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Le nucléaire médical :
champion de l’irradiation

Article paru dans le journal nº 6 Acheter ce numéro

En matière de nucléaire, l’attention se focalise la plupart du temps sur les centrales et le nucléaire militaire, mais ce que l’on sait moins c’est que le nucléaire médical est la première source d’exposition aux radiations ionisantes. L’utilisation de sources radioactives pour les actes de radiologie, de diagnostic ou de thérapie de certaines pathologies, soumet parfois les patients à des doses de radioactivité 250 fois supérieures à la norme admise officiellement.

On imagine généralement que les contaminations nucléaires auxquelles nous sommes exposés résultent des retombées d’essais nucléaires ou d’accidents industriels, la réalité est pourtant toute autre. Selon les données officielles, pourtant la quasi-totalité de l’irradiation artificielle (soit 99 %) reçue par la population est d’origine médicale. Le 1 % restant correspond aux retombés des essais nucléaires militaires et à l’industrie. Cette irradiation médicale représente 40 % de l’exposition globale moyenne à laquelle nous sommes soumis et elle se rajoute aux radiations d’origine naturelle dont les différentes sources sont : les rayons cosmiques (7 %), le rayonnement naturel des sols (11 %), le radon (gaz s’échappant de la croûte terrestre 34 %), l’eau et les aliments (6 %). Chaque Français se voit prescrire en moyenne, à l’année, un acte médical qui utilise les rayonnements ionisants. Aujourd’hui, on en compte annuellement 61 à 71 millions et la tendance générale est à la hausse, de l’ordre de 5 à 8 % par an.
La dose dangereuse revue à la baisse
En 2002, les autorités sanitaires ont admis que la dose annuelle de radiation absorbable sans danger, pour un individu, devait passer de 5 milisiervert (mSv) à 2 mSv. Pour les professionnels exposés à des sources ionisantes (manipulateurs hospitaliers, employés de central, dentistes et vétérinaires), les normes sont 20 fois plus élevées. On peut noter d’ailleurs que ce sont les professionnels de santé qui sont les plus exposés. Cette norme a été adoptée alors même qu’il est admis, par les statistiques de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), que nous recevons chaque année, en moyenne, 2,4 mSv dont 1 mSv provenant d’une source nucléaire médicale.
Le scanner, 250 fois la dose annuelle !
Le premier contact avec la radioactivité médicale concerne tous les actes de radiologie, de mammographie, de scanographie et de radiologie interventionnelle. Pour illustrer l’importance de l’exposition, il suffit de comparer les doses reçues suite aux actes radiologiques, à l’unité de référence admissible sur un an (2 mSv). Pour une radiographie de la hanche, la dose moyenne est de 0,3 mSv, soit l’équivalent, en une seule fois, de 7 semaines de la dose annuelle. Une radio du bassin, 0,7 mSv, soit 4 mois. Une radio du transit gastroduodénal, 3 mSv soit 16 mois. Un scanner thoracique, 8 mSv soit 3,6 ans ou un scanner abdomino-pelvien, 10 mSv soit 4,5 ans. Lorsque l’on fait un scanner « corps complet », on reçoit environ la dose normale admissible pour un individu moyen, équivalente à ce qu’il recevrait naturellement pendant 250 années !
Les actes médicaux impliquant des rayons ionisants sont multiples. La scintigraphie est une technique médicale de pointe, utilisée de plus en plus fréquemment en milieu hospitalier ou en clinique privée pour tout un ensemble de diagnostic. Cette technique médicale implique l’injection de « traceurs radioactifs » à durée de vie courte, qui se fixent sur certains tissus cibles. Par exemple, l’iode 131 (8 jours) se fixe uniquement sur les cellules thyroïdiennes, le technétium (6 heures) va se fixer, selon l’examen, sur les os, le cœur, le cerveau, les reins…
Traceurs radioactifs : éloignez les enfants
Le niveau d’activité de certains traceurs implique la prise de précautions particulières. Tellement particulières que pour les patients traités à l’iode 131, il leur est recommandé de s’éloigner quelques jours des enfants de moins d’un an et des femmes enceintes…
Un tel écart entre la dose annuelle moyenne et les doses émises par le nucléaire médical conduit à penser soit que la norme recommandée est ridiculement basse par rapport aux doses administrées annuellement à la population pour les besoins médicaux soit que la dose annuelle admissible est exacte et il faut alors conclure que le nucléaire médical emploie alors des doses extrêmement toxiques.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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