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"Il faut remédier au flou en ce qui concerne les MCA", Véronique Suissa

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  • Véronique Suissa, psychologue clinicienne.Véronique Suissa, psychologue clinicienne.

Véronique Suissa, psychologue clinicienne, a récemment contribué à une proposition de « catégorisation » des médecines complémentaires et alternatives (MCA). Après un colloque au ministère des Solidarités et de la Santé en 2019, des rencontres parlementaires se préparent pour s’interroger sur les « perspectives en matière de réglementation nationale ». Un premier pas vers l’encadrement législatif des MCA en France ?

Alternative Santé. Vous avez récemment publié dans la revue Hegel une proposition de catégorisation des Médecines complémentaires et alternatives (MCA), ce qui les distingue, selon « leur rapport à la médecine officielle ». En ressortent des catégories comme « acceptées » (hypnose, sophrologie, yoga, ostéopathie, homéopathie…), « tolérées » (magnétisme, médecine chinoise, naturopathie…) et « rejetées » (comme la thérapie de conversion). Pouvez-vous nous en dire plus sur les critères définissant l’appartenance à l’une ou l’autre des catégories ?

Véonique Suissa. Les classifications actuelles sont centrées sur les « pratiques » sans prendre en compte les « usages » et cela n’a pas de sens. Par exemple, une personne gravement malade qui utilise une pratique donnée, au détriment de son traitement, s’expose à un risque vital alors que cette même pratique utilisée en complément, et dans un cadre adapté, peut être bénéfique. Nous avons voulu remédier à ce problème en proposant une classification plutôt centrée sur les « usages et usagers ». Ainsi, une même pratique peut se retrouver dans plusieurs catégories. L’hypnose pratiquée à l’hôpital par un médecin formé pourra être « acceptée » et l’hypnose dispensée par un charlatan pourra être « rejetée ».

Un ouvrage collectif, une publication scientifique, et plus récemment un colloque au ministère des Solidarités et de la Santé puis des rencontres parlementaires à l’Assemblée… Ce travail de catégorisation a-t-il pour but de nourrir un projet législatif concret ?

Oui, nous avons rencontré à plusieurs reprises les équipes du ministère en charge de ces questions. Nous sommes également en lien étroit avec la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). D’autres discussions avec ces acteurs sont à venir. Nous portons également l’idée d’un observatoire national des MCA. Est-ce que cette proposition sera reprise ou pas, ça, c’est autre chose ! Bien sûr il y a beaucoup d’enjeux derrière mais pour l’heure, l’idée est de diffuser cette définition et catégorisation pour remédier au flou artistique actuel en donnant quelques repères. Elle évoluera sans doute à mesure des décisions nationales.

De quelles façons concrètes cette catégorisation pourrait-elle être utile aux patients et aux professionnels de santé ?

Six critères de classification représentent, en quelque sorte, les questions à se poser : le statut de la pratique (est-elle légalisée et/ou intégrée dans le système de soins ?), la formation du praticien (est-elle reconnue ?), l’usage (complémentaire ou alternatif ?), la visée du soin (guérir ou renforcer la qualité de vie ?), présence de risques (interactions médicamenteuses, manque de formation du praticien, etc.) ou de dérives (conceptions non fondées ou méthodes non éprouvées impactant négativement la personne ou une emprise mentale). Ainsi, un praticien dispensant une pratique légalisée (critère 1), formé par un diplôme ...

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