvellement insuffisant de l’air), de température (appartements surchauffés…) et d’humidité (infiltrations...), amènent des moisissures qui entraînent allergies et problèmes respiratoires.

  • Pollution géobiologique

La géobiologie est l’étude de l’influence des ondes sur le vivant (rayonnements ionisants, champs magnétiques et électriques, courants). Ces influences telluriques (c’est-à-dire liées aux sols et à leur nature) peuvent être bénéfiques ou néfastes (cancers, maladies dégénératives). Elles sont dues aux caractéristiques énergétiques du terrain sur lequel l’habitat est construit.

  • Pollution chimique et matériaux toxiques

La variété des produits et matériaux toxiques présents dans la vie courante est affolante. Une grande partie du parc immobilier français contient de l’amiante et il faudra des décennies pour le désamianter. Dans certains immeubles vétustes, l’eau potable passe encore par des tuyaux en plomb. Etc.

  • Pollution électromagnétique

Wifi, antennes relais, téléphones sans fil et portables, commandes à distance… les champs électromagnétiques artificiels sont partout et un nombre croissant d’études scientifiques pointent leur dangerosité (cancers, Alzheimer...)

  • Pollution lumineuse

Les effets nocifs de lumières artificielles (led, lumière bleue…), ou du manque de luminosité (qui incite à utiliser des lumières artificielles), sont amplement documentés : troubles du sommeil, carence en vitamine D, maladies de la vision, de la peau…

Des exemples concrets d'habitat malsain

Une maison orientée au nord sera plus facilement froide et humide, et propice à des moisissures. Cela relève du bon sens, mais toutes les maisons ne sont pas pour autant bien orientées. De même qu’il est évident qu’un pavillon dans l’ombre d’une barre de 20 étages manquera de lumière naturelle et sera éclairé artificiellement. C’est pourtant fréquent.

L’isolation thermique de votre appartement est-elle écoresponsable, ou faite avec de l’amiante cancérigène ? Les structures de renforts de votre immeuble sont-elles en matériaux non-conducteurs, ou en éléments métalliques qui génèrent et retiennent des champs électromagnétiques ? Votre nouveau voisin installe sa borne wifi contre le mur mitoyen de votre chambre, à 50 cm de la tête de votre lit. Si vous êtes électrosensible, cela va nuire à votre sommeil en particulier, et à votre santé en général.

Le maintien d'eaux stagnantes dans votre réseau d'eau chaude (résidence secondaire par exemple), un mauvais calibrage de la température de votre chauffe-eau pour l'eau chaude (en dessous de 45 degrés) peut générer la multiplication de bactéries et vous exposer, par exemple, à la légionellose pendant une simple prise de douche. Près de 1500 cas par an sont repertoriés en France, dont plus d'une centaine résulte en une issue fatale d'après l'Institut de Veille Sanitaire.

D’ordinaire, vous n’avez pas peur d’un pressing. Mais quand le perchloréthylène n’y était pas encore interdit, les employés manipulant ce produit et les voisins de ces commerces étaient exposés à sa toxicité. Et un restaurant renvoyant fumées et vapeurs dans votre cour peut provoquer des moisissures dans votre salon. Les travaux d’entretien tant attendus dans les parties communes de votre immeuble se révèlent néfastes pour peu que des peintures contenant des agents chimiques toxiques soient utilisées par mégarde ou indifférence.

Un début de reconnaissance juridique

Une jurisprudence existe autour du syndrome dit « du bâtiment malsain », qui touche des employés sur leur lieu de travail (bureau, fabrique ou autres). Validé par la médecine du travail, ce syndrome inexpliqué ne peut être nié, ni cantonné au registre du psychosomatique. Il consiste en affections respiratoires, allergies ou hypersensibilité.Mais ce syndrome ne s’applique toujours pas aux domiciles privés, individuels ou collectifs. Peut-être, faute de mobilisation collective…

L’épineuse question du diagnostic

Il reste à établir un diagnostic pour cerner problèmes et solutions. Ce qui est souvent complexe. En effet, un même symptôme peut être commun à différentes maladies résultant de pollutions diverses. Il n’est donc pas toujours facile d’y voir clair. Par exemple, des migraines et pertes de mémoire accompagnées d’une fatigue chronique peuvent relever d’une chimicosensibilité, ou d’une électrosensibilité, ou d’un empoisonnement aux métaux lourds, ou bien des trois à la fois ! Puisque votre problème de santé peut avoir plusieurs sources simultanées, le recours à des professionnels de spécialités différentes peut se révéler nécessaire. Car vous pouvez être chimicosensible et aussi exposé à une pollution géobiologique. Un diagnostic doit être fait sur mesure. Vos mesures, celles de votre vie quotidienne.

Vous êtes expert de votre quotidien

Bien sûr, le diagnostic n’est pas une affaire d’amateur. Mais il faut pourtant partir des ressentis subjectifs de l’amateur que vous êtes, vous, l’habitant du lieu. À défaut d’être un professionnel, vous êtes expert de vos ressentis quotidiens. À vous d’observer, de recouper vos observations, d’expérimenter par tâtonnements et élimination, jusqu’à cerner les circonstances de votre pathologie, en isoler les paramètres et en identifier les causes.

Cette démarche d’investigation personnelle est une aide précieuse pour le spécialiste que vous consultez : conseiller en habitat écologique, géobiologue, baubiologue, conseiller habitat et santé, conseiller en feng shui, technicien en métrologie des champs électromagnétiques… Ce professionnel est apte à mesurer et évaluer les pollutions de votre habitat, et à vous conseiller sur la conduite à tenir. Mais en exerçant et perfectionnant votre expertise, vous restez un acteur central de votre environnement, de votre santé, de votre mieux-être.

Etre pragmatique

Les problèmes structurels sont parfois sans solutions. Comment, en effet, tourner vers le sud une maison orientée au nord ? Comment ôter des structures métalliques noyées dans le béton sans démolir l’édifice entier ? Alors, le déménagement s’impose…

Mais en général des solutions existent, même si elles impliquent des travaux, comme par exemple le désamiantage ou l'assainissement des fondations pour lutter contre une humidité trop importante. Pour le propriétaire, c’est un investissement pour sa santé et/ou celle de ses locataires. Pour le locataire, c’est un droit, celui à un logement salubre.

Mais, légalement, il est souvent délicat d’exiger le percement d’une fenêtre pour améliorer l’illumination et la ventilation. Et quant aux pollutions chimiques et électromagnétiques, très controversées, la loi les encadre mal ou pas du tout. Essayez donc d’interdire ou de réglementer l’usage du wifi ou des déodorants d’atmosphère dans une copropriété.

Certains choisissent de résoudre le problème à la racine, et se font construire un habitat selon les critères stricts et vérifiés de la baubiologie. Cette discipline, à la confluence de l’architecture et des sciences environnementales, étudie l’impact des bâtiments sur la santé de leurs habitants et vise à la construction d’habitations saines. Mais cette solution n’est pas à la portée de tous, ne serait-ce qu’en raison de son coût.

En général, le pragmatisme l’emporte : comme le diagnostic, la solution se doit d’être sur mesure, selon vos besoins et vos possibilités. Il s’agit tout à la fois de s’adapter à son environnement et d’adapter son environnement à soi. Concrètement, à quoi bon entamer des travaux d’aménagements dans un habitat qui ne pourra jamais être convenablement assaini, parce que mal exposé ou construit sur un terrain insalubre ? Mais avant de déménager en catastrophe (avec toutes les conséquences sur votre vie sociale, familiale, votre carrière, la scolarisation de vos enfants…), assurez-vous que votre réaction est proportionnée aux dangers encourus.

Il y a de nombreux témoignages d’électrohypersensibles et de chimicosensibles qui souffrent de l’isolement auquel ils sont réduits pour préserver leur santé. C’est à vous de juger, selon vos critères, vos ressentis, vos priorités.

Une démarche personnelle, matérielle et sociale

Une fois le diagnostic établi, les mesures à prendre sont d’ordre pratique :

  • Débarrasser votre habitat des substances, matériaux et appareils qui nuisent à votre santé (peintures toxiques, amiante, installation électrique trop rayonnante, moisissures…)
  • Modifier votre environnement domestique par des travaux ou aménagements (blinder l’installation électrique, changer le système d’aération, l’éclairage…)
  • Vous positionner vis-à-vis de votre entourage, famille, amis, voisins, l’idéal étant d’obtenir leur soutien. Mais attention à ne pas les heurter dans leurs habitudes et convictions. Car préserver une sociabilité harmonieuse participe de votre bien-être, et donc de votre santé.

En résumé, observez, analysez et expérimentez, adaptez-vous à votre environnement tout en l’adaptant à vous, assumez vos choix et sensibilisez votre entourage en le ménageant. Soyez acteur de votre mieux-être. En conclusion, votre habitat c’est aussi ceux avec qui vous habitez. Bien vivre chez soi n’est pas s’isoler du monde.


Aller plus loin :

En plus des nombreux articles et vidéos sur notre site (voir ci-dessous)

Un site belge et un guide québécois conseillent sur les pollutions domestiques.

- Ce site gouvernemental français aborde les cas extrêmes d’habitat malsain

- Pour des diagnostics, vous pouvez également trouver des spécialistes de géobiologie ou de baubiologie près de chez vous.

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com
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