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Olivier Soulier décrypte la sclérose en plaques

Article paru dans le journal nº 16 Acheter ce numéro
  • Olivier SoulierOlivier Soulier

La « fatalité » du diagnostic de sclérose en plaques n’en serait pas une ! Le docteur Olivier Soulier, associé à quelques spécialistes, l’a affirmé lors d’un récent congrès après l’analyse personnalisée de plus de 500 cas. Le retour à son chemin de vie, par l’expression d’un « soi » authentique, est au cœur de ses conclusions, fortifié par un renforcement de son immunité. Rencontre avec cet homéopathe singulier qui, depuis vingt ans, affine un cadre global de recherche de sens autour des maladies…


Alternative Santé Homéopathe connu pour vos approches alternatives sur la médecine, vous avancez de nouvelles hypothèses sur la sclérose en plaques (SEP). Pour dire que l’on peut en sortir ?

Olivier Soulier Oui, contrairement à la médecine classique qui considère que c’est une maladie multifactorielle, incurable, dont elle pense seulement ralentir l’évolution. Or, après plus de vingt ans d’expérience et l’étude de centaines de cas, je soutiens que l’on peut « sortir » de la SEP. Surtout si elle est prise dès les premières poussées. J’ai en tête de nombreux cas dits de rémission. En outre, on peut améliorer l’état d’un patient avec mon approche, même si la maladie est prise assez tard.

A. S. Vous n’êtes pas neurologue, comment vous êtes-vous intéressé à cet univers ?

O. S. J’ai reçu mes deux premiers cas, plus par compassion que par conviction, car on disait qu’on ne pouvait rien contre cette maladie neurodégénérative qui attaque la gaine de myéline, et donc le système nerveux. Dans les deux cas, j’ai beaucoup parlé avec ces patients. Le premier n’a plus jamais eu de poussée et la seconde a attendu deux décennies avant de refaire un épisode que nous avons pu alors vite régler.

De bouche à oreille, d’autres cas sont venus à moi. J’ai testé des pistes, tâtonné, pendant une dizaine d’années, avant d’écrire quelques articles. Diverses hypothèses sont émises sur la SEP : maladie virale, microbienne, déficit en vitamine D, problèmes toxiques, environnementaux, hormone de croissance, testostérone, etc. Tout cela est vrai. Mais en partie seulement ! J’ai analysé les choses afin de ne pas confondre causes et conséquences. Et surtout je me suis posé la question de comment mettre cela ensemble.

A. S. L’homéopathe et l’acupuncteur en vous considèrent-ils toujours l’être humain dans sa totalité ?

O. S. Je suis passionné par l’idée de la sagesse. Or le corps a une sagesse. Et constater qu’il peut attaquer son propre système de défense m’a beaucoup questionné. Pourquoi et dans quelles conditions a lieu une telle transgression des lois essentielles de défense ? Le corps qui s’attaque à sa propre myéline n’essaye-t-il pas de dire quelque chose, une sorte de mal pour un bien ?… Je me suis interrogé en intégrant différents facteurs : dont le fait que la myélinisation se poursuit jusqu’à l’âge de 21 ans en accompagnant le processus vers l’autonomie de l’adulte ; dont l’évolution du vivant, des cellules, des hormones ; dont la protection de tout le système.

Mais une clé majeure est venue en faisant des liens entre biologie et psychologie. En médecine classique, on nous explique déjà que la gaine de myéline est une sorte de « nounou » des cellules ; elle les protège et favorise la conduction. Dans cette même médecine, on dit aussi du « soi » qu’il est défini par notre ADN, notre patrimoine génétique, et que le « non soi » ce sont les corps étrangers, virus, bactéries, greffes, etc. Or, en écoutant longuement mes patients, j’ai trouvé des points communs dans leurs parcours personnels. Cela a ouvert des pistes pertinentes pour une autre analyse.

A. S. Et vous en êtes arrivé à parler de « maladie de l’oubli de soi ».

O. S. Oui, c’est la maladie de l’oubli de soi, ou la maladie qui fait qu’on vit la vie des autres ! J’ai constaté que les poussées commençaient en général quand une personne venait de poser un acte nouveau a priori plutôt bon pour sa vie. Singulier paradoxe. Par exemple, la première installation dans un chez-soi, un nouveau travail, un mariage, ou une décision importante, et cela à tout âge. Et voilà qu’une poussée survient.

Autrement dit, le « soi » se met à se défendre comme s’il était attaqué par un « non soi » ! Or, pour ce faire, on observe qu’il attaque la myéline et non le nerf lui-même. Il attaque donc ses « cellules nounous » ; symboliquement, on peut y associer l’environnement, l’éducation ou un « héritage » au sens large, pas forcément génétique… J’en suis ainsi arrivé à conclure que le sujet exprimait biologiquement par la SEP ce qu’il n’arrive pas à conscientiser !

A. S. Plus concrètement, à quelles histoires de vie a-t-on affaire ?

O. S. Très souvent ces patients n’ont jamais fait de « crise d’adolescence » assortie de remise en question des règles. On vient d’un univers où « tout est fait pour le bien de l’enfant ». Pas de conflit apparent, de violence, beaucoup de désir de tout faire pour le protéger. Mais personne, l’intéressé inclus, n’a questionné ces règles pas forcément utiles à bien vivre sa vie. Willy Barral, psychanalyste, a eu une SEP plutôt grave à 60 ans. Dont il a guéri ! Ce n’est pas moi qui l’ai soigné.

Mais il a témoigné lors de notre congrès que mon approche s’appliquait à ce à quoi il avait abouti à partir d’outils d’autoanalyse ! Sa maladie, survenue après le suicide de son frère, était liée à un grave conflit interne entre son « projet personnel » et le « projet familial ». Avant que mon tout premier patient ne vienne me voir, il avait projeté de partir pour de  ongues vacances sans suivre ses traitements. Outre de l’homéopathie pour la défense de son système immunitaire, je l’y ai encouragé. Le fait qu’il ait posé tout seul l’idée : « Je ne fais pas ce qu’on me dit, je fais ce que je sens » a été salvateur ! Ni lui ni moi ne savions à l’époque qu’il remettait ainsi de l’ordre entre le vrai et le faux « soi ».

À tout âge, quand un patient a pu identifier un acte de sa vie en décalage avec ce qui pouvait avoir été une « soumission » inconsciente à des habitudes, à des règles reproduites sans discussion, il y a eu changement dans la maladie. Symboliquement, la phrase clé de la guérison sera : « Affirme un non qui te permet d’accéder à ton nom. »

A. S. Vous reconnaissez toutefois que le pronostic dépend aussi du fonctionnement du système digestif et du niveau immunitaire global ?

O. S. Oui, car pour défendre sa vie propre, ces trois domaines interagissent. Séparément, ça fonctionne beaucoup moins bien. Mais cela dépend du stade de la maladie. Si on la prend à la première poussée, la mise en valeur de son vrai soi peut presque suffire. Le « niveau d’oubli de soi » changera avec une prise de conscience personnelle et aussi via les réactions de l’environnement qui pourront, ou non, faciliter le processus ! Si le cas est pris à un stade plus avancé, il faut absolument prendre en compte les autres facteurs.

Il y a la protection de soi, via le système digestif. Ce qu’avait déjà démontré Catherine Kousmine, la célèbre doctoresse suisse, il y a trente ans. En prenant soin de l’état de la flore intestinale, on travaille sur la restauration de barrières, on soutient le foie qui préside au processus d’élimination des toxiques. On doit donc préconiser des changements d’alimentation avec des minéraux, des acides gras polyinsaturés, des vitamines dont la D, des probiotiques, moins de sucre, des protéines au plus près du cru, etc.

Ces deux axes auront une incidence directe sur le troisième, le système immunitaire dans son ensemble. À ce niveau, on bloque les effets négatifs de l’immunité et on touche au système nerveux soit avec des médicaments classiques, mais qui ont des effets secondaires, soit avec des médicaments particuliers comme ceux de l’endothérapie multivalente du docteur Michel Geffard de l’IDRPHT (www.idrpht.com). C’est efficace et sans effets secondaires.

A. S. Il faut agir vite ?

O. S. Oui, mais je tiens à redire qu’on peut agir même quand on est arrivé à 7 sur l’échelle EDSS de la gravité des SEP, qui va de 1 à 10. Jusqu’à ce stade, il est encore souvent possible de gagner 2 à 3 points d’amélioration en quelques années… Toutefois, plus il y a de poussées, plus il devient difficile de renverser le processus, le système s’étant trop autodétruit.

À un certain moment, l’axone est attaqué et plus seulement la myéline, avec des conséquences irréversibles. Et puis il y a aussi le risque d’éventuels « bénéfices secondaires ». Être malade – même si c’est inavouable –, peut procurer certaines « satisfactions » inconscientes. Or dans le cas de la SEP, c’est particulièrement dangereux si cela renforce un peu plus encore « l’oubli de soi ». Car avec les handicaps grandissants, on va devoir « se soumettre » encore et encore à tout un système d’aide…

A. S. Que pensez-vous de découvertes comme l’intervention chirurgicale pour soigner une SEP ?

O. S. Je sais qu’au Canada un médecin pratique des angioplasties, il ouvre une artère jugulaire bouchée qui bloque le système nerveux central. Mais le bénéfice n’est que momentané ! On ne soigne pas la cause profonde de la maladie. À un moment, on doit pouvoir se dire : « Si je suis capable d’attaquer mon système immunitaire, je suis aussi capable d’arrêter l’attaque ! » Et s’en donner les moyens.

Homéopathe et acupuncteur, le Dr Olivier Soulier a lancé depuis vingt ans diverses recherches et approches autour du sens des maladies. Son approche intègre des niveaux physiologiques, biologiques, psychologiques, ou symboliques. Il a initié un regard nouveau sur la dentition et s’est aussi spécialisé dans une approche particulière de l’alimentation et de la digestion. Maître praticien et thérapeute en PNL et en hypnose ericksonienne, conférencier, formateur, il a organisé en mars 2012 un congrès sur « une autre vision de la SEP » aux côtés de divers experts en médecine, biologie, neurologie et psychologie. Le DVD complet « Sortir de la sclérose en plaques » est disponible aux éditions Sens & Symboles.



 

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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