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Opter pour les médecines alternatives ? 10 arguments

Article paru dans le journal nº 81 Acheter ce numéro
  • Notre corps, dans sa globalité physique, psychique, émotionnelle et sociale doit être respecté.Notre corps, dans sa globalité physique, psychique, émotionnelle et sociale doit être respecté.

Médecine naturelle, douce, alternative, complémentaire… les termes sont multiples pour nommer les approches de la santé respectueuses du corps et sans effets secondaires. Après des décennies de chimie triomphante, voici dix bonnes raisons d’aspirer à davantage de naturalité dans sa vie, notamment dans sa manière de se soigner.

Bien souvent, dès que les médias se penchent sur les médecines non-conventionnelles, elles s’inquiètent de l’engouement qu’elles suscitent, et interrogent les motivations de ceux qui optent pour ce type de soin. Ne boudons pas notre plaisir, cet élan est louable. Néanmoins, il souffre parfois d’un certain flou qui incite à l’erreur ou à l’excès.

Il y a de bonnes raisons d’opter pour plus de naturalité pour sa santé, mais il en existe aussi quelques mauvaises. Et si nous faisions la part des choses ? Questionnons les bonnes raisons qui font opter pour les médecines complémentaires.

1. Le principe de parcimonie

C’est au XIVe siècle que ce principe, appelé aussi « rasoir d’Ockham », en référence au philosophe éponyme, fait son apparition et va constituer une des bases épistémologiques de la science rationnelle naissante. Inutile d’accumuler des myriades d’explications, le raisonnement le plus simple prévaut dans l’analyse des phénomènes observés. En d’autres termes, les explications les plus simples sont celles qui rendent compte des règles de la nature.

Cette manière de raisonner au plus simple, se retrouve dans notre manière de nous soigner, et devrait en théorie prévaloir à toute thérapeutique. Prenons un exemple. Une douleur lombaire est la plupart du temps liée à une trop grande sédentarité, un manque d’exercice physique qui fragilise un organisme encrassé par une alimentation pro-inflammatoire.

La parcimonie est l’attitude qui consiste à chercher dans l’hygiène de vie la cause de cette douleur et d’y apporter le bon médicament : une prise de conscience de la nécessité de changer sa manière de bouger et de se nourrir !

Opter pour les approches alternatives ne consiste pas à ajouter les compléments alimentaires aux séances d’ostéopathie, d’acupuncture et autre thérapie non invasive, mais à aller au plus pertinent et au plus direct.

2. L’écologie intérieure

Il n’y a pas que la planète Terre qui mérite des égards : notre corps, dans sa globalité physique, psychique, émotionnelle et sociale doit aussi être respecté. Nous pouvons accepter d’avoir recours à des moyens drastiques si nécessaire (chirurgie, utilisation de médicaments aux possibles effets secondaires). Mais nous nous devons de les refuser lorsque le jeu n’en vaut pas la chandelle. Nous connaissons la sensibilité de notre flore intestinale, ou microbiote, qui met plusieurs mois à se rééquilibrer après un traitement antibiotique. Il en va de même d’autres zones de notre corps. Pour cette planète-là, nous sommes le commandant en chef, profitons-en pour y faire régner l’harmonie.

Le mauvais chemin d’un lumbago ou d’une douleur au genou

Cela peut consister à prendre un anti-inflammatoire, associé à un antidouleur. On y ajoutera un troisième médicament destiné à protéger l’estomac d’éventuels effets secondaires. Lorsque la personne aura suffisamment erré d’améliorations en rechutes, on l’enverra de guerre lasse chez le kinésithérapeute. Celui-ci lui accordera une dizaine de séances de 30 minutes qui apporteront un soulagement et probablement de judicieux conseils. Il est possible aussi que plusieurs arrêts de travail soient venus s’intercaler dans tout ce dédale et s’ajoutera probablement, comme avec toute douleur chronique qui traîne, une petite tendance dépressive. La tentation sera grande de traiter encore par la chimie cette baisse de moral.

3. L’écologie extérieure

Lorsque nous utilisons un médicament classique, il ne disparaît pas dans les tréfonds de notre corps. Tôt ou tard et souvent assez rapidement, nous l’éliminons dans notre urine, nos selles, notre sueur ou même dans le gaz expiré à chaque cycle respiratoire.

C’est ainsi que les poissons changent de sexe dans les rivières à cause de nos hormones médicamenteuses, et que de nombreux toxiques sont répandus dans l’environnement (des métaux en particulier).

Un médicament homéopathique n’a pas de déchet environnemental, une gélule de plante n’élimine que des molécules du vivant, une aiguille d’acupuncture se recycle, et une manœuvre ostéopathique ne rejette rien dans la nature. Opter pour ces thérapeutiques, c’est aussi veiller à la planète commune.

4. La iatrogénie

Un mot du jargon médical pour parler des effets secondaires des traitements. De iatros en grec (le médecin) et génie (engendrer), donc la maladie due au médecin !

Au-delà de ce souci légitime de ne pas tomber malade à cause des médicaments ou des traitements invasifs, il y a une aspiration plus profonde. Pourquoi un traitement provoque-t-il ce genre d’effets (side effects chez les Anglo-Saxons) ? Parce qu’il ne prend pas en compte la globalité d’une maladie. L’outil thérapeutique corrige alors un désordre, un déséquilibre, avec la diplomatie d’un rhinocéros dans un parterre de fleurs.

Soigner réellement, c’est rétablir un équilibre global qui tient compte du tout. Au-delà de l’effet secondaire qu’il faudrait supporter, il y a une incohérence thérapeutique et un irrespect de notre harmonie biologique. Si le jeu en vaut la chandelle car la maladie est grave et qu’une alternative n’est pas possible, il convient de s’adapter et d’accepter cet inconvénient, mais la plupart du temps, mieux vaut une approche holistique, c’est-à-dire globale.

5. La vision globale

L’organisme humain n’est pas une machine mécanique dans laquelle une force exercée à un endroit se transmet à un autre endroit pour effectuer une tâche (comme dans un moteur). L’humain est une machine systémique, chaque élément interagit avec tous les autres : les organes, les cellules, mais aussi les équilibres de la circulation sanguine, les flux hormonaux, la composition des différents microbiotes intestinaux, de la peau, de l’arbre respiratoire. On intègre dans cela l’influence des émotions, du système nerveux, des interactions sociales.

Une molécule a comme inconvénient majeur de ne toucher qu’une seule cible. Au contraire, une plante, un médicament homéopathique, une prise en charge ostéopathique, ou un traitement d’acupuncture touchent l’ensemble du système car ce sont eux-mêmes des systèmes, des ensembles d’éléments en équilibre harmonieux.

Des médicaments systémiques

Un médicament homéopathique comme arnica agit sur le sang (hématomes), mais aussi sur la peau, la circulation sanguine, les muscles, le psychisme. Nux vomica agit sur le système nerveux, mais aussi la digestion, la respiration. Une plante ne contient pas une molécule mais une myriade de molécules. Elles entrent en interaction harmonieuse avec notre organisme. Pour choisir le bon médicament homéopathique, la bonne plante, il est nécessaire de prendre en compte ta totalité des symptômes. L’approche globale apporte en plus le sentiment d’être pleinement écouté et pris en compte.

6. L’approche du terrain et la prévention

La vision globale prend donc en compte le terrain général, pas seulement des symptômes. Soigner le terrain par cette globalité constitue un traitement en profondeur et donc une vraie prévention. On ne soigne pas seulement la maladie du moment, on prévient celles qui auraient pu advenir.

7. La connaissance de soi

Se soigner régulièrement par ces approches alternatives, et à chaque fois qu’on le peut, c’est mieux s’étudier et mieux se connaître. Recourir à la chimie systématiquement pour chaque symptôme revient peut-être à s’écouter un peu trop. Avoir au contraire une approche globale et alternative, ce n’est pas « s’écouter »… c’est « entendre » ce que le corps, les émotions ont à dire.

8. La résistance citoyenne

C’est le petit bout de la lorgnette mais il compte. La chimie arrogante qui envahit tout et veut tout régler est liée à de puissants lobbys qui n’ont pas comme souci premier la pérennité de notre santé ou de notre bien-être.

Savoir leur dire non, chaque fois que cela est possible et ne dire oui qu’à bon escient est un acte de citoyenneté offert au monde. Une manière d’éviter les scandales sanitaires qui ne manquent pas d’égrener l’actualité depuis des années car on a perdu le cap du bon sens, de la pondération et de la parcimonie.

9. L’exemplarité

Dans cette citoyenneté retrouvée, nous pouvons montrer à notre entourage l’efficacité et la pertinence des approches alternatives. Elles ne soignent pas les bobos de ceux qui n’ont rien, mais sont réellement fiables. Plus nous seront nombreux à montrer l’exemple, plus nous représenterons un « marché » intéressant. De nouvelles pistes naturelles de recherche bénéficieront alors de crédits de recherche.

10. La maladie chronique répond mal à la chimie.

Les thérapeutiques classiques (antibiotiques, antidouleurs, chirurgie…) sont reines dans le traitement des problèmes aigus. Elles sont inopérantes dans la plupart des maladies chroniques. Arthrose, surpoids, rhumatismes, troubles digestifs, dépressions, insomnies résistent aux traitements classiques mais sont très bien pris en charge par les approches alternatives ou complémentaires.

Du côté des mauvaises raisons

À vrai dire il y en a peu, mais elle sont à considérer avec sérieux.

  • Le déni médical. Un diagnostic de maladie grave provoque un travail de deuil ; celui de l’insouciance, de la bonne santé et du bien-être. La première réaction face à un diagnostic qui impose des procédés invasifs est parfois le déni. On peut alors être tenté de tout refuser en bloc. Un cancer, un problème cardio-vasculaire sérieux, une infection grave nécessitent des médicaments classiques et il faut savoir les accepter. Cela n’empêche de faire, en complément, et jamais à la place, le travail de fond qui amènera à une guérison plus profonde.
  • Confondre naturalisme et humanisme. Vouloir un traitement non conventionnel parce qu’il semble « naturel » n’est pas une bonne raison en soi. L’amanite phalloïde est naturelle, la ciguë aussi ! Opter pour la phytothérapie, l’aromathérapie, l’homéopathie, c’est opter pour le respect de sa nature humaine profonde qui est d’être en harmonie avec la nature. Le médicament naturel est préférable, parce qu’il est global, holistique, dénué d’effets secondaires, donc bon pour l’humain. Le besoin de naturalité doit reposer sur du pragmatique, pas du romantisme.
  • Le hors-piste sans guide. C’est sûrement la plus mauvaise des mauvaises raisons. Se soigner seul pour des bobos mineurs, oui, mais il ne faut jamais faire de hors-pistes dans des cas sérieux. Le médecin, la sage-femme, le professionnel de santé en général, le thérapeute est une personne-ressource qu’il faut consulter. Le pharmacien que l’on aura choisi pour son ouverture et sa compétence sera tout aussi utile. N’en faire qu’à sa tête avec Internet, écouter toutes les sirènes et toutes les rumeurs peut conduire à tout autre chose que la guérison durable.

 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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