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Antidépresseurs, anticoagulants, diurétiques : quinze médicaments qui favorisent l'ostéoporose

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  • Quinze médicaments courants qui favorisent l'otéoporoseQuinze médicaments courants qui favorisent l'otéoporose

C’est méconnu, mais de nombreux médicaments couramment utilisés, comme des antidépresseurs ou des médicaments pour traiter l’hypothyroïdie ont tendance à favoriser l’ostéoporose. Si vous les prenez régulièrement ou sur une longue durée, il est recommandé, en prévention, de surveiller régulièrement la santé de vos os.

De nombreuses pathologies comme l’hypothyroïdie, le cancer de la prostate ou encore l’épilepsie nécessitent parfois des médicaments qui, s’ils permettent de réduire les symptômes, ont aussi pour effet potentiel d’altérer la santé de nos os en déséquilibrant certains mécanismes hormonaux ou des mécanismes liés à l’assimilation des vitamines.

Quinze médicaments qui favorisent l’ostéoporose


Afin d’avertir les patients de ces effets indésirables, le médecin Joseph Pizzorno, une sommité mondiale des médecines naturelles, a passé en revue dans Integrative Medicine quinze familles de médicaments massivement utilisés qui peuvent devenir, à terme, des causes secondaires d’ostéoporose.

  • Antihypertenseurs de type diurétiques (furosemide, aldactone, spironolactone, etc.) : prescrits en cas d’hypertension artérielle, d’insuffisance cardiaque et dans certaines pathologies rénales, ils augmentent l’excrétion urinaire du calcium et favorisent ainsi la perte de masse osseuse.

  • Contraceptions hormonales : en impactant les taux d’œstrogènes et de testostérone, elles perturbent la fixation du calcium sur les os et contribuent à diminuer la masse osseuse.

  • Antidépresseurs (fluoxétine, sertraline, paroxetine) : utilisés en cas de troubles dépressifs, de la personnalité, ou encore dans le cadre de la maladie de Parkinson, ils provoquent une élévation chronique de la prolactine et perturbent l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, ce qui conduit, selon les études et la famille d’antidépresseurs, à une augmentation de 15 à 55 % des risques d’ostéoporose.
  • Anticonvulsifs (phenytoïne, valproate de sodium, barbiturique) : utilisés pour maîtriser les crises d’épilepsie, les douleurs neuropathiques et certains troubles bipolaires, ils diminuent l’absorption de la vitamine D, ce qui a tendance à mener à des carences en calcium.

  • Benzodiazépines (Valium, Xanax, etc.) : prescrits en cas d’insomnies, de dépression, de schizophrénie ou de syndrome des jambes sans repos, ils bloquent les récepteurs de la dopamine, ce qui provoque une élévation chronique de la prolactine et mène, par des effets en cascade, à des perturbations des taux d’œstrogènes et de testostérone qui, en temps normal, protègent de la déminéralisation osseuse et favorisent la fixation du calcium sur les os.

Selon Joseph Pizzorno, dans la littérature médicale, on constate de manière générale de « très hauts taux » d’ostéopénie (lien article) et d’ostéoporose chez les personnes qui prennent sur le long terme des antidépresseurs, des anticonvulsifs et des benzodiazépines. Plus longtemps les patients prendraient ce type de médicaments psychoactifs, plus ils perdraient en densité osseuse.

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  • Traitements pour troubles de l’hypothyroïdie (Levothyrox, L-thyroxin, etc.) : entraînent, lorsqu’ils sont surdosés, une surproduction d’hormones thyroïdiennes favorisant la perte osseuse.

  • Antihistaminiques H2 (cimetidine, famotidine) : prescrits en cas d’ulcère gastrique ou de reflux gastro-œsophagien. De nombreuses études montrent que les patients qui y ont un recours important présentent, à terme, une masse osseuse moins dense et subissent plus de fractures.

  • Anticoagulants (Eliquis, Pradaxa, médicaments à base de warfarine, etc.) : prescrits en traitement d’une phlébite, d’une embolie pulmonaire, ou chez les porteurs de valves cardiaques, ces fluidifiants du sang sont reconnus comme cause secondaire d’ostéoporose en cas d’utilisation prolongée.

  • Glucocorticoïdes (hydrocortisone, prednisone, bétaméthasone par voie orale ou cutanée) : ces médicaments aux propriétés antiallergiques et immunosuppressives sont majoritairement utilisés contre les allergies, mais aussi au niveau local en infiltrations pour traiter certaines douleurs articulaires, ou dans le cadre de certaines maladies du sang. Très puissants, ils ont pour effet secondaire reconnu des ostéoporoses, parfois sévères avec tassements vertébraux et ostéonécroses (mort des cellules de l’os) au niveau des hanches ou des épaules.

  • Inhibiteurs de l’aromatase (Exemestane, Aromasine, Arimidex, Letrozole, etc.) : prescrits en cas de cancer de la prostate, du sein ou des ovaires afin de réduire le taux d’œstrogènes dans le corps, ils favorisent la perte de masse osseuse grandement liée à ce taux.

  • Agonistes de l'hormone de libération des gonadotrophines (leuprolide) : utilisés dans le cadre du cancer de la prostate, du sein et de certains désordres gynécologiques, ils perturbent l’équilibre en œstrogènes et testostérone dont dépend fortement la métabolisation du calcium.

  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, paracétamol): permettant de soulager les douleurs modérées et de réduire fièvre et gonflements, ils bloquent la formation des prostaglandines qui participent à réguler la matrice organique de l’os et sa minéralisation.

  • Antalgiques opioïdes (tramadol, codéine, morphine, Oxycodone ou encore fentanyl) : antidouleurs reconnus pour favoriser l’ostéoporose en cas de prise à long terme, ils impactent les fonctions hypothalamo-hypophysaires, et certains d’entre eux favorisent les fractures ostéoporotiques.

  • Inhibiteurs de calcineurine (ciclosporine et tacrolimus) : immunosuppresseurs prescrits en cas de transplantation qui, comme leur nom l’indique, inhibent la calcineurine qui joue un rôle dans le développement des tissus osseux.

Dans cette série de deux articles sur le sujet, Joseph Pizzorno précise pour chacune des familles médicamenteuses les mécanismes en jeu, ainsi que des solutions alternatives ou complémentaires (médicament, vitamines, micronutriments) à considérer pour éviter ou limiter l’impact des traitements sur notre squelette. Selon lui, ces informations devraient être mieux connues des médecins prescripteurs, notamment parce que si des patients présentent trop de causes secondaires d’ostéoporose (par exemple en prenant plusieurs de ces quinze traitements), la réponse nutritionnelle peut ne pas suffire à endiguer le problème.

Si vous avez déjà remarqué chez vous un épisode de fragilité osseuse ou que vous prenez un ou plusieurs médicaments de cette liste, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin afin de vous informer sur les autres possibilités et mettre en place une surveillance renforcée avec, pourquoi pas, des compléments et des habitudes alimentaires adaptées.

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Source : « Commonly Prescribed and Over-the-Counter Drugs as Secondary Causes of Osteoporosis – Part One », Integrative Medicine, avril 2021.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

Tags sur la même thématique ostéoporose médicaments perte de densité osseuse

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