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Covid-19 : de nombreuses études montrent l'intérêt de ne pas être carencé en vitamine D

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  • La vitamine D atténuerait les formes graves de Covid-19La vitamine D atténuerait les formes graves de Covid-19

Un nombre conséquent de recherches démontrent aujourd'hui l'importance d'un apport suffisant en vitamine D pour résister au Covid-19 et limiter les complications associées. Bilan régulièrement mis à jour des études existantes.

Article mis à jour le 04/03/2022

Dès le mois d'avril 2020 Alternative santé pointait à l'intérêt possible de la supplémentation en vitamine D contre le Covid-19 et se faisait l'écho de nouvelles recherches sur le sujet. Dès le mois de mai 2020, différentes institutions de santé, dont notre Académie de médecine, mettaient en avant la vitamine D comme composante indispensable au bon fonctionnement du système immunitaire, spécialement devant l’épidémie de Covid-19.

L'absence de carence en vitamine D rend l’infection au coronavirus plus difficile et atténue la gravité du syndrome de détresse respiratoire qui conduit les formes aiguës en réanimation. D’après l’analyse statistique de données obtenues dans des hôpitaux du monde entier, la seule normalisation du statut en vitamine D permettrait une réduction de 15 % du nombre de cas graves du Covid.

De nombreuses études intéressantes

Une étude sur des patients espagnols atteints de Covid-19 semble étayer l’intérêt d’une supplémentation précoce en vitamine D dans l’optique de limiter la sévérité de la maladie. L’étude se base sur un groupe de 76 patients hospitalisés au Hospital Universitario Reina Sofia à Cordoba pour une infection au Covid-19 avec détresse respiratoire. La totalité du groupe a bénéficié du même protocole de soins standard, soit une combinaison d’hydroxychloroquine et d’azithromycine. Les 50 patients éligibles à la supplémentation en calcifediol (ou 25-hydroxyvitamin D, qui est la forme circulante dans le sang) ont reçu une dose de 0,532 mg par voie orale le jour de l’admission, puis deux autres doses de 0,266 mg le troisième et le septième jour, puis une dose par semaine jusqu’à leur sortie de l’hôpital ou leur admission en soins intensifs le cas échéant. Sur les 50 patients ayant reçu la vitamine D, un seul a nécessité un transfert en unité de soins intensifs. Parmi les 26 n’ayant pas bénéficié de la supplémentation, 13 ont dû être dirigés vers les soins intensifs. Le groupe des patients avec vitamine D n’a eu à déplorer aucun décès, et tous ont pu quitter l’hôpital guéris (plus de charge virale détectée) et sans avoir subi de complications. Parmi les 26 non-supplémentés, les 13 n’ayant pas nécessité l’admission en soins intensifs ont tous guéri également, mais parmi les 13 autres envoyés en soins intensifs, deux sont décédés, tandis que les autres ont guéri aussi.

En septembre 2020 une étude basée sur les données du registre Covid-19 du Sinaï Hospital de New-York avance qu’un taux de vitamine D sanguin d’au moins 30 ng/ml permettait de moduler la réponse immunitaire de façon à réduire l’orage cytokinique souvent associé à l’issue fatale de l’infection. Chez les malades de plus de 40 ans, moins de 10 % de ceux suffisamment pourvus en vitamine D ont succombé, alors qu’ils étaient 20 % chez ceux qui étaient sous cette barre de 30ng/ml.

Une revue systématique de la littérature scientifique publiée en avril 2021 dans la revue Nutrients a synthétisé les résultats de 11 études observationnelles différentes chez les personnes âgées. Il en ressort, à nouveau, que les carences en vitamine D semblent exposer à plus de risques de complications en cas d'infection au Covid-19.

Vitamine D : la grande oubliée ?

À l'aune de toutes ces recherches, du faible coût et de l'innocuité de la vitamine D à doses physiologiques, on ne peut que s'étonner que sa prescription aux personnes carencées ne soit pas intégrée aux recommandations préventives en France, a minima pour les personnes fragiles et à risque de complications en cas de Covid-19.

Si l'Académie de médecine, en France, ne fait qu'en conseiller l'usage en cas d'infection avérée, le Royaume-Uni en a distribué préventivement et à titre gratuit aux personnes les plus fragiles.  Les autorités de santé ont ciblé à risque de Covid, arguant de leur faible exposition à la lumière du soleil durant les mois d'hiver du fait du confinement.

Plus récemment, en septembre 2021, une nouvelle étude statistique menée par des chercheurs irlandais et écossais sur les données de 417 000 patients a révélé que les personnes qui résidaient dans des lieux où le taux d’UVB ambiants est élevé (UVB essentiels à la production de vitamine D par la peau) avaient un taux fortement réduit de formes mortelles et graves de Covid-19. Bien qu’elle précise ne pas être capable de trancher sur le lien entre un faible taux de vitamine D et la gravité de l’infection au Covid-19, cette étude apporte un nouvel élément de compréhension au débat et ouvrira peut-être la porte à de nouvelles études plus concluantes.

Une étude italienne parue début novembre 2021 compare, sur une période de six mois (mars à septembre 2021), les niveaux sanguins en vitamine D entre malades touchés par un Covid-19 aigu, patients guéris et personnes non infectées. Dans un échantillon de 117 sujets, les malades sévères présentent les niveaux sanguins de vitamine D ‒ 25(OH)D3 ‒ les plus bas (9,63 ng/ml) par rapport aux patients guéris (11,52 ng/ml) et aux personnes non infectées (15,96 ng/ml). Ces derniers sont ceux qui se rapprochent au plus près de la valeur plancher généralement admise par les experts (20 ng/ml). Il ressort également de cette étude que l’administration de vitamine D aux malades du Covid aide à contrôler les niveaux de cytokines pro-inflammatoires responsables des formes graves.

2022 : la vitamine D pour prévenir plutôt que guérir

En février  2022, une nouvelle étude menée sur 1 176 patients admises au Galilee Medical Center à Nahariya en Israël a observé la relation entre le taux sérique de 25-hydroxyvitamine D (25(OH)D) avant l'infection et la gravité de la maladie et la mortalité dues au SRAS-CoV-2. Il s'est avéré qu'un statut en vitamine D plus faible était plus fréquent chez les patients atteints d'une maladie grave ou critique que chez les personnes atteintes d'une maladie légère ou modérée. De même, les patients présentant une carence en vitamine D (< 20 ng/mL) étaient 14 fois plus susceptibles d'avoir une maladie grave ou critique que les patients présentant un taux sérique de 25-hydroxyvitamine D (25(OH)D) supérieur ou égal à 40 ng/mL. Ces chercheurs concluent donc qu'une carence en vitamine D avant l'infection est "associée à une augmentation de la gravité de la maladie et de la mortalité" liée au Covid-19.

Plus récemment, en mai 2022, un essai français de haut niveau de preuve, chapeauté par le CHU d'Angers (et mené sur 253 patients dans plusieurs services gériatriques d'hopitaux français) a montré que l'administration d'une supplémentation en cholécalciférol (vitamine D3) à dose élevée de 400 000 UI (par rapport à une dose standard de 50 000 UI) à des personnes âgées infectées dans les 72 heures suivant le diagnostic de COVID-19 a été associée à une réduction de la mortalité globale au jour 14 mais ne changeait en rien les décès à 28 jours. Ce qui signifie que la vitamine D3 à forte dose administrée au début de la COVID-19 est « peu susceptible d'améliorer les défaillances organiques en cours et de prévenir les décès dans les premiers jours de l'infection », mais est « plutôt susceptible d'empêcher une aggravation secondaire de la COVID -19 liés à la réaction en chaîne inflammatoire incontrôlée qui caractérise la tempête de cytokines et contribue aux lésions pulmonaires inflammatoires et au syndrome de détresse respiratoire aiguë ». En clair, chez les personnes âgées, les propriétés anti-inflammatoires de la vitamine D ne seraient intéressantes qu'en prévention, avant l'apparition de la maladie, et non au moment de son diagnostic et ce, même à fortes doses.

Ainsi, s'il ressort de nombre de ces études que la carence en vitamine D est associée à un pronostic moins favorable, c'est surtout la supplémentation préventive en vitamine D (et non sa prise à forte dose au moment de l'infection) qui semble aider à combattre l'infection et ses conséquences sur la santé, à tout le moins pour un public âgé à risque de forme grave.

Lire aussi Covid-19. Le rôle bénéfique de la vitamine D confirmé

Lire aussi Des super-probiotiques à l’épreuve du COVID


Sources :

"Acute Respiratory Tract Infection and 25-Hydroxyvitamin D Concentration : A Systematic Review and Meta-Analysis." Int J Environ Res Public Health 2019

"Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory infections : individual participant data meta-analysis". Health Technol Assess 2019.

"Vitamin D deficiency and co-morbidities in COVID-19 patients – A fatal relationship?",  Elzevier Public Health Emergency Collection, 20 août 2020.

« Effect of calcifediol treatment and best availabl therapy versus best available therapy on intensiv care unit admission and mortality among patients hospitalized for Covid-19 : a pilot randomized clinical study », dans The journal of steroid biochemistry and molecular biology, Août 2020.

« Vitamin D sufficiency, a serum 25-hydroxyvitamin D at least 30ng/mL reduced risk for adverse clinical outcomes in patients with Covid-19 infection », dans Plos One, Septembre 2020.

« Vitamin D status in hospitalized patients with Sars-Cov-2 infection », dans The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, Octobre 2020.

«Covid: UK government requests guidance on vitamin D use », The Guardian, 14 novembre 2020.

"Relation between Vitamin D and COVID-19 in Aged People: A Systematic Review", Nutrients, avril 2021

« An observational and Mendelian randomisation study on vitamin D and COVID-19 risk in UK Biobank », Scientific Reports, 14 septembre 2021."

« Vitamin D Serum Levels in Subjects Tested for SARS-CoV-2: What Are the Differences among Acute, Healed, and Negative COVID-19 Patients? A Multicenter Real-Practice Study », Nutrients, novembre 2021.

"High-dose versus standard-dose vitamin D supplementation in older adults with COVID-19 (COVIT-TRIAL): A multicenter, open-label, randomized controlled superiority trial", PLOS Medcinie, mai 2022.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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