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Bactéries tueuses : la menace qui vient

Article paru dans le journal nº 47 Acheter ce numéro
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En septembre dernier, une Américaine du Nevada décédait d’une infection résistante à tous les antibiotiques disponibles : une souche de Klebsiella pneumoniae qu’elle avait contractée lors d’un séjour prolongé en Inde. Une bactérie qualifiée par ses médecins de « cauchemar ». Pas moins de 26 antibiotiques ont été testés sans succès sur cette dame de 70 ans lors de ses multiples hospitalisations, avant que les autorités de santé ne décrètent son état incurable… Elle ne survivra hélas pas à un choc septique, un empoisonnement du sang.

​​Ce n’est certes pas la première fois qu’une « super bactérie » fait parler d’elle ces dernières années. Mais c’est le dernier exemple en date d’un phénomène de santé public extrêmement inquiétant. « Oui, l’antibiorésistance est un phénomène réel » expliquait à la chaîne CBS le Dr Johnson, professeur d’infectiologie à l’université du Minnesota. « Il ne s’agit pas d’une menace du futur, d’une apocalypse fantasmée qui arrivera, peut-être, à la prochaine génération. C’est déjà là et bien réel », prévient-il avec gravité.

​​Un rapport commandé par le gouvernement britannique publié l’année dernière prédisait que si les bactéries continuent d’évoluer au rythme actuel, elles tueront 50 millions de personne par an à l’horizon 2050, notamment des suites de blessures ou d’infections considérées aujourd’hui comme minimes. C’est « une des plus grosses menaces qui pèsent sur la santé mondiale », confirme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui produisait en février dernier une liste « d’agent pathogènes prioritaires », les 12 familles de bactéries les plus menaçantes pour la vie humaine.

​​Parmi ces douze salopards, on trouve notamment des bactéries à gram négatif qui, non contentes de trouver sans cesse de nouvelles manières de se défendre, transmettent leurs armes à d’autres bactéries par transfert de gènes. Elles sont particulièrement actives et dangereuses dans les hôpitaux, les maisons de retraite et chez les patients utilisant une assistance respiratoire, des cathéters sanguins, des sondes, prothèses, ou valves et stimulateurs cardiaques. Comme nous l’explique le Dr Naïma Bauplé dans notre dossier du mois de juin, ces surfaces lisses sont le terrain de fixation préféré des biofilms, ces redoutables systèmes de protection et d’entente entre bactéries.

En cause dans la prolifération de ces super bactéries, on le sait, une longue habitude de prescription tous azimuts d’antibiotiques, que peinent à contenir des opérations de communication de type « les antibiotiques, c’est pas automatique ». Tout cela est bien beau, mais que proposent les pouvoirs publics en guise d'alternative ? Pour le moment, l’allopathie est bien démunie. Concernant les infections, combien de médecins, aussi bienveillants soient-ils, vous parlent aujourd’hui d’argent colloïdal ou d’huiles essentielles ? De moyens de renforcer préventivement votre immunité grâce aux plantes ou aux champignons médicinaux ? Très peu à ce jour.

​​On pourrait aussi évoquer les pratiques vétérinaires d’élevage qui ont souvent la main lourde sur les antibios, et qui portent une responsabilité dans la naissance de ces bactéries tueuses dans nos chaînes alimentaires. Et quand des éleveurs essaient de soigner leur bétail différemment, ils se font encore trop souvent taper sur les doigts par les autorités vétérinaires. Pourtant les solutions phyto et homéo pour nos animaux sont nombreuses. 

Ce mardi s’ouvrait d’ailleurs un procès contre des « fabricants » de steaks hachés contaminés à Escherichia Coli, qui ont infecté des dizaines d’enfants du Nord-Pas-de-Calais, dont le petit Nolan, aujourd’hui handicapé à 80% et nourri en permanence par sonde gastrique... Face à ces drames humains insupportables, on réclame non seulement justice, mais aussi de meilleures garanties sur notre sécurité alimentaire.

De meilleures garanties, cela ne veut certainement pas dire toujours plus d’antibiotiques ou des antibiotiques toujours plus performants. C’est surtout réfléchir en terme d’écologie de santé et d’écologie tout court. C’est remettre en cause un modèle qui veut que, pour réduire les coûts, un « fabricant » de steaks en masse assemble et hache des morceaux de viande venus des quatre coins du monde à travers des circuits obscurs, depuis des élevages intensifs où les bactéries pullulent autour d’animaux entassés et cruellement traités.

Certes, les cultures médicales, vétérinaires et d‘élevage évoluent, mais trop lentement, car le temps presse. L’ère post-antibiotique a bel et bien commencé, et notre modèle arrive à épuisement. La recherche de nouvelles classes d’antibiotiques ne réglera pas le problème de fond, et il nous revient, comme consommateurs et comme patients, de réclamer d’autres façons de produire et d’autres façons de soigner plus saines et plus durables.

Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com
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