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Dominique Baudoux
l’aromathérapie scientifique

Article paru dans le journal nº 11 Acheter ce numéro
  • Dominique Baudoux  l’aromathérapie scientifique

Issu d’une famille de pharmaciens depuis trois générations, Dominique Baudoux se passionne depuis plus de vingt ans pour les huiles essentielles qu’il va chercher aux quatre coins de la planète. Expert en aromathérapie scientifique et médicale, directeur général de Pranarôm, il est aussi le président du Collège international d’aromathérapie Dominique-Baudoux. Son objectif : la réinsertion de ces quintessences végétales dans l’arsenal thérapeutique du prescripteur.


Alternative Santé : Les huiles essentielles ont-elles vraiment fait leur entrée dans le monde hospitalier ?

Dominique Baudoux : Pour des raisons essentiellement budgétaires, l’utilisation de l’aromathérapie dans ce type de structures reste tout à fait exceptionnelle. Elle n’est pas encore perçue comme prioritaire par les gestionnaires hospitaliers. Néanmoins, le sujet avance grâce à des médecins sensibilisés à ce genre de thérapeutique alternative, notamment dans les services de soins palliatifs et d’obstétrique.

Dans le cadre de l’enseignement que je dispense, je consacre un module entier de formation aux sages-femmes, pour leur permettre de gérer au mieux la période de travail et le moment de la délivrance grâce aux huiles essentielles. Dans les unités de soins palliatifs, les essences aromatiques sont appréciées pour leur activité holistique. Les bienfaits sur les patients sont immédiats. On gère la douleur, l’anxiété, les symptômes digestifs ou dermatologiques. Au CHU de Dijon, le docteur Masse, chef du service des soins palliatifs, a ainsi récemment mis en place un protocole d’aromathérapie pour le traitement des escarres avec des huiles remarquablement efficaces dans la reconstitution des tissus. Les fragrances, de par leur action sur le subtil, aident, quant à elles, à accompagner l’agonisant sereinement.

Ne serait-ce pas envisageable d’instaurer des études cliniques sur des traitements aromathérapeutiques ?

Toujours faute de budget, il n’existe pas réellement d’études cliniques sur les huiles essentielles dans les structures hospitalières et encore moins au sein des entreprises d’aromathérapie. Mais les résultats obtenus commencent à être connus. Récemment un cabinet de trois médecins gynécologues belges m’a ainsi proposé de mettre en place une étude clinique sur 50 de ces patientes considérées à risque, par rapport au papillomavirus responsable du cancer du col de l’utérus. L’objectif est de mettre en évidence le pouvoir antiviral de certaines huiles essentielles bien choisies. Cette étude clinique verra le jour en janvier 2009, avec un budget évalué à 20 000 e. Elle est prise en charge à 100 % par le laboratoire Pranarôm qui fournit l’ensemble des produits aromathérapeutiques : les capsules vaginales prescrites pendant 8 à 12 semaines, ainsi que l’ensemble des frais engagés pour la surveillance médicale et biologique avec l’évaluation de la charge virale avant et après traitement.

Est-ce pour vous une façon de promouvoir votre discipline ?

Effectivement, l’aromathérapie a aujourd’hui besoin de preuves tangibles. Les laboratoires pharmaceutiques ne consacrent pas leurs recherches aux huiles essentielles, ils les jugent trop chères et sujettes aux aléas des récoltes. Elles peuvent aussi venir concurrencer certains de leurs produits phares… et la rentabilité qui va avec. Les médecins ne sont donc pas sensibilisés, faute d’enseignement et de sollicitation. Nous avançons donc lentement mais sûrement avec, pour préoccupation majeure, le résultat. Nous sensibilisons activement la cible des consommateurs aux bienfaits de l’aromathérapie et espérons changer les habitudes en matière d’automédication. Par la force des choses, les médecins, sollicités par leurs patients, y viendront.

S’il n’y a pas d’études cliniques, existe-t-il au moins des publications scientifiques qui mettent en évidence les propriétés des huiles essentielles ?

Elles sont nombreuses et très prometteuses pour l’avenir. Je peux évoquer trois publications parues il y a quelques jours : une première démontre les effets de la pulvérisation sur des agrumes et bananes d’un mélange d’huiles essentielles, dans le but de prévenir le développement de champignons après la récolte. Une seconde publication met en évidence que l’essence de pamplemousse, par olfaction, diminue l’appétit et peut accompagner efficacement un régime amaigrissant. Enfin, une troisième démontre que les sujets ayant reçu une huile essentielle de rose de Damas avant l’endormissement ont un sommeil plus réparateur que les autres.

Si l’aromathérapie peut prétendre lever ces impasses, ne pas utiliser ces huiles serait alors une « faute professionnelle » ?

Bien sûr, a fortiori ! Il n’existe, par exemple, aucun traitement conventionnel contre les hépatites virales aiguës. Dernièrement, j’ai aidé un ami médecin, désemparé face à un patient atteint d’une hépatite B aiguë. Après un traitement de trois semaines par voie orale, à raison de capsules Oléocaps n° 4 * (2 le matin, 1 à midi et 2 le soir) et de capsules d’huiles essentielles de basilic dosées à 50 mg (1 à 10 heures et 1 à 16 heures), ce patient était guéri, sérologie et biologie sanguine à l’appui ! Autre exemple pour un patient souffrant de congestion prostatique : un traitement d’un an, à raison de 2 gouttes sous la langue 5 jours sur 7 d’une synergie contenant à parts égales les huiles essentielles de niaouli, de tea-tree et de géranium rosat d’Égypte, a permis de normaliser les marqueurs PSA.

Au regard de tous ces résultats, il est certain pour moi que l’aromathérapie fera inévitablement partie de l’arsenal thérapeutique des médecins de demain. Elle peut, à mes yeux, offrir une réelle alternative aux traitements conventionnels avec des résultats à la hauteur des médicaments classiques, mais aussi avec un discours et un étayage scientifique (test in vitro) aussi solide que celui de la molécule référente.

Un récent rapport de l’AFSSA alerte le grand public sur les dangers potentiels des huiles essentielles. Peut-on réellement parler de dangerosité ?

Les effets secondaires sont plus le résultat d’une erreur de dosage ou d’une mauvaise fréquence d’application, plutôt qu’une toxicité rattachée à l’huile essentielle même. Cette toxicité ne sera, de toutes les manières, jamais aussi importante que celle d’une molécule issue de la chimie de synthèse. Si les huiles essentielles avaient une toxicité avérée, le Coca-Cola ne pourrait plus être consommé depuis longtemps. Il intègre sept huiles essentielles différentes !

Comment expliquer que les huiles essentielles soient si précieuses pour l’homme ?

Sentir est une fonction quasiment vitale pour l’homme. Les huiles essentielles fragrantes sont là pour nous ramener à la vie et à la nature. Comment ne pas envisager de vivre notre quotidien alimentaire sans poivre, persil, basilic, laurier ou citron ? Chaque fragrance nous ramène à notre propre histoire personnelle et nous reconnecte à nos émotions passées ou présentes. Nous pouvons même aller plus loin, en considérant l’homme comme une plante aromatique. Ne synthétisons-nous pas des molécules aromatiques stéroïdiennes, appelées phéromones, qui sont hautement impliquées dans la relation à l’autre ? Les huiles essentielles nous rappellent que nous appartenons bien à la nature !

Quels autres débouchés ?

Au-delà du secteur de la santé, les axes d’utilisation des huiles essentielles concernent surtout la gestion du stress et des mauvaises odeurs, mais pas seulement.

  • Les huiles essentielles ont en effet la capacité d’influencer les comportements humains. Certaines d’entre elles ont un tropisme pour le système nerveux et peuvent corriger les manifestations liées au stress. Ces effets vont toujours dans le sens d’une réharmonisation, d’un retour vers l’équilibre. De nombreuses salles d’attente de naturopathes bénéficient ainsi de fragrances qui vont dans ce sens.
  • D’autre part, « il existe un domaine où les huiles essentielles permettent d’accompagner une situation bien douloureuse et délicate, je veux parler des désagréments de fin de vie dans les unités de soins palliatifs », précise Dominique Baudoux. Aujourd’hui, on utilise des fragrances en diffusion atmosphérique qui permettent de masquer délicatement les odeurs liées à la mort, mais aussi de créer une atmosphère plus conviviale, à la fois pour les proches, le personnel soignant et le patient lui-même.
  • Il y a également des perspectives dans le domaine du prêt-à-porter : certaines marques mènent actuellement des recherches pour qu’une signature olfactive soit associée à leur nom, par la diffusion atmosphérique de fragrances dans leurs magasins.




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