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"On peut tuer par milliers et ne risquer que cinq ans de prison", Georges-Alexandre Imbert

Article paru dans le journal nº 63 Acheter ce numéro
  • Aujourd’hui âgé de 73 ans, G.-A. Imbert continue de consacrer l’essentiel de son temps à aider les victimes de médicaments.Aujourd’hui âgé de 73 ans, G.-A. Imbert continue de consacrer l’essentiel de son temps à aider les victimes de médicaments.

Forte de ses 3 000 adhérents actifs, l’Association d’aide aux victimes des accidents de médicament (AAAVAM) défend depuis vingt-six ans les usagers de santé et leurs familles lorsqu’ils réclament justice pour les préjudices qu’ils ont subis. Alors que reprennent les procédures contre les laboratoires Servier pour le scandale du Mediator, nous avons interrogé son président, Georges-Alexandre Imbert.

Alternative Santé. Pourquoi avoir fondé l’AAAVAM ?

Georges-Alexandre Imbert. L’association a été créée 1992 quand j’ai réalisé que de nombreux suicides étaient favorisés par l’usage de tranquillisants, d’anxiolytiques ou de somnifères. Ma propre prise de conscience est liée au suicide de mon fils la même année. Il a mis fin à ses jours une heure et demie après une injection par un médecin, qui comportait du Valium et un opiacé.

À la suite de ce drame, je me suis aperçu que je n’étais pas le seul, que d’autres autour de moi avaient perdu des proches lors de suicides « favorisés » par du Valium ou un traitement de même nature. Ces produits psychoactifs peuvent encourager la violence contre soi-même, mais aussi, et c’est moins connu, envers autrui (cf. AS n° 59).

Raison pour laquelle, à mesure que l’expertise de l’association a été reconnue sur ces sujets, nous avons été appelés à intervenir en tant que témoins experts dans le cadre de grandes affaires criminelles – celle de Sylvie Reviriego [« la dépeceuse de Tours », NDLR] ou d’Isabelle Grange [l’héritière des laboratoires Servier qui a tué son mari à coup de hache, NDLR]. Dans ces deux cas d’homicides, comme dans de nombreux autres procès depuis, nous avons expliqué comment la prise de tels médicaments pouvait engendrer les passages à l’acte violents.

Mais si leur influence est aujourd’hui prise en compte, les décisions juridiques lors des procès restent très aléatoires. Et le quantum de la peine n’est pas toujours ce que l’on attend. Il y a dix-huit ans, nous avons réussi à faire figurer dans les notices et le dictionnaire Vidal que les benzodiazépines, les tranquillisants et les somnifères favorisaient les passages à l’acte ­violents. Les médecins n’étaient alors pas forcément au courant.

Comment l’association s’est-elle intéressée aux problèmes posés par d’autres médicaments ?

Les catastrophes liées aux médicaments n’ont cessé de se ­succéder. Des patients victimes sont venus vers nous pour obtenir de l’aide, et notre expertise s’est peu à peu élargie. On pourrait évoquer l’antidouleur Vioxx, prescrit de 2000 à 2004 : effectivement, quand on meurt de crise cardiaque, les douleurs disparaissent radicalement… Ce médicament représente 60 000 morts au niveau mondial et quelque 6 milliards d’euros d’indemnisations aux victimes – mais les patients français, eux, attendent encore le moindre ­centime du laboratoire Merck.

Ce scandale a refait surface récemment, car on s’est aperçu que pour certains dossiers de victimes expertisées, l’expert judiciaire – un médecin déjà mis en cause dans l’affaire du Mediator – avait reçu de l’argent des avocats du laboratoire Merck. Nous avons déposé une plainte pénale pour falsification d’expertise, mais cela n’avance pas vite. Plus d’un an après, nous sommes toujours sans nouvelle de l’administration. Le laboratoire sera de toute façon gagnant : malheureusement, un certain nombre de victimes seront décédées entre-temps.

Peut-on ...

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