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Nouvel éclairage sur la génétique de l’ostéoporose

Article paru dans le journal nº 66 Acheter ce numéro
  • La densité minérale osseuse est le facteur le plus déterminant du risque de fracture.La densité minérale osseuse est le facteur le plus déterminant du risque de fracture.

Une étude publiée en août 2018 démontre que seules la densité minérale osseuse et la force musculaire ont un lien de cause à effet avec le risque de subir une fracture liée à l’ostéoporose.

Neuf millions de personnes par an dans le monde seraient concernées par l’ostéoporose. Cette maladie se caractérise par une diminution de la masse de l’os et une détérioration de la structure interne du tissu osseux. Elle rend les os plus fragiles et accroît donc considérablement le risque de fracture. Si l’ostéoporose frappe plus les femmes que les hommes, elle est l’une des maladies chroniques liées à l’âge les plus fréquentes chez la gent masculine.

Avec l’allongement de l’espérance de vie, l’ostéoporose et les fractures qui lui sont associées représentent un problème de santé publique majeur : on estime que 39 % des femmes autour de 65 ans souffrent d’ostéoporose. Cette proportion monte à 70 % chez celles âgées de 80 ans et plus (chiffres Inserm).

Des chercheurs de l’Institut Lady Davis de Montréal, à l’origine d’une étude publiée en 2018 dans le British Medical Journal, ouvrent la voie à de nouvelles perspectives de traitement. Grâce à une vaste collaboration scientifique (avec les États-Unis, l’Europe, le Canada, l’Asie et l’Australie), ils ont identifié et rassemblé l’ensemble des influences génétiques sur l’ostéoporose d’après l’analyse du génome de 185 057 personnes présentant des fractures ostéoporotiques et de 377 201 personnes témoins sans fracture.

À l’arrivée, 301 gènes prédisposeraient à une densité minérale osseuse réduite. Cette découverte va permettre d’affiner les cibles de nouveaux traitements pour prévenir et traiter la maladie. Un résultat inattendu est aussi tombé : les facteurs génétiques associés à une diminution des taux de vitamine D n’augmenteraient pas le risque de fracture !

Importance de la densité minérale osseuse

Ainsi, les apports en vitamine D et en calcium, considérés jusqu’alors comme déterminants pour lutter contre les risques de fracture, n’auraient en fait qu’un impact mineur. À l’heure où environ 30 % des personnes de plus de 65 ans prennent des suppléments en vitamine D, on sait désormais qu’ils sont peu susceptibles d’être efficaces pour prévenir des fractures en l’absence de déficit avéré.

Le Dr Brent Richards, généticien-épidémiologiste à l’Institut Lady Davis, déclare : « Ces résultats suggèrent que les interventions visant à augmenter la solidité des os sont plus susceptibles de prévenir les fractures que des suppléments de vitamine D. » Les recherches confirment que la densité minérale osseuse est le facteur le plus déterminant du risque de fracture, et que tout ce qui peut être mis en œuvre pour l’accroître ou la maintenir doit être encouragé.

Les conclusions de cette étude sont largement appuyées par d’autres essais cliniques à grande échelle, qui n’ont pas réussi à confirmer les avantages associés à la supplémentation en vitamine D et en calcium chez les patients n’ayant pas de carence marquée. Les auteurs de ces études précisent que les patients actuellement suivis pour de l’ostéoporose ne doivent pas pour autant arrêter les suppléments sans l’avis de leur médecin.

Gardez à l’esprit qu’une bonne hygiène de vie – comprenant une alimentation saine et variée respectant l’équilibre acido-basique et évitant les excitants (tabac, alcool, café...), un stress maîtrisé, une activité physique régulière et, si possible, une exposition quotidienne au soleil – constitue le b.a.-ba d’une bonne santé osseuse.

Intérêt des probiotiques

Selon une étude publiée en 2018 dans le Journal of Internal Medecine, des femmes de 75 à 80 ans atteintes d’ostéoporose et ayant consommé tous les jours, pendant un an, des probiotiques contenant des Lactobacillus reuteri 6475, ont eu deux fois moins de perte osseuse que les femmes du groupe témoin n’en ayant pas consommé. Bien nourrir son microbiote est donc, encore une fois, une piste prometteuse.

 

Sources :

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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